Paris, Lyon, Marseille épinglées par l’Europe pour la pollution atmosphérique, quelles solutions ?

Paris, Lyon, Marseille épinglées par l’Europe pour la pollution atmosphérique, quelles solutions ?

La circulation automobile dans les grandes villes du monde est un fléau pour les habitants, notamment à cause de la pollution au diesel. Et Marseille n’échappe pas à la règle. En effet, la ville vient de se faire rappeler à l’ordre par la Commission Européenne aux côtés de 18 autres villes françaises et 77 villes européennes.

Le 15 février 2017, la Commissions européenne, installée à Bruxelles, a lancé un rappel à l’ordre à 5 pays européens « La Commission européenne adresse un dernier avertissement à l’Allemagne, à la France, à l’Espagne, à l’Italie et au Royaume-Uni au motif que ces pays n’ont pas remédié aux infractions répétées aux limites en matière de pollution atmosphérique fixées pour le dioxyde d’azote (NO 2). La pollution par le NO 2 constitue une grave menace pour la santé. La plupart des émissions proviennent de la circulation routière. »

La législation de l’Union Européenne est assez stricte, il s’agit pour les pays membres de ne pas dépasser les seuils fixés pour les polluants atmosphériques et plus précisément le dioxyde d’azote. En cas de dépassement, chaque pays doit s’engager à mettre en œuvre des plans relatifs à la qualité de l’air, qui prévoient des solutions efficaces dans des délais les plus rapides possibles.

Problème ? Il est souvent compliqué pour les villes pointées du doigt, de résoudre rapidement ces difficultés. Il faut plusieurs années et des millions voire des milliards d’euros pour aménager des transports en commun efficaces et ainsi limiter la place de la voiture en ville.

« Plus de 400 000 citoyens meurent prématurément chaque année dans l’Union européenne à cause de la mauvaise qualité de l’air. En 2013, la persistance de niveaux élevés de dioxyde d’azote (NO2) a entraîné la mort prématurée de près de 70 000 Européens, soit presque trois fois le nombre de décès par accident de la route au cours de la même année. » explique la Commission européenne.

En France, 19 zones sont concernées, notamment Paris, Marseille et Lyon. En Allemagne, 28 zones et en particulier Berlin, Munich, Hambourg et Cologne, au Royaume-Uni, 16 zones parmi lesquelles Londres, Birmingham, Leeds et Glasgow, en Italie, 12 zones dont Rome, Milan et Turin, enfin en Espagne, 3 zones dont Madrid et les deux autres couvrant Barcelone.

Développer les transports en commun : priorité n°1

Pour remédier à ce problème, Marseille doit impérativement développer son réseau de transports en commun au sein de toute la métropole pour permettre aux habitants, près de 2 millions de personnes, de se déplacer autrement qu’en voiture.

Aujourd’hui, Aix Marseille Provence Métropole, qui gère les projets de transport sur tout le territoire, a défini une série de projets (nouveaux métros, tramways, bus, vélo, etc.) pour améliorer l’offre en transports en commun, mais doit se confronter à l’Etat français, qui devrait apporter son soutien financier, afin de lancer au plus vite tous les projets. Les collectivités locales n’ont pas les moyens de porter, seules, le cout de ces investissements.

Retrouvez les projets en cliquant sur l’image ↓↓↓

Il faut aussi prendre en compte la pollution de plus en plus importante liée à l’activité des bateaux de croisière qui stationnent souvent plusieurs heures dans le port de Marseille. Nous avons rencontré les élus marseillais pour parler de ce problème et évoquer des solutions pour améliorer la situation ↓↓↓

Une amélioration ces dernières années ?

Si le constat reste alarmant pour la santé des Marseillais, il y a matière à espérer. En effet, ces dernières années, les spécialistes ont pu observer une petite amélioration à Marseille et en Provence.

Pour Dominique Robin, directeur général d’Air Paca, observatoire régional dédié à la qualité de l’air, il y a « une amélioration de la technologie des véhicules qui consomment moins qu’il y a quelques années et des aménagements urbains qui limitent la place des voitures en centre-ville ». S’il semblerait que la situation aille dans le bon sens, le constat reste tout de même à nuancer à proximité des principaux axes routiers, saturés en heure de pointe.

Retrouvez notre reportage sur l’amélioration de la qualité de l’air depuis quelques années, en cliquant sur l’image ↓↓↓

Quelles solutions pour améliorer la situation marseillaise ?

Pour que Marseille rattrape son retard, soyons optimistes car cela pourrait arriver, il faudra attendre des projets phares comme :

–> L’ouverture de la L2 qui va permettre aux véhicules de ne pas s’embourber dans les bouchons aux heures de pointe, en contournant le centre-ville.

–> Le réaménagement du cours Lieutaud et du boulevard Sakakini avec des pistes cyclables et plus de place pour les piétons.

–> Il faudra aussi attendre encore quelques années pour que Marseille modernise son parc de transports en commun. En effet, la ville projette de passer progressivement aux bus électriques, et c’est une première en France. La métropole a aussi signé pour la rénovation du métro qui donnera encore plus envie aux Marseillais de prendre les transports en commun.

–> Une extension du métro et des lignes de tramway est là aussi attendue, bien qu’actuellement en suspend pour le projet de tramway.

–> Compter sur le renouvellement du parc automobile des Marseillais, car 3 véhicules sur 4 qui circulent en ville roulent au diesel, et pour la plupart ne sont pas des plus modernes.

–> Se mettre à l’auto-partage comme le font les habitants de toutes les grandes villes. Marseille compte déjà deux entreprises qui permettent de louer les petites Twizzy de Renault, de quelques minutes à plusieurs heures.

–> Aménager des poches de verdure et de biodiversité en ville et développer les écoquartiers. Marseille construit actuellement l’écoquartier du futur, un laboratoire de recherche des technologies propres de demain dans les quartiers nord, nommé Smartseille. La ville compte également de nombreuses associations d’habitants qui se bougent pour verdir les rues et les toitures, en y aménageant des potagers.

–> Développer encore plus de pistes cyclables entre les quartiers de Marseille pour que de plus en plus de Marseillais se mettent au vélo. Mais là, il faudra jouer collectif, car il ne faut pas seulement des pistes cyclables pour donner envie aux habitants de se lancer dans des trajets en vélo, il faut que les Marseillais apprennent à ne pas se garer sur ces pistes et sur les trottoirs et qu’ils soient plus patients au volant. Bref, un vaste programme.

Pour aller plus loin sur ce sujet, découvrez notre reportage spécial sur les projets qui vont faire le futur de Marseille.

Commentaires Facebook

PAS DE COMMENTAIRES

LAISSER UNE RÉPONSE