La politique régionale prend un virage « 100% climat ». La lutte et l’adaptation aux changements climatiques deviennent un critère incontournable dans tous les projets et dossiers régionaux.

Le débat d’orientation budgétaire est au centre de la séance plénière de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, ce vendredi 21 octobre. Et 5 ans après le lancement de son premier plan climat, la lutte contre le réchauffement climatique reste une priorité de la collectivité, présidée par Renaud Muselier.

En s’inscrivant dans les objectifs fixés par l’Accord de Paris (COP 21) et pour décliner à l’échelle régionale le pacte mondial de l’ONU en faveur de l’environnement, lancé en 2017, la Région Sud a décidé de verdir sa politique en initiant sa « Cop d’avance » autour de 5 piliers : air, mer, terre, énergie et déchets.

Depuis cette date, d’abord 30 % puis 40 % du budget ont été consacrés à ce plan pour favoriser l’éco-mobilité, augmenter la part des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, soutenir des projets vertueux, les start-up innovantes, devenir un territoire zéro plastique à l’horizon 2030… Parmi les mesures phares, le dispositif d’électrification à quai des navires en escale dans les trois grands ports de la façade méditerranéenne.

« Escale Zéro fumée », mesure phare de la « Cop d’avance »

Avec « Escale Zéro fumée », la Région est devenue en 2019 la première en France à proposer de faciliter la connexion électrique des paquebots de croisières en plus de celle des ferries pour améliorer la qualité de l’air. D’ailleurs, dans le cadre de ce projet, les acteurs maritimes et portuaires, dont le Grand Port Maritime de Marseille-Fos, viennent de signer un engagement inédit avec AtmoSud, à l’occasion de la seconde édition du Blue Maritime Summit.

L’agence de surveillance de la qualité de l’air va analyser la documentation de tous les navires entrant dans le port de Marseille, dans le but d’estimer précisément la pollution du secteur maritime et mesurer ses efforts en termes de transition.

Un budget à 2,3 milliards

Après un été marqué par des événements climatiques extrêmes, la politique régionale prend une nouvelle dimension. « Aujourd’hui, un nouveau cycle s’ouvre : le 100% climat », martèle Renaud Muselier. Dans une logique incitative plutôt que « punitive », désormais chaque euro dépensé par la Région devra contribuer à la lutte ou l’adaptation au réchauffement climatique. Concrètement, le critère climat sera incontournable quel que ce soit le dossier présenté et sur tous les champs de compétences de la Région. 

2,3 milliards d’euros seront consacrés au financement des projets. Le « premier budget vert d’Europe » se félicite Renaud Muselier, qui vise 10 milliards d’investissements verts à 2028 grâce aux fonds européens. « Pour y parvenir, on doit entrer dans la stratégie européenne et pas l’inverse ». Au regard des chiffres : « quand un Marseillais touche 1 euro de fonds européens, un Toulonnais obtient 5 euros et un Niçois 7 euros », argumente-t-il, invitant à s’inspirer de la méthode déployée par Christian Estrosi ou Hubert Falco. 

Répartition des fonds européens pour la période 2022-2028

Bouches-du-Rhône : 7,1 milliards d’euros (3,8 M€ de la Région – 3,3 M€ de l’Europe)
Hautes-Alpes : 1 milliard d’euros (640 millions de fonds régionaux – 360 millions de fonds européens)
Alpes-de-hautes-Provence : 1 milliard d’euros (620 millions de fonds régionaux – 380 millions de l’Europe)
Alpes-Maritimes : 5 milliards d’euros (2,2 milliards de de la Région – 2,8 milliards d’euros de l’Europe)
Var : 4,7 milliards (2,5 milliards d’euros de la Région – 2,2 milliards de l’Europe)
Vaucluse : 4,7 milliards (1,6 milliard de fonds régionaux – 700 millions de fonds européens)

Capter les fonds européens, nationaux et régionaux

La Ville de Marseille, à la traîne ces dernières années, a mis en place sous la mandature du Printemps Marseillais une task-force dédiée aux fonds européens. À ce titre, le président de la Région confie avoir proposé l’aide de ses équipes pour la constitution des dossiers, favorisant selon lui la désignation de Marseille au rang des « 100 villes neutres en carbone en 2030 ».

Même vision concernant les aides de l’État. « Nous ne devons pas perdre un seul centime de ces montants financiers ». Exemple avec le contrat de plan État-Région à 5,1 milliards pour la période 2021-2027, signé en janvier 2021 avec Jean Castex, Premier ministre d’Emmanuel Macron, sous sa première mandature.

Et même raisonnement pour France 2030. Fin juillet, une instance régionale a été installée, co-présidée par le préfet de Région et le président de la Région Sud, pour aller chercher les financements de ce plan à 54 milliards « pour trouver les champions de demain sur notre territoire ».  À ce jour, « on en a déjà pris 200 millions ».

La première région-pilote de la planification climatique

Renaud Muselier veut aller plus loin en proposant à la Première ministre Élisabeth Borne de faire de Provence-Alpes-Côte d’Azur la première région-pilote de la planification climatique. Pour rappel, c’est à Marseille, dans l’entre-deux-tours de la présidentielle, qu’Emmanuel Macron avait annoncé qu’en cas de réélection, son prochain Premier ministre serait chargé de la planification écologique.

Le 20 mai 2022, sa nouvelle Première ministre avait annoncé la création d’un Secrétariat général à la Planification écologique. Placé auprès d’elle, il est chargé de coordonner l’élaboration des stratégies nationales en matière de climat, d’énergie, de biodiversité et d’économie circulaire… Élisabeth Borne sera d’ailleurs à Marseille le 14 novembre prochain.

Sur le volet climatique, la Région doit voter un « programme régional de sobriété » permettant 10 % d’économie d’énergie dans les lycées, les services et les TER, en fixant le thermostat hivernal à 20 % et en stabilisant la climatisation à 26°C. « 30 % des lycées seront équipés de toitures photovoltaïques », l’éclairage LED sera élargi sur les bâtiments, les lycées et le Creps d’Aix-en-Provence. Parallèlement, un renfort de 54 millions d’euros sera apporté pour le fonctionnement des lycées en complément des 108 millions d’euros de facture énergétique.

Les élus voteront aussi pour l’élargissement du chèque énergie durable avec 2 millions d’euros directement fléchés vers la rénovation énergétique, pour les particuliers.

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