Marseille, ville la plus irrespirable de France ? Analyses et solutions

Marseille, ville la plus irrespirable de France ? Analyses et solutions

L’association pour la défense de l’environnement Robin des bois vient de dévoiler son atlas des villes les plus toxiques en France. Marseille se distingue dans le mauvais sens aux côtés de Paris et Lyon. Faut-il y voir un rapport entre le nombre d’habitants, la concentration urbaine, les activités industrielles et le climat ? Il semblerait bien. 

Lyon remporte la palme de la ville la plus polluée, Marseille celle de la ville la plus irrespirable et Paris est la plus radioactive. C’est le constat issu des 36 cartes que dévoilera officiellement demain matin l’association de protection de l’environnement fondée en 1985 qui s’était fait connaitre pour s’être portée partie civile dans le procès de l’Erika, qu’elle avait remporté.

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Les Robins des Bois publient leur « Atlas de la France toxique », qui détaille les lieux à pointer du doigt pour améliorer notre environnement

Dans le classement des villes les plus polluées aux particules fines, Marseille se place en première position, devant Paris et Lyon . Ces trois villes sont aussi les 3 villes les plus peuplées et les agglomérations les plus importantes du pays.

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Marseille affiche une concentration moyenne de particules fines record à 31,8 µg/m 3, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), contre 29,5 µg/m 3 à Lyon. Paris s’en sort mieux, avec 27 µg/m 3. Les trois villes, néanmoins, dépassent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le gros handicap de Marseille : les autoroutes qui desservent la ville arrivent très proches du centre-ville et le trafic est toujours très saturé par manque de développement des transports en commun en périphérie du centre-ville.

Mais aussi, le pôle industriel de l’Etang de Berre qui émet des particules polluantes qui viennent sur Marseille les jours de fort Mistral ou le chauffage au bois développé dans la vallée de l’Huveaune. Les bateaux de croisières qui restent accrochés aux quais pendant de nombreuses heures sont aussi un souci, car leur fumée dégage des particules fines très polluantes. Enfin, le soleil est une des principales causes de ce classement. En effet, en plein été, quand la température dépasse les 30 degrés plusieurs semaines à la suite, la pollution émise par les pots d’échappement et usines augmente considérablement par rapport à l’hiver. C’est ce qui fait baisser le classement de Paris par exemple par rapport à Marseille sur cette période.

Paris et Lyon, aussi très mauvais élèves

Dans le classement des sites sensibles et contaminés, c’est Lyon qui passe devant avec 68 sites contre 52 pour Marseille. Paris, quant à elle ne comporte aucun site de ce type sur sa commune. Marseille compte notamment d’anciennes usines d’acide localisées entre la Madrague et la calanque de Callelongue et deux usines en activité classées Seveso dans la vallée de l’Huveaune.

Par contre, pour les déchets radioactifs, la capitale décroche le gros lot avec 35 sites, contre 14 pour Lyon et Marseille. Ces déchets ne proviennent pas des centrales nucléaires, mais essentiellement de laboratoires médicaux et de recherche.

Quelles solutions pour améliorer la situation marseillaise ?

Pour que Marseille perde sa première place, soyons optimistes car cela pourrait arriver, il faudra attendre des projets phares comme :

–> L’ouverture de la L2 qui va permettre aux véhicules de ne pas s’embourber dans les bouchons aux heures de pointe, en contournant le centre-ville.

–> Le réaménagement du cours Lieutaud et du boulevard Sakakini avec des pistes cyclables et plus de place pour les piétons.

–> Il faudra aussi attendre encore quelques années pour que Marseille modernise son parc de transports en commun. En effet, la ville projette de passer progressivement aux bus électriques, et c’est une première en France. La métropole a aussi signé pour la rénovation du métro qui donnera encore plus envie aux Marseillais de prendre les transports en commun.

–> Une extension du métro et des lignes de tramway est là aussi attendue, bien qu’actuellement en suspend pour le projet de tramway.

–> Compter sur le renouvellement du parc automobile des Marseillais, car 3 véhicules sur 4 qui circulent en ville roulent au diesel, et pour la plupart ne sont pas des plus modernes.

–> Se mettre à l’auto-partage comme le font les habitants de toutes les grandes villes. Marseille compte déjà deux entreprises qui permettent de louer les petites Twizzy de Renault, de quelques minutes à plusieurs heures.

–> Aménager des poches de verdure et de biodiversité en ville et développer les écoquartiers. Marseille construit actuellement l’écoquartier du futur, un laboratoire de recherche des technologies propres de demain dans les quartiers nord, nommé Smartseille. La ville compte également de nombreuses associations d’habitants qui se bougent pour verdir les rues et les toitures, en y aménageant des potagers.

–> Développer encore plus de pistes cyclables entre les quartiers de Marseille pour que de plus en plus de Marseillais se mettent au vélo. Mais là, il faudra jouer collectif, car il ne faut pas seulement des pistes cyclables pour donner envie aux habitants de se lancer dans des trajets en vélo, il faut que les Marseillais apprennent à ne pas se garer sur ces pistes et sur les trottoirs et qu’ils soient plus patients au volant. Bref, un vaste programme.

Pour aller plus loin sur ce sujet, découvrez notre reportage spécial sur les projets qui vont faire le futur de Marseille.

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