À l’issue d’un audit flash de sa situation financière, la RTM a dévoilé ce mardi ses premières pistes d’économies. La tarification sociale devrait notamment remplacer la gratuité pour les jeunes et les seniors à partir de la rentrée 2027.

Ce mardi 16 juin, au même moment où le préfet Jacques Witkowski publiait son arrêté proposant un budget équilibré à la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Régie des Transports Métropolitains (RTM) conviait la presse pour partager les résultats de l’audit flash de sa situation financière.

Objectif : faire un état des lieux et évoquer des premières pistes d’économie alors que l’intercommunalité a un déficit de 144 millions d’euros à combler et qu’un effort de « 25 millions » est demandé à l’opérateur de transports, selon nouvelle présidente de la RTM Samia Ghali.

Un versement de 5,7 millions d’euros à la Métropole

« Je ne me laisserai pas marcher sur les pieds, déclare-t-elle sans détour. La RTM représente 59% des dépenses de transports de la métropole. Ce n’est pas à elle de supporter entièrement l’effort budgétaire ».

L’élue marseillaise, qui dit vouloir « repartir d’une feuille blanche », loue une situation financière « saine ». Au point que l’opérateur a voté ce mardi « un versement exceptionnel immédiat » de 5,7 millions d’euros à la Métropole. « On fait donc tomber l’effort demandé à 19 millions », s’est félicitée Samia Ghali.

Mais l’enjeu de trouver des pistes d’économies reste entier, alors que le développement des transports doit se poursuivre ces prochaines années dans le cadre du Plan Marseille en grand, avec des coûts d’exploitation supplémentaires à venir. Et malgré une flotte de bus vieillissante qu’il va falloir remplacer.

« Dès 2030, notre nouveau réseau de bus électriques nous fera économiser 20 millions d’euros par an sur le carburant et la maintenance », assure Marc Colonnese, directeur général adjoint de la RTM. Pour rappel, l’opérateur prévoit la fin des bus thermiques à l’horizon 2035.

rtm, Transports : vers la fin de la gratuité pour les jeunes et les seniors au profit d’une tarification sociale, Made in Marseille
André Molino et Eric Chevalier, vice-présidents de la RTM, Samia Ghali, présidente de la RTM et Hervé Beccaria, directeur général de la RTM

La tarification sociale plutôt que la gratuité

En attendant, une autre piste est évoquée pour faire des économies de fonctionnement : la fin de la gratuité pour les jeunes et les séniors, mise en place par l’ancienne présidente de l’intercommunalité, Martine Vassal. « Une mesure politique à 10 millions d’euros par an qui n’a pas été compensée », estime Samia Ghali.

« Une personne qui gagne bien sa vie ou dont les parents gagnent bien leur vie n’a pas besoin d’être aidée, poursuit l’élue marseillaise. Ce qui compte, ce n’est pas l’âge mais le niveau de revenus. En ce sens, la tarification sociale est plus équitable ».

Si cette piste est bel et bien « actée » et devrait remplacer les mesures de gratuité, elle ne sera pas mise en place avant la rentrée 2027, annonce la RTM. Le temps de laisser passer la prochaine année scolaire.

Un abonnement à moins de 10 euros pour les -26 ans devrait en revanche être proposé pour la saison estivale, sur les mois de juillet et août 2026. « C’est plus efficace que la lutte contre la fraude, assure la présidente. Car vous n’empêcherez pas les jeunes Marseillais d’aller à la plage. Ce sont souvent leurs seules vacances ».

Une lutte contre la fraude difficile à mettre en place

La RTM estime que 24% de ses usagers empruntent le réseau sans payer. Une baisse de 6 points en 4 ans mais qui coûterait néanmoins 24 millions d’euros par an à l’opérateur, soit un quart de ses recettes annuelles, chiffrées à 110 millions.

« La chambre régionale des comptes nous demande de lutter plus activement contre la fraude mais je vais vous répondre en toute transparence, lance Samia Ghali. C’est plus compliqué qu’on le laisse entendre. Mobiliser des agents pour contrôler, ça coûte 25 millions d’euros par ans. Et on récupère au final seulement un millions d’euros car on n’a pas la capacité d’identifier l’adresse des fraudeurs ».

D’autres pistes sont listées par la présidente de la RTM : économies d’échelle, rationalisation mais aussi augmentation de la tarification. Une mesure qu’elle n’exclut pas, justifiant que le réseau marseillais est actuellement « un des moins chers de France ».

Ses espoirs de recettes reposent aussi sur le déplafonnement par l’Etat du versement mobilité, réclamé par la Métropole. Cette taxe, payée par les entreprises, peut monter jusqu’à 3,20% du côté du Grand Paris, alors qu’elle est bloquée à 2% pour Aix-Marseille-Provence.

« J’ai rencontré des patrons et ils sont d’accord pour cette solution », avance-t-elle. Si la loi était modifiée, ce serait près de 220 millions d’euros qui pourraient rentrer dans les caisses publiques du territoire.

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