Musée, atelier d’artistes, événements… L’ancienne savonnerie La Tulipe se transforme en véritable temple du graffiti et du hip-hop aux Crottes, dans les quartiers Nord. Coup d’envoi de « L’Aérosol Marseille » en septembre avec un grand festival de cultures urbaines.
« Marseille est un des berceaux de la naissance du hip-hop en France », rappelle, si nécessaire, David Benhamou, spécialiste et acteur de cette culture urbaine, et particulièrement du street art. Raison pour laquelle il porte le projet de L’Aérosol Marseille. Ce temple du graffiti et du hip-hop va voir le jour dans l’ancienne savonnerie La Tulipe, au cœur du noyau villageois des Crottes (15e), à la rentrée.
Pour rappel, autour de l’édifice, tout le quartier est en mutation : nouvelle place publique, rénovation des rues, logements dans une manufacture et hôtel « écologique, économique et convivial » prennent forme sous la houlette d’Euroméditerranée.
L’usine de savon fermée en 1987 va quant à lui devenir « un musée, un atelier d’artistes et un lieu culturel et événementiel », poursuit le fondateur de Maquis-Art, société et site internet dédié au graff depuis 1987.
« Il y aura une immense exposition permanente, immersive et évolutive de graffiti » ajoute-t-il. En effet, « plus de 1 500 m2 » de murs seront à disposition des graffeurs. Un terrain de jeu XXL pour les artistes, et une œuvre unique pour le public, qui pourra contempler son évolution au fil des mois, puis des années.
Un festival d’ouverture en septembre, avec 200 m2 de murs peints
L’Aerosol Marseille ouvrira en grande pompe le week-end des 12 et 13 septembre. Avec un invité de marque : le festival Mister Freeze, événement incontournable de l’art urbain né à Toulouse, qui fédère des artistes emblématiques depuis 2013. Le nouveau temple marseillais du street art leur met à disposition la quasi-totalité des murs pour s’exprimer afin de lancer l’exposition évolutive qui habillera le site sur le long terme.
Au programme de ce week-end d’ouverture : DJ sets, danse, ateliers, performances… Et surtout une grande « street jam » qui réunira une cinquantaine d’artistes pour graffer « plus de 200 mètres de murs » de l’ancienne savonnerie. Une performance qui durera deux jours, avec Backjump & friends, boutique de bombes de peinture du boulevard de la Libération. Les événements se succèderont tous les week-ends jusqu’en novembre.
Version définitive avec musée et atelier d’artistes attendue en 2027
« Pour l’instant, il s’agit d’une préfiguration de ce que sera le lieu, précise David Benhamou. On ouvre environ 60% du site, pour cette première année, avec des événements et festivals concentrés sur les week-ends ». Bar, street food et marché animeront aussi l’espace les jours d’ouverture.
« On espère avancer sur les travaux en parallèle, poursuit le porteur du projet. La version définitive de l’Aerosol Marseille, sur 5 500 m2, avec le musée et les ateliers d’artistes qui viendront en résidence, devrait aboutir en 2027 ».
Marseille, point de départ d’un réseau national de street art
Cela fait maintenant 10 ans que L’Aerosol est né en France, avec une première version détonante à Paris en 2017. Le concept ? Des lieux culturels installés dans d’anciens sites réhabilités, dédiés « au graffiti, au street-art, au hip-hop, à la création et à la transmission ».
À Marseille, David Benhamou souhaite implanter le concept de manière durable. Puis l’essaimer partout en France. « On veut créer un réseau national dédié au hip-hop et au graffiti. Raconter l’histoire locale dans ces lieux, et les faire communiquer entre eux, notamment leurs collections ».
Prochaine étape : Saint-Denis en 2029. « Avec Marseille, ce sont les deux berceaux du hip-hop français. On souhaite faire vivre une relation entre ces deux lieux, avec toutes les rivalités historiques au milieu. Et créer un énergie positive de création », conclut l’amateur de street-art. Le rendez-vous est pris en septembre pour assister au prémices de cette dynamique.