Après une semaine de conférences, de rencontres, de débats pour impulser une dynamique mondiale de préservation de la biodiversité, quelles sont les avancées locales du Congrès mondial de la nature qui s’est tenu durant 11 jours à Marseille ? Neutralité carbone, aires protégées, classement à l’Unesco, Calanques… Petit tour des annonces phares pour la région marseillaise.

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN s’est tenu du 3 au 11 septembre à Marseille, au parc Chanot. Un événement majeur pour la protection de l’environnement à l’échelle de la planète, l’équivalent d’une COP pour le climat, ou d’un G20 pour la géopolitique. Le « Manifeste de Marseille », signé à l’issue de l’événement, détaille les motions, ambitions et orientations en direction des États, des acteurs publics, privés ou de la société civile du monde entier. Mais le Congrès a aussi été l’occasion d’annoncer des actions environnementales sur le territoire.

Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’est saisi de l’événement avec deux discours de taille aux cérémonies d’ouverture et de clôture. Lors de cette dernière, il a notamment annoncé que la municipalité est la première à déposer sa candidature pour adhérer à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’organisation vient, en effet, d’ouvrir ses adhésions aux villes du monde entier. « L’action locale est un puissant levier de transformation » selon le premier magistrat de la ville. Mais quels sont les nouveaux engagements de la municipalité après ce congrès mondial ?

Neutralité carbone en 2030

D’abord la « volonté farouche d’arriver à la neutralité carbone d’ici 2030 », soit dans moins de dix ans. Un objectif qui reste à définir précisément (impacts directs, indirects, touristiques, transport maritime…) mais dont l’échéance a été avancée de 20 ans.

En effet, lors de la Déclaration sur l’état d’urgence climatique de la Ville de Marseille, prononcée en février 2021, la date visée était 2050. Depuis, la municipalité semble avoir décidé d’accélérer, notamment en annonçant sa candidature en janvier 2022 aux « 100 villes européennes neutres pour le climat en 2030 ».

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Benoît Payan lors de son discours à la cérémonie d’ouverture © NK/Made in Marseille

Relancer le classement de la rade de Marseille au Patrimoine mondial de l’Unesco

Le maire a également rappelé les efforts de la Ville pour « végétaliser nos rues, nos places, nos écoles, développer l’agriculture urbaine, faire du zéro plastique ». Si ces objectifs ne sont pas nouveaux, le sommet pour la nature a été l’occasion de présenter des avancées. Comme dans les deux écoles (Sainte-Sophie et Révolution Jet d’eau) qui bénéficient désormais du projet de dés-imperméabilisation et de végétalisation des cours de récréation. Des études « sont également lancées pour 10 autres », avec la volonté de végétaliser les espaces extérieurs « de toutes les écoles prochainement construites ou réhabilitées », précise la Ville.

La municipalité s’engage également pour en finir avec les rejets de plastique en mer. Objectif fixé lors du Congrès mondial avec le Plan d’action pour une Méditerranée exemplaire en 2030 (PAMEx). Dans ce sens, Benoît Payan a profité d’une visite du bateau “7e Continent” pour annoncer que « tous les parcs et jardins de la ville, dès l’année prochaine », seront équipés de bacs de tri « pour qu’il n’y ait plus de bouteilles en plastique à la mer ». Une mesure accompagnée d’un travail pédagogique dans les écoles, sur les écosystèmes marins et l’impact des déchets.

Enfin, le maire de Marseille a annoncé vouloir relancer la candidature de la rade de Marseille au classement du patrimoine mondial de l’Unesco. Ce projet date de 2002, sous l’ancienne municipalité. En termes de répercussions, il s’agit surtout de pousser les décideurs du territoire à maintenir une bonne qualité du patrimoine naturel et culturel de la rade, condition pour obtenir, puis de maintenir ce label. Il représenterait « la convergence des feuilles de route des différentes délégations, aujourd’hui en phase avec les critères de l’Unesco », selon l’adjoint au maire en charge du littoral et de la biodiversité marine, Hervé Menchon.

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Le périmètre de la candidature à l’Unesco s’étend du nord de Marseille jusqu’au sud de la ville

Dans les Bouches-du-Rhône : 10 % d’aires protégées en 2027

Le Département des Bouches-du-Rhône et la Métropole Aix-Marseille-Provence, tous deux présidés par Martine Vassal, ont également annoncé de « belles avancées enregistrées durant le Congrès pour le territoire ». Les aires protégées des Bouches-du-Rhône « seront portées à 10 % dès 2027 », annonce le Département, « afin de permettre la maîtrise de l’espace et le développement des espèces ».

La Réserve naturelle nationale Sainte-Victoire, détenue et gérée par la collectivité, s’est vue inscrite sur la liste verte des aires protégées de l’UICN en avril 2021. L’organisation reconnait ainsi la valeur de la politique de protection de la biodiversité de ce site de 140 hectares, dont l’accès est totalement interdit, pour protéger les 1 500 espèces recensées et ses trésors géologiques, en particulier les fossiles.

Le Congrès mondial de la nature a aussi été l’occasion pour 5 communes des Bouches-du-Rhône de rejoindre officiellement le dispositif national “Territoire Engagé pour la Nature”. Animé par l’Agence Régionale pour la Biodiversité et l’Environnement, il a pour objectif d’identifier, accompagner et valoriser les collectivités qui se mobilisent en faveur de la biodiversité. Alleins, Aureille, Jouques, Mallemort-de-Provence et Saint-Chamas figurent désormais parmi les 18 communes labellisées sur le territoire.

Par ailleurs, durant le congrès de l’UICN, le Département a également obtenu le label E3D, « démarche de développement durable », pour 43 de ses collèges.

Le Parc national des Calanques renforce ses soutiens publics et privés

Le Parc national des Calanques a été au centre de nombreux débats qui ont animé le Congrès mondial de la nature : protection de la biodiversité marine et terrestre en Méditerranée, dispositifs innovants, financement de l’action environnementale… Comme la protection des herbiers de Posidonie via un dispositif innovant pour la biodiversité, le climat et le financement environnemental avec des partenaires privés :

Dans l’optique d’associer le monde économique et les autres institutions dans la gestion écologique du Parc national, de nouvelles conventions ont été signées lors du sommet de la nature. La première, avec l’Agence de l’eau, vise à assurer le financement des Zones de Mouillage sur Équipement Léger (ZMEL) dans les Calanques et ainsi protéger l’herbier de Posidonie.

Sur ce thème, le groupe Kaporal s’est associé au Parc pour renforcer la sensibilisation dans les sociétés de location de bateaux. Il s’agit d’informer les navigateurs de passage des bonnes règles à respecter dans les calanques. Enfin, l’opérateur Enedis s’est engagé sur la préservation des patrimoines naturels lors de ses interventions.

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Dans les Calanques, la posidonie utilisée pour lutter contre le changement climatique

Le président du Parc des Calanques, Didier Réault, rappelle régulièrement le manque d’effectifs pour la gestion du site naturel protégé. Il emploie aujourd’hui 23 gardes-moniteurs contre la cinquantaine prévue à sa création en 2016. À l’occasion du Congrès mondial pour la nature, la Secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, Bérangère Abba, a réaffirmé la création de 20 postes en 2022 pour les Parcs nationaux. 10 seront consacrés à la gestion du nouveau Parc national de forêts. Les 10 autres seront répartis dans les parcs historiques. Celui des Calanques devrait bénéficier de deux à trois postes supplémentaires.

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