À l’occasion du Congrès mondial de la nature qui se tient du 3 au 11 septembre au parc Chanot, à Marseille, Bérangère Abba, secrétaire d’État à la biodiversité, revient sur les enjeux de cet événement.

La voilà Marseillaise. Pour toute la durée du Congrès mondial de la nature, qui se tient du 3 au 11 septembre au parc Chanot, Bérangère Abba, secrétaire d’État chargée de la biodiversité, auprès de la ministre de la Transition écologique, a posé ses valises dans la cité phocéenne, accompagnée de son équipe.

Organisé tous les quatre ans par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’événement doit contribuer à inscrire la biodiversité dans une stratégie nationale et mondiale, au même titre que le climat. Marseille marque une étape cruciale pour fixer des actions en faveur de la biodiversité pour la décennie à venir, avant la Cop 15 organisé au printemps 2022, en Chine.

Pour Bérangère Abba, c’est « une grande fierté pour la France d’accueillir cet événement à Marseille. On sait que la France est connue et reconnue pour sa biodiversité très riche, ses paysages sublimes et variés, mais aussi pour son action très forte en faveur de la préservation de la nature. Marseille est comme une vitrine, elle recèle de très nombreux projets, d’acteurs extrêmement engagés sur ces questions. Grâce à ce terreau déjà sensible aux enjeux de préservation de la nature, elle est aussi un incubateur de tout ce qu’on peut imaginer faire de mieux dans l’avenir ». 

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Le travail de terrain pour impulser une nouvelle vision

Depuis le début de l’année, Bérangère Abba planche sur la nouvelle politique de la France en la matière. Les précédentes feuilles de route et textes de loi peinant à atteindre leurs objectifs, la secrétaire d’État a décidé de tout reprendre à zéro, en impulsant sa méthode : le terrain.

« Les scientifiques savent aujourd’hui très bien où se situent les principales pressions sur la biodiversité. Nous avons des éléments concrets et documentés. On sait où agir, même si pour cela bien sûr, nous devons y mettre les moyens. Mais nous avons manqué d’indicateurs de suivi et de déclinaisons concrètes de nos objectifs, estime-t-elle. J’ai voulu rencontrer les acteurs locaux qui mettent en œuvre les politiques qui existent déjà, voir quels freins ils rencontrent pour faire en sorte de les lever ».

La nouvelle vision pour la prochaine décennie repose sur les travaux issus de concertations réalisées dans toutes les régions de France, y compris en outre-mer. 800 contributions ont été recueillies des collectivités, des principales ONG… De l’idée jusqu’au budget, la large consultation citoyenne qui a suivi a permis de récolter 3 000 propositions concrètes. « Nous devons désormais être dans une déclinaison extrêmement opérationnelle, avec des calendriers, des indicateurs de suivi et évidemment les moyens afférents ».

La première brique de la stratégie nationale : 30 % d’aires protégées

Au mois de janvier, elle a ainsi posé la première brique de la stratégie nationale biodiversité, avec un plan d’action pour la préservation des espaces. Objectif : 30 % d’aires protégées à la fois terrestres et maritimes, dont 10 % sous protection forte. « Nous prônons un système de protection à la française, il ne s’agit pas d’une mise sous cloche, comme on peut l’entendre parfois au niveau international, mais un modèle de protection de nos territoires et de nos espèces qui est conciliable avec les activités humaines, que l’on accompagne pour qu’elles n’aient pas d’impact sur la nature et l’environnement ».

Dans le cadre de la loi de finances pour 2021, votée en 2020, les crédits pour accompagner la création des nouvelles aires protégées ont été augmentés de 11 millions. 70 millions d’euros ont été injectés dans le cadre du plan de relance.

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Prise de conscience

Les années à venir seront consacrées à des plans d’action en faveur de la protection des espèces protégées et menacées, de mesures pour la préservation de l’eau ou encore sur le financement et la gouvernance de la biodiversité. « Évidemment, nous devons mener un travail sur la finance verte. Il faut que la finance, aujourd’hui, intègre cette composante biodiversité, comme elle a commencé à intégrer la composante climat ». Ce sera d’ailleurs l’une des thématiques d’une réunion ministérielle qui se tiendra lors du congrès marseillais.

À l’automne seront organisées des Assises de la forêt « pour que la multifonctionnalité de la forêt française soit pleinement assurée et qui nous permette d’atteindre aussi nos objectifs climatiques, en termes de construction notamment. Avec plus de constructions en bois et une gestion durable de la forêt, nous jouons sur deux volet du puits de carbone : le puits forestier et le puits des matériaux bois de notre quotidien ».

Marseille représente une occasion unique pour mobiliser et adresser des messages forts à la communauté internationale, mais aussi une opportunité pour accélérer la mobilisation de l’ensemble des citoyens et des acteurs autour de cet enjeu. En ce sens, un accent important sera mis dans la stratégie sur la santé environnementale, l’éducation à la nature, la médiation et sensibilisation… « Un travail global est en train d’être mené, accompagné d’une prise de conscience forte, à la fois au niveau économique, politique, mais aussi chez les citoyens. Nous sommes à un moment particulier ».

Les Espaces Générations Nature pour mieux passer à l’action

Et c’est aussi tout l’intérêt des Espaces Générations Nature. Pour la première fois, le grand public sera accueilli pendant le Congrès sur ces Espaces Générations Nature et d’autres lieux d’expositions et d’animations lui seront ouverts gratuitement.

Ludiques et interactifs, les Espaces Générations Nature ont été imaginés sous forme de parcours expérientiel. Terrarium géant, immersion découverte de la biodiversité aquatique, ateliers pratiques, espace game, volière à papillons grandeur nature, atelier de cuisine bio et de permaculture, jardins participatifs ou encore expérience en réalité virtuelle… Les participants pourront vivre des expériences innovantes et créatives qui sensibilisent à la biodiversité et leur donnent accès aux bons gestes pour la préserver. Le tout dans le respect du cadre sanitaire (distanciation, gestes barrière, port du masque, écrans plexiglas, gel hydro-alcoolique). Un dispositif est établi pour détecter les contaminations et alerter les personnes qui ont été exposées au virus.

Malgré tout, le festival de la biodiversité devrait être au rendez-vous. Bérangère Abba espère d’ailleurs que toutes les « personnes qui viendront au Congrès mondial de la nature, quel que soit leur niveau de sensibilité et de connaissance des enjeux de protection de la nature, puissent mieux les comprendre et surtout sortir avec l’envie et le moyen de s’engager à sa façon, car ils auront trouvé les clés pour le faire. On peut, avec de très petits gestes, agir pour la biodiversité, accompagner des acteurs. En étant conscients de nos impacts, nous participons de cette dynamique de préservation de notre environnement ».

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