Le programme « Source » lancé à Marseille ambitionne de faire émerger une nouvelle génération de femmes entrepreneurs dans les domaines de la culture et des médias. Un dispositif d’accompagnement gratuit à destination de toutes, particulièrement tourné vers les Quartiers de la Politique de la Ville (QPV).

« Être une femme et entreprendre à Marseille, c’est s’assurer d’une solidarité et d’une sororité exemplaire qui mettront de côté la question de la légitimité et de l’autocensure. Pour ces femmes, nous ne souhaitons pas parler de Marseille en Grand mais plutôt de Marseille, enfin ! »

Après avoir été expérimenté en Île-de-France depuis deux ans, le programme « Source » se déploie dans la cité phocéenne. Ce dispositif d’accompagnement à l’entrepreneuriat est dédié uniquement aux femmes qui souhaitent lancer un projet dans les secteurs des médias et des industries créatives et culturelles (ICC).

Porté par Créatis, résidence et incubateur du groupe SOS, basé à Paris, et destiné aux entrepreneurs-(ses) médias et culture, le dispositif a permis d’accompagner 50 porteuses de projets depuis sa naissance. Création de podcasts, magazine, application pour chasser les œuvres artistiques dans l’espace public… « Les premiers retours sont très positifs au niveau quantitatif, puisque la plupart des bénéficiaires ont réussi à pérenniser leur activité entrepreneuriale, soit à 100 %, soit à minima en complément de leur activité déjà salariée, mais où la tendance s’inverse », explique Bianca Farrugia, coordinatrice générale du programme Source.

Elle livre également ce constat : « On se rend compte concernant la culture qu’il y a un vrai besoin de sortir de la forme associative et d’aller vers une forme entrepreneuriale plus classique. Ce n’est pas un gros mot de dire que la culture peut générer des bénéfices. On constate qu’à Marseille il y a aussi des besoins sur la question de l’entrepreneuriat et spécifiquement dans l’entrepreneuriat culturel ».

femmes, Un programme pour faire émerger une nouvelle génération de femmes entrepreneurs, Made in Marseille
Porté par Créatis, résidence et incubateur du groupe SOS, basé à Paris, et destiné aux entrepreneurs-(ses) médias et culture, le dispositif a permis d’accompagner 50 porteuses de projets depuis sa naissance.

Seulement 30 % des femmes issues des QPV osent entreprendre

Si l’objectif premier est d’accompagner toutes les femmes, le programme porte une attention particulière aux porteuses de projets issues des Quartiers de la Politique de la Ville (QPV). « L’entrepreneuriat féminin est sous-représenté de manière générale. À Marseille, après un diagnostic de terrain, la question des femmes dans les QPV est assez préoccupante au niveau de l’emploi et de l’insertion professionnelle », analyse Bianca.

En France, selon un sondage réalisé par France Active – BPI France, 32 % des femmes se déclarent prêtes à se lancer dans la création d’une entreprise et 14 % pensent que cela leur permettrait de sortir d’une situation professionnelle précaire.

Seulement 30 % des femmes issues des QPV osent entreprendre, alors que la création d’entreprise peut apparaître comme un levier d’action et d’insertion professionnelle. C’est pourquoi « on va aller faire des actions de sensibilisation sur le terrain pour dire à ces femmes que si elles ne trouvent pas dans la voie de l’emploi classique, elles peuvent choisir la voie de l’entrepreneuriat et nous les accompagnons gratuitement ».

Le programme gratuit s’articule autour de deux phases

En effet, le programme d’accompagnement est gratuit, financé par le Fonds social européen, et soutenu par le Ministère de la Cohésion des territoires. Il est mené en partenariat avec Pulse, association de soutien à l’entrepreneuriat à impact, qui porte le programme « Elles Ensemble » complémentaire de « Source ».

Le dispositif s’articule en deux parcours de formation : la « prépa » d’une durée de trois mois (d’octobre à décembre 2022) pour laquelle un appel à candidatures a été lancé le 10 juin dernier.

Durant cette phase, le but est de passer de l’idée au projet, de rencontrer d’autres entrepreneuses et développer son réseau. À l’issue de cette étape préparatoire, les bénéficiaires ont deux options : « soit elles arrêtent, car elles estiment que leur projet n’est pas assez mature ou que l’entrepreneuriat n’est pas fait pour elles, soit elles choisissent d’intégrer la phase d’incubation de 6 mois (de janvier à juin) pour le développement de leur entreprise. On peut aussi ouvrir cette phase directement à des femmes dont le projet est déjà bien avancé ».

Accompagner 70 porteuses de projets la première année

Creatis souhaite accompagner ces femmes dans le développement de projets à impact social fort, de structures financièrement viables, ancrées dans leur territoire et créatrices d’emplois. Avec les deux programmes « Source » et « Elles ensemble », l’ambition est d’accompagner 70 femmes au total sur la première année, soit une cinquantaine sur la phase « prépa » et une vingtaine sur la seconde.

Avec « Marseille en Grand » et les « Carrefours de l’entrepreneuriat » qui en découle, Créatis a ainsi décidé de s’installer dans des locaux rue Grignan (1er) pour proposer son expertise, en complémentarité des structures existantes sur le territoire, qui mènent déjà des actions sur le terrain. « Depuis le mois d’avril, j’ai fait un gros travail de maillage territorial pour aller à la rencontre des acteurs de l’accompagnement, car nous sommes dans une logique de mutualisation et non pas concurrentielle », poursuit la coordinatrice.

Un projet solidaire

Cela se traduit d’ailleurs dans le programme pédagogique qui intègre des structures telles de Marseille Solutions, Makesens ou encore StaffMe Academy pour venir animer des master class, des ateliers, et intervenir à différentes occasions. « Lorsqu’on est porteur de projets, face à autant d’acteurs de l’accompagnement on ne sait pas forcément vers où s’orienter, donc on essaie de construire les choses ensemble parce que l’économie sociale et solidaire porte bien son nom ».

Des temps « hors les murs » sont également prévus à l’Épopée ou au Cloître, avec l’idée de décomplexer la parole et sortir des formats classiques. « On va également construire des événements culturels avec des partenaires, je l’espère avec le Mucem, ou encore Kourtrajmé. On est dans un programme lié à la culture et aux médias autant s’éclater un peu et travailler avec des compagnies de théâtre, du stand-up, de la danse… », s’enthousiasme Bianca.

L’appel à candidatures se termine le 31 juillet. La rentrée est prévue le 3 octobre. Un concert solidaire de lancement devrait avoir lieu à la Friche la Belle de Mai.

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