Trois ans après son ouverture, la Cité de l’innovation et des savoirs (Cisam), basée à Marseille, démontre l’efficience de son écosystème. La preuve avec des résultats et des projets concrets.

13 mars 2019. C’est en grande pompe que la Cité de l’innovation et des savoirs (Cisam) est inaugurée. Imaginée par Aix-Marseille Université, la Cisam a pris vie dans le bâtiment totem du Castel. Un joyau architectural datant de 1928, situé dans le quartier de la Joliette, transformé en un lieu unique d’incubation et d’accélération entrepreneuriale public-privé.

Rapidement, de grands industriels, à l’instar de l’armateur CMA-CGM et le groupe l’Occitane, les collectivités territoriales… élevés au rang de membres fondateurs, adhèrent à cette idée ambitieuse et novatrice de fédérer tout un écosystème autour de l’innovation. C’est ainsi que depuis trois ans, dans cet écrin de 3000 m2, universitaires, chercheurs, start-up et industriels travaillent main dans la main pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et inventer le monde de demain.

À l’époque vice-président « innovation et valorisation d’Aix-Marseille Université », désormais président, Éric Berton, son concepteur, rêvait de créer « une cité de l’intelligence », « un lieu de réussite entrepreneuriale ». Un voeu exaucé. Car depuis son ouverture, la Cisam n’a eu de cesse de se développer créant une véritable dynamique d’intelligence collective sur le territoire. « Les résultats obtenus depuis trois ans démontrent son efficience opérationnelle auprès des acteurs de l’innovation et de la recherche », souligne Charlie Barla, directeur de la Cisam.

cité de l'innovation et des savoirs, Retour sur les succès de la Cité de l’innovation et des savoirs, Made in Marseille
L’écosystème de la Cisam rassemblé à l’occasion de la célébration de son troisième anniversaire. © N.K.

La raison d’être de la Cisam

Malgré deux années entrecoupées par la crise sanitaire, l’ensemble des partenaires fondateurs ont accompagné, au sein de leurs locaux, plus de 200 start-up et créé plus de 200 emplois, 4 contrats de recherche et 5 thèses Cifre (Convention industrielle de formation par la recherche)*.

Deux projets collaboratifs ont été menés pour le laboratoire informatique et des systèmes (LIS) avec la CMA-CGM et Enedis, membre fondateur depuis peu. Sans oublier le rayonnement à l’international, pré-requis de départ, concrétisé avec le dépôt de 5 projets européens (avec des partenaires de l’Université européenne Civis) et les réussites des start-up qui ont posé leurs idées à la Cisam.

Ce travail est « mené en étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs, permettant aux entreprises d’accéder aux meilleures compétences académiques et d’autre part pour favoriser la création de valeurs et de richesses sur nos territoires, poursuit Charlie Barla. Ce trait d’union entre les mondes académiques, socio-économiques, associatifs et culturels, c’est la raison d’être de la Cisam ».

La création d’un modèle vertueux

Les succès de la Cisam ont été mis en lumière à l’occasion d’une soirée célébrant ses trois ans d’existence, ponctuée d’une série de témoignages de start-up et des interventions des structures d’accompagnement des membres fondateurs. « La Cisam a su prendre son essor », constate Amaury Godron, directeur général d’Obratori, incubateur du groupe l’Occitane, au dernier étage du bâtiment. « L’effort mutuel de participer à la transformation de la science en innovation a permis d’aboutir à une véritable relation vertueuse entre le monde de la recherche et le monde de l’entreprise », note-t-il.

Pour appuyer son propos, il reprend ceux de Reinold Geiger, président et actionnaire du Groupe, lors de l’inauguration en 2019 : « en tant que grandes entreprises, nous avons une responsabilité sociétale de soutenir les entrepreneurs qui lancent des projets innovants ».

Obratori a ainsi investi dans 16 start-up, permettant la création d’une centaine d’emplois principalement à Marseille et dans la région, dans des secteurs très variés : bien-être, retail-tech, mode… « Pas une seule n’a échoué ou déposé le bilan », souligne fièrement Amaury Godron, ravi « de cette collaboration positive avec la Cisam », tournée vers l’avenir.

ZEBOX, de l’ancrage local au rayonnement international

Alors que 9 start-up sur 10 ne résistent pas les 5 premières années de vie, SeaRoutes fait partie, au bout de trois ans d’existence, de celles « qui ont presque réussi », déclare Pierre Garreau, co-fondateur et président de la start-up. Au sein de ZEBOX, accélérateur de l’armateur GMA-CGM, axé sur la transformation numérique et énergétique du transport maritime, SeaRoutes s’est donné pour mission d’optimiser les routes des navires.

« On est convaincu que pour régler l’un des problèmes de notre temps et réduire l’empreinte carbone des émissions de CO2, la seule façon, c’est de choisir les meilleures routes ». Son odyssée illustre ce travail collaboratif mené au sein de ZeBox en partenariat avec Amu.

Vers de voies plus durables

Comme SeaRoutes, plus de 80 start-up ont été accompagnées à travers deux programmes : l’un d’accélération, l’autre d’incubation. « Chez ZEBOX, nous avons la conviction que les grands groupes et les start-up porteuses d’innovation technologique ont un rôle majeur à jouer. En collaborant ensemble, elles peuvent forger de nouvelles voies durables et vertueuses », déclare Aurore Pullini, directrice adjointe de ZEBOX, devenu un réseau international.

« C’était une évidence pour nous d’installer ZEBOX au sein de la Cisam, grâce à ses atouts et l’assistance d’Amu avec laquelle nous déployons beaucoup de projets sur le territoire. C’est très important pour nous de contribuer au développement de l’écosystème d’innovation depuis Marseille, tout en lui donnant un rayonnement international avec un impact mondial, poursuit Jean-Baptiste Lumineau, responsable de la direction start-up et venture de la CMA-CGM. Pour nous, l’innovation et la digitalisation sont un levier de croissance, de différenciation et de performances formidable et indispensable dans notre industrie, pour accompagner le changement ».

100 start-up accompagnées d’ici à fin 2022 par l’Accélérateur M

Au sein de la Cisam, l’innovation passe également par l’Accélérateur M, animé par Franck Araujo, son directeur général. Soutenu et financé par la Métropole Aix-Marseille Provence, la structure a permis d’accélérer 89 start-up et devrait passer le cap des 100 d’ici à fin 2022, créant au passage 170 emplois. Au total, 12 millions d’euros ont été levés par les start-up.

Tourné sur des porteurs de projets dans les domaines des industries culturelles et créatives, la smart city, l’économie bleue… l’Accélérateur M s’emploie aussi à faire changer d’échelle des projets moins tech, dans l’économie sociale et solidaire, la mode, le design ou la silver économie.

Révélateur de talents, l’Accélérateur M a vu éclore dernièrement Linkpick, créé par deux frères, Quentin et Arnaud Bichi. Cet outil tout-en-un des étudiants, écoles et entreprises, permet de recruter et gérer des étudiants sur une seule et même plateforme. Grand gagnant du concours Graines de Boss Marseille, animé par Veolia, Quentin défendra les couleurs de Marseille le 28 juin prochain au Medef, à Paris.

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Romain Ascione, directeur Régional Sud Paca Veolia activité recyclage et valorisation des déchets France

Une ouverture sur la Méditerranée

L’histoire de Green Praxis « est une illustration parfaite de cet écosystème ou microsystème qu’est la Cisam » affirme Franck Araujo. Green Praxis s’adresse à de grands groupes ayant une empreinte foncière importante (autoroutière ou ferroviaire) et développe des opportunités économiques responsables. La start-up vise à créer de la valeur écologique et économique à partir de solutions fondées sur la nature.

« Tout a commencé par un déjeuner avec Franck sur notre idée, nos besoins en termes d’accompagnement, sur les modes de financement possibles et nos besoins en termes de mise en relation, car notre projet est éminemment scientifique », raconte Martin Guillaume, co-fondateur de Green Praxis. « C’est grâce à la mise en relation au sein de la Cisam, que nous avons pu entrer en contact avec le laboratoire informatique et système de Toulon qui nous permet aujourd’hui de faire de la recherche dans la mesure de la biodiversité ». Aujourd’hui, Green Praxis poursuit sa route au Technopôle de l’Arbois.

La particularité de l’Accélérateur M réside également dans son accompagnement des projets venant de l’étranger, particulièrement de l’autre côté de la Méditerranée. « On veut continuer à nous développer sur le continent africain plein de promesses et surtout qui représente un potentiel incroyable », insiste Franck Araujo.

Faire phosphorer l’intelligence artificielle

Preuve d’un écosystème en phase, la collaboration entre Amu et Enedis, pour approfondir les domaines de l’intelligence artificielle (IA). L’énergéticien a souligné l’importance de « l’enjeu humain de ce lieu de rencontres » mais aussi la disparition des frontières entre les différentes composantes des lieux.

D’un stagiaire au départ, ce sont aujourd’hui 12 personnes qui travaillent quotidiennement sur les sujets d’intelligence artificielle pour développer l’innovation au sein de la direction générale Provence-Alpes d’Enedis. « On a fait voler en éclat la frontière entre la recherche et l’industrie. Ici, aujourd’hui, on en est à une application en production nationale au sein d’Enedis, tous les six mois », exprime le responsable innovation d’Enedis, Romain Gemignani.

Plus de frontières non plus entre la formation, la recherche et l’industrie : « La majorité de personnes dans le laboratoire d’intelligence artificielle sont des étudiants d’Amu qui travaillent sur des problématiques IA très concrètes avec des technologies de pointe et intégrées dans les systèmes d’information d’un industriel ».

Pour le professeur en informatique Djamal Habet, qui travaille sur un projet de mobilité électrique baptisé Massal’IA, « Marseille est le berceau de l’IA ».

Cisam + : 8 façons de plus d’avoir un impact social et sociétal

Fort de ces résultats et avec la conviction forte que l’innovation technologique ne peut se dissocier de l’innovation sociétale à la fois durable et inclusive, la Cisam a également posé la première pierre d’un écosystème plus vaste et plus ancré, incarné par Cisam+.

Grâce à la dotation de 40 millions d’euros remportée dans le cadre de l’appel à projets « ExcellencEs », lancé par l’État, huit nouvelles antennes sur le même modèle vont ouvrir au sein des campus universitaires d’Aix, de Marseille et Arles. « Les résultats ont démontré l’efficience opérationnelle auprès de la recherche publique » a réitéré Éric Berton.

Le projet sera mené sur trois thématiques pluridisciplinaires tournées sur l’excellence scientifique et représentant un intérêt pour le territoire comme les biotechnologies, les industries culturelles et créatives, la responsabilité sociétale et le développement durable pour les économies bleues et vertes. « Plus que jamais, Amu est actrice d’un projet social et sociétal, elle se donne les moyens d’impacter positivement la société », assure Charlie Barla, dévoilant le nouveau logo représentant cette vision « socialement engagée » et la force d’un collectif territorial.

*Un dispositif encadrant les collaborations entre une entreprise ou une association, une ou plusieurs universités et un doctorant.
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