L’histoire du Palais du Pharo, monument phare de Marseille ordonné par Napoléon III

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La construction du Palais du Pharo a été ordonnée par Napoléon III, alors empereur de France, pour son épouse, l’impératrice Eugénie. Destiné à devenir la résidence impériale à l’achèvement de ses travaux colossaux, l’édifice n’a pourtant jamais eu le temps de tenir ce rôle.

C’est dans la période de fort essor économique de Marseille, entre la fin du 18e siècle et la première moitié du 19e siècle, que la décision de construire le Palais du Pharo est prise. À la tête de la République française depuis décembre 1848 puis de l’Empire français dès la fin de l’année 1852, Charles-Louis-Napoléon Bonaparte, dit Napoléon III, neveu de Napoléon Bonaparte, entreprend une vaste politique de construction et de modernisation des infrastructures déjà existantes à Marseille.

Napoléon III

Parmi elles notamment : le Palais de la Bourse situé sur la Canebière, qui abrite depuis toujours le siège de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), la Cathédrale de la Major ou encore la rénovation de l’Hôtel Dieu. Lors d’une de ses nombreuses visites à Marseille, en 1851, Charles-Louis-Napoléon émet le souhait de se construire une résidence impériale dans la ville. La municipalité de l’époque y est fortement favorable en partie pour le remercier pour sa politique en faveur du développement de Marseille.

Une résidence impériale sans empereur

En novembre 1852, l’architecte Samuel Vaucher est chargé de choisir le terrain pour construire le palais. C’est le terrain dit de la Teste More qui est alors retenu. Ce dernier domine le port et offre un très beau panorama sur le Fort Saint-Jean et la rade de Marseille. La Ville de Marseille débloque 1,2 million de francs pour acheter ce terrain.

Si la vue du terrain est somptueuse, son état, alors sous forme de cratère, nécessite d’importants travaux de nivellement. Il faudra attendre le 15 août 1858, jour de la Saint Napoléon, pour que la première pierre de l’édifice soit posée !

Archive de l’entrée du Pharo © Facebook Vieux Marseille.
Archive du Palais du Pharo © Facebook Vieux Marseille.
Archive du Palais du Pharo © Facebook Vieux Marseille.

Les travaux prennent ensuite du retard, d’une part car les plans du projet sont revus suite aux améliorations techniques possibles cinq ans après l’élaboration du projet, et d’autres part par difficultés d’approvisionnement en pierre en raison de la construction en même temps de la cathédrale de la Major.

Les coûts du palais sont en plus colossaux tant l’Empereur voit les choses en grand. Il veut que sa future demeure soit le reflet du Château de Biarritz de son épouse, l’impératrice Eugénie. Mais l’envergure de la bâtisse et la richesse des décorations extérieures font grimper les frais. La fin du second empire arrive en 1870 avant que les travaux du Palais ne soient terminés et l’Empereur déchu n’aura jamais eu l’occasion d’y séjourner. Les insignes napoléoniens des grilles et de la façade sont détruits, comme tous les symboles de l’empire à l’époque, pour ne laisser aucune trace de cette période.

Le Palais du Pharo aujourd’hui © AP

D’hôpital à centre de congrès

Le palais est rendu à l’impératrice Eugénie à la mort de Napoléon III, en 1873. Toutefois, la Ville de Marseille revendique la propriété de la demeure et engage un procès à l’impératrice. Cette dernière décide finalement d’offrir le palais et ses jardins à la municipalité, à condition qu’ils soient employés à des fins d’utilité publique.

Le palais a d’abord été utilisé comme hôpital pour les cholériques puis les tuberculeux jusqu’à la fin du 19e siècle. Les bâtiments de la partie latérale de l’esplanade ont ensuite été occupés par la Faculté de Médecine en 1890, avant d’être investis conjointement par l’Institut de médecine tropicale du service de santé des armées et par l’Université de la Méditerranée Aix-Marseille II de 1954 à 2013. Depuis 2013, c’est le siège d’Aix Marseille Université. Le palais accueille aujourd’hui un vaste espace de congrès.

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