Des champignons 100% Marseillais cultivés dans un sous sol du Cours Julien

Deux Marseillais se sont lancés dans la culture de champignon en plein cœur du centre ville. Via leur association baptisée Les Champignons de Marseille, ils produisent pour le moment 20 kg de pleurotes dans le sous sol de l’Équitable Café au Cours Julien. Avec l’objectif de développer leur projet et de créer une véritable champignonnière 100% Made in Marseille.

L’agriculture urbaine n’en finit pas de se développer à Marseille. Après les ruches sur les toits des hôtels, d’anciennes terres paysannes redevenues agricoles, une productrice de fromages dans les quartiers Nord ou encore la culture de houblon bio, voici les Champignons de Marseille.

Maxime et Nicolas, deux producteurs de champignons, cultivent ainsi des pleurotes en plein centre-ville de Marseille. Et pour se faire, ils utilisent du marc de café, récupéré auprès de l’InterContinental, installé dans l’ancien Hôtel Dieu (2e). Pour le moment, 20 kg à 30 kg de champignons sont produits chaque mois, dont la majeure partie est revendue à l’établissement. « On est surtout en phase de test pour montrer que c’est possible de cultiver des champignons à Marseille », met en avant Maxime. Car le projet ne s’arrête pas là…

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Une activité zéro déchet

L’idée de cultiver des champignons à Marseille vient de Nicolas, lorsqu’il travaillait dans une épicerie paysanne du centre-ville. « Les clients demandaient souvent des champignons, mais il n’y a aucune ressource en local donc on n’en proposait pas. Cela m’a donné envie de voir comment il était possible de faire pousser des champignons à Marseille et j’ai découvert la technique de culture dans le marc de café », explique-t-il.

Pour cela, le marc de café doit être récupéré le plus frais possible. Il est mélangé à des graines de champignon et stocké dans des gros boudins de plastique. Pendant 15 jours, ces derniers sont placés en incubation dans une pièce noire. Ils rejoignent ensuite une salle blanche éclairée pendant 12h par jour, fraîche et composée de 90% d’humidité. C’est là que les champignons sortent, généralement au bout de cinq jours.

Le marc du café est mélangé avec des graines de champignons et conditionné dans des grands boudins de plastique © AP

Une fois les pleurotes récoltés, le substrat grâce auquel les champignons ont poussé est donné à l’association Terre de Mars, qui cultive d’anciens terrains agricoles dans le quartier de Sainte-Marthe (14e). Un apport organique idéal pour enrichir une terre et lui permettre de s’aérer. « C’est là que l’on boucle la boucle, car on produit des champignons grâce à des déchets et, de notre côté, on ne crée aucun déchet », met en avant Maxime. Les producteurs testent aussi la culture de leurs champignons avec, comme substrat, des sciures de bois du chantier naval Borg du Pharo (7e).

Pour le moment, Maxime et Nicolas produisent 20 kg à 30 kg de champignons par mois et ont comme objectif de passer à une tonne © AP

Des champignons dans le Fort Saint-Nicolas ?

À termes, l’objectif de Maxime et Nicolas est de produire une tonne de champignons par mois, ce qui reviendrait à recycler trois tonnes de marc de café. Pour y parvenir, il leur faudra trouver un autre endroit que le sous-sol de l’Équitable Café, trop étroit pour une telle activité. Et les deux producteurs ont déjà une petite idée : le Fort Saint-Nicolas où ils pourraient disposer de 1 500 m².

« On cherche un local souterrain à valoriser pour que le loyer ne soit pas trop élevé dans un premier temps et nous permette de nous développer. Le Fort Saint-Nicolas, de par son passé militaire, serait bien pour faire des champignons », explique Nicolas. Pour savoir si cela pourra se faire, il leur faut attendre le résultat de l’appel à projet pour la mise en valeur du site, lancé début 2017 et dont on vous parlait ici.

En attendant de trouver leur local idéal, les producteurs continuent de cultiver différents types de  pleurotes, variété de champignons qui pousse rapidement et dans le marc de café. Et par la suite, d’autres espèces viendront compléter la production. On connaissait les champignons de Paris, place maintenant aux champignons de Marseille.

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