Des terres redevenues agricoles dans les quartiers Nord de Marseille

Marseille, terre d’agriculture urbaine en plein essor

Le « bien manger » est une expression dans l’air du temps. Si elle veut dire « manger à sa faim », elle signifie aussi « manger des bonnes et belles choses ». Une expression qui prend tout son sens avec les produits cultivés par Terre de Mars, un collectif marseillais qui travaille autour de la question de l’agriculture urbaine.

Depuis janvier dernier, 1 000 m² de terre au pied du massif de l’Etoile ont retrouvé leur activité d’antan. Le Mas des Gorguettes, situé au 25 de l’impasse du Four de Buze dans le 14e arrondissement de la ville est en effet le refuge de l’association Terre de Mars. Elle se compose de huit personnes, pour la plupart architectes paysagistes, qui se sont mis à cultiver de nouveau ces anciens terrains agricoles. « Cela fait partie de notre profession de penser l’aménagement rural et l’espace agricole, mais ce n’est pas directement notre métier de cultiver », tient à préciser Augustin Tempier, l’un des fondateurs. Face aux difficultés de trouver un travail d’architecte en agence dans la région, ils se sont rassemblés autour de cette envie de développer l’agriculture urbaine à Marseille. Avec comme moteur de montrer que le terroir de la ville ne se limite pas seulement aux massifs naturels et au centre-ville. « Notre volonté est de faire valoir ces terres productrices et prouver qu’elles ont encore un vrai rôle à jouer », confie Augustin Tempier.

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© Terre de Mars

Retour vers une activité d’autrefois

Anciennement, les terres de Sainte-Marthe abritaient des vignes car elles étaient trop éloignées d’une source d’eau pour y faire pousser des légumes. La situation a changé au milieu du 19e siècle, lorsqu’après quinze ans de travaux, le canal de Marseille voit le jour. Ce dernier a permis d’alimenter la ville en eau et ainsi de la tourner vers l’agriculture. Une activité qui s’est progressivement éteinte au cours du 20e siècle suite aux différentes crises agricoles et l’ouverture des frontières qui a fait entrer sur le territoire la concurrence, notamment espagnole et italienne.

Aujourd’hui, les anciens terrains agricoles de Sainte-Marthe sont soit urbanisés, soit en friche. Et c’est dans cet état que se trouvaient les sept hectares du Mas des Gorguettes. 1 000 m² sont désormais de nouveau en culture, et de nouvelles parcelles devraient l’être dans le futur. L’association y fait pousser, du moins pour cette année, principalement des tomates avec plus de 30 variétés différentes. S’ajoutent haricots verts, oignons, aubergines, poivrons, piments, basilic, fleurs de courge et autres légumes de saison. Évidemment tout est bio et garanti sans pesticides. Les récoltes sont ensuite vendues sous forme d’un panier unique au prix de 10€. Et si tout le stock n’a pas trouvé preneur, le collectif transforme les produits, en tomates séchées par exemple, ou en fait don à des associations.

Une initiative plutôt isolée à Marseille et motivée par une forte demande de la part des populations qui souhaitent plus de produits locaux dans leurs assiettes, qui plus est marseillais. Augustin Tempier nous a même avoué avoir l’ambition de replanter des vignes sur ces terres qui ont autrefois été productrices de raisin et aussi de vin. Un retour aux sources total qui, s’il voit le jour, donnerait naissance au seul vin produit à Marseille de A à Z.


Informations pratiques

Inscription obligatoire sur contact@terredemars.fr (Objet : Paniers). Les paniers sont à retirer chaque mardi entre 18h et 20h au restaurant le What’s up au 98 rue Curiol (13001).

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3 COMMENTAIRES

  1. […] L’agriculture ultra urbaine n’est toutefois pas la seule à se développer à Marseille. Certaines terres de la périphérie du centre-ville qui autrefois avaient une vocation agricole retrouvent leur usage d’antan. En témoigne quelques parcelles du quartier de Sainte-Marthe (14ème arrondissement) cultivées de nouveau depuis un peu plus d’un an par un collectif marseillais. Retrouvez notre reportage sur ce sujet en cliquant ici. […]

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