Réunis à Marseille pour les Rencontres du Made in France, industriels, artisans et entrepreneurs ont défendu la relocalisation de la production française. 15 entreprises labellisées « Fabriqué à Marseille » étaient présentes sur les 49 exposants.

Après une première édition organisée à Aix-en-Provence en 2023, l’agence de communication Sacrés Français a choisi Marseille pour accueillir, pour la deuxième année consécutive, les Rencontres du Made in France. Le 11 juin, plus de deux cents personnes ont participé à cet événement national, à la Friche la Belle de Mai.

« La thématique cette année, c’est réindustrialiser et relocaliser ce qui fait sens avec les enjeux actuels. Organiser l’édition 2026 à la Friche la Belle de Mai, une ancienne usine [exploitée par la SEITA, la Société d’exploitation industrielle des tabacs et allumettes, ndlr] a donc du sens », souligne Olivier Robert, fondateur de Sacrés Français.

L’édition 2026 a changé d’échelle. Cette année, le village d’entreprises a réuni 49 exposants contre une vingtaine lors de l’édition précédente. Tech, artisanat, mode, gastronomie… Certains d’entre eux sont des acteurs locaux dont le fabricant de luminaires Atelier Poupe. Tous sont venus présenter leurs produits ou leurs services. L’objectif est aussi de favoriser les rencontres entre industriels et fournisseurs potentiels. « En 2025, le salon a généré 70% de contractualisation », précise Olivier Robert.

Faire connaître le label Fabriqué à Marseille à plus grande échelle

Si l’événement conserve une dimension nationale, il offre également une vitrine aux acteurs locaux. Sur les 49 exposants, quinze entités sont labellisées « Fabriqué à Marseille » dont Cristal Limiñana, l’une des plus anciennes marques marseillaises de pastis.

Lancé en 2024 par la Ville de Marseille, le label recense à date 237 entités qui promeuvent la diversité et la richesse des productions artisanales et industrielles marseillaises. La municipalité prévoit déjà de lancer un troisième appel à candidatures.

Marseille, Le fabriqué à Marseille défend ses atouts aux Rencontres du Made in France organisées à la Friche, Made in Marseille
Maison Trésor produit du Rhum labellisé Fabriqué à Marseille © Les Rencontres du Made in France

Des filières locales sous-tension

Au-delà de la promotion des savoir-faire, les Rencontres du Made in France ont aussi permis d’aborder les difficultés auxquelles font face certaines filières locales, comme le textile. Depuis l’adoption de la proposition de loi anti-fast fashion par l’Assemblée nationale en mars 2024, puis validée par le Sénat en juin 2025 (mais bloquée depuis entre la France et l’Europe), plusieurs professionnels ont plaidé pour un accompagnement renforcé de la production française.

« Les mesures de régulation ne suffisent pas. Nous estimons que l’enjeu réside aussi dans la formation, indispensable pour accompagner la relocalisation d’une filière », partage Jocelyn Meire, président de Fask Academy et du syndicat Mode in Sud.

Parmi les exemples évoqués durant les conférences figure la filière laine en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Longtemps fragilisée, elle tente aujourd’hui de se restructurer autour du Mérinos d’Arles et des activités liées à la transhumance. La Maison de la transhumance, basée au Domaine du Merle à Salon-de-Provence, participe notamment à la valorisation du pastoralisme et des productions issues des troupeaux transhumants.

À l’échelle locale, l’usine marseillaise Fil Rouge illustre également les difficultés auxquelles reste confrontée l’industrie textile locale. Placée en redressement judiciaire en janvier 2026, elle a reçu le Grand Prix du Jury des Rencontres du Made in France.

Bouton retour en haut de la page