Martine Vassal, candidate (LR) aux élections municipales de mars 2020 à Marseille, a dévoilé les premières grandes orientations du volet environnement de son programme « respirer » et son porte parole, l’universitaire Daniel Nahon. Au menu : l’extension du parc Borély, la maison de l’environnement au Frioul, des pistes cyclables, une halle de Provence…

Après « Protéger », porté par le général David Galtier, « Travailler » et « Partager », dont les porte-paroles sont respectivement, Stéphane Soto et le chef d’entreprise, Joseph Arakel, voilà « Respirer », quatrième et dernier pilier du projet de Martine Vassal, pour les municipales de mars 2020. À l’image des trois autres axes, Martine Vassal s’est entourée d’une personnalité : l’universitaire Daniel Nahon, mondialement reconnu, notamment pour son travail et son expertise sur les sols. Le docteur en géologie appliquée au génie civil et la candidate se connaissaient depuis des années. Il lui a apporté ses compétences pour la construction du projet environnemental. « Quand j’ai discuté avec elle, elle a avant tout cherché à comprendre », explique-t-il, loin de la politique politicienne et des jeux de partis.

Pour lui, « on ne peut pas faire d’agriculture sans faire d’environnement, faire de la biodiversité sans comprendre le réchauffement climatique…» Les incendies actuels dans l’hémisphère sud, préfigurent « peut-être de ce qui va se passer dans le Nord, on ne sait pas. Ce qui est sûr, c’est que les températures augmentent ».

Penser la Métropole à 50 ou 100 ans

« Il faut avoir des idées particulières et nouvelles sur cet enjeu », et c’est dans cette perspective qu’il apporte son expertise à Martine Vassal, qui voit son soutien comme une « opportunité d’agir vite, agir bien et mettre en place différentes actions d’une politique environnementale, au niveau de la métropole Aix-Marseille ».

D’ailleurs, Daniel Nahon voit loin, très loin : à 50 voire 100 ans : « Quand on va parler de ville et de métropole, on doit prendre en compte le fait que l’on est dans une mosaïque. Il va falloir penser Méditerranée, et Afrique car c’est important. Il faut être responsables là-dessus, sans jouer les père-Noël », en passant de la vision à l’action. 

Une Maison de l’environnement au Frioul

Sur le terrain, cette ambition va se traduire par différents projets, portés par la candidate, qui mise avant tout chose sur la pédagogie. Pour cela, elle souhaite créer une Maison de l’environnement, idéalement située sur l’île du Frioul, près de l’hôpital Caroline, dédiée à la formation et à la recherche. En ce sens, elle veut aussi réunir une fois par an les responsables politiques des deux rives. Et sur ce point, comme pour d’autres, elle est prête à travailler avec Renaud Muselier, président de la région Sud, et fondateur de « Méditerranée du futur ». Cet événement réunit depuis trois ans, des personnalités politiques, associatives… des deux rives justement.

Le port de Marseille doit être « exemplaire »

Autre priorité : la lutte contre la pollution atmosphérique. Dans ce cadre, elle rappelle les actions menées par la Métropole avec le lancement en décembre de la Zone à faibles émissions (plus de 19 km2) et veut accélérer sa mise en application, « en douceur », dans les prochains mois, pour « avoir une régulation de la circulation ». De la terre à la mer, la réduction de la pollution passe aussi par celle émanant des navires de croisières. Pour la candidate, Marseille, 1er port de croisières de France, doit aussi « être un port exemplaire », et travailler sur la transition au GNL.

En attendant des réseaux ferrés avec des trains à batteries électriques, des rames roulant au mix énergétique ou à l’hydrogène, Martine Vassal souhaite poursuivre le développement des voies réservées pour les transports en commun (11 kms entre Marseille et Aix), pour s’étendre à Vitrolles, jusqu’à l’aéroport et aussi vers Aubagne.

La mise au point sur le projet d’extension du parc Borély

« Respirer », c’est aussi le grand air. Et là, Martine Vassal met les points sur les « i » à propos de son projet, décrié, d’extension du parc Borély. « Il n’a jamais été envisagé pour moi de faire de la bétonnisation. Au contraire, je travaille main dans la main avec les acteurs de l’hippodrome et le golf. »

L’idée est de sanctuariser le lieu (déjà protégé dans le cadre du PLUi), en créant une forêt urbaine qui s’étendrait jusqu’en bord de mer, avec « des passerelles qui iraient d’un côté à l’autre pour aller jusqu’à l’escale Borély », faire l’extension du parc avec de la surveillance et végétaliser un maximum, avec des nombreuses plantations d’arbres. « Une excellente idée », pour Daniel Nahon.
Reste le montant ? Il sera donné par la suite, « mais il est dans la norme pour un projet comme celui-ci », assure la présidente de la Métropole.

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Extension du parc Borély : feu vert pour le projet au conseil municipal

Des espaces verts tous les 500 mètres

Elle envisage également de créer des « espaces de respiration qui manquent dans cette ville », des lieux de rencontre et de vie, avec tous les 500 mètres un espace vert, « pour avoir un maillage territorial ». Elle s’engage à doubler le nombre de jardins partagés, financer des jardins de rue, créer « un jardin maraîcher exemplaire, par exemple, sur une parcelle publique dont la gestion serait confiée à une association », ou encore réaliser un diagnostic sur les « délaissés » : une réserve foncière importante qui permettrait la création de plus d’espaces publics et de parcs végétalisés.

Création d’une boucle de 30 kilomètres et d’une promenade cycliste

Pour accéder à ces « jardins de ville », sans circulation, la candidate propose de créer une boucle de 30 kilomètres qui traverserait tous les secteurs de Marseille, une promenade cycliste tout le long du canal de Marseille, ainsi qu’une coulée verte au départ du parc Borély jusqu’au parc du 26e Centenaire, en longeant une partie des berges de l’Huveaune dans les quartiers Sud de la ville. La candidate veut aussi installer plus de fontaines d’eau potable en ville. 

Une halle de Provence et une Maison des terroirs au coeur de Marseille

Après le verdissement, l’accès plus facile aux produits locaux, respectueux de la nature et de l’environnement. « Pourquoi ne pas créer une halle directe, type halle de Provence ainsi qu’une Maison des terroirs, en plein cœur de ville, pour mettre en avant des produits de saison, pour développer des circuit-courts, ce qui permettrait d’accéder à une alimentation locale de qualité plus facilement ». Une étude a d’ailleurs été réalisée par la CCIAMP pour réfléchir au projet. (Notre reportage à lire ici)

Fort du « succès » de MPG2019, l’idée est aussi de « faire un espace qualitatif et aussi identitaire dédié à la gastronomie ». Autre point : développer de manière « plus importante » la consommation des produits bio dans les cantines scolaires et les crèches (au moins 20%), en y associant un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire. 

Lutter contre les déchets plastiques

Enfin, parmi les projets : faire de la rade de Marseille un espace naturel exemplaire, en luttant contre la pollution plastique (600 000 tonnes de déchets plastiques ramassés chaque année en Méditerranée). Pour diminuer l’usage du plastique au maximum, elle entend agir à la source, en limitant la distribution des objets en plastique et la production. Elle s’engage à veiller à l’utilisation de sac bio-dégradable notamment sur les marchés et chez les commerçants. 

Pour amener les citoyens à avoir des pratiques plus éco-responsable et les accompagner dans leur transition énergétique, elle souhaite mettre en place des outils, d’information et de sensibilisation, interactifs pour développer des incitations comportementales : un système de distributions de bons points (ticket de transports gratuits, places de cinéma…) sur le même modèle que Yoyo, mais à l’échelle de la ville.

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