L’organisation patronale des Entrepreneurs Sud (ex-CPME) profite de cette rentrée pour remettre plusieurs dossiers sur la table, dont la baisse des charges et l’avenir industriel de Fos-Berre. En ligne de mire également, l’élection présidentielle 2027.
Les organisations patronales font tour à tour leur rentrée. Et dans les Bouches-du-Rhône, comme à l’échelle de la région, le constat est largement partagé : « Les entreprises voient quelques signaux d’amélioration, mais restent loin d’un véritable rebond », plante Alain Gargani, président des Entrepreneurs Sud (ex-CPME Sud), lors de la conférence de presse de rentrée tenue le 8 septembre.
Avec 70 000 adhérents revendiqués en Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’organisation se présente comme la première organisation patronale régionale représentant les différents secteurs d’activité.
Portrait-robot des entreprises régionales
Selon l’analyse de Bpifrance, la région fait partie des trois territoires français où la situation des TPE-PME s’est améliorée en 2025 par rapport à 2024. Pour autant, si l’activité se redresse, elle reste dans le rouge. L’indicateur d’activité a progressé de 2 à 5 points sur un an, pour atteindre un niveau compris entre -4 et -6.
Le chiffre d’affaires des TPE-PME, lui, a continué de reculer en 2025 dans l’ensemble des régions françaises, avec des baisses comprises entre 1 et 3%.
Pour 2026, les intentions de dépenses progressent par rapport à l’année précédente, mais seulement 35% des chefs d’entreprise de la région envisagent d’investir. « C’est le taux le plus faible parmi les régions analysées par Bpifrance », précise Alain Gargani.
Conséquence ? La trésorerie. Selon la Banque de France, les délais de paiement atteignent 80 à 90 jours, voire plusieurs mois lorsqu’il s’agit de marchés liés à la santé et à la propreté.
Un manque de visibilité avec la présidentielle 2027
C’est l’autre message porté par les Entrepreneurs Sud, au même titre que l’UPE 13. Le manque de visibilité à l’approche du scrutin présidentiel est dommageable pour les entreprises. « Notre message aux futurs responsables politiques est clair : réduire les charges pesant sur les salaires et offrir davantage de stabilité aux entreprises », défend Alain Gargani.
D’ici septembre, l’organisation prévoit de lancer une consultation auprès des entrepreneurs. Une plateforme nationale doit permettre de recueillir leurs propositions, avec des déclinaisons régionales et locales. L’objectif est ensuite de faire remonter ces revendications dans le débat politique, à l’approche de la prochaine présidentielle.
Facturation électronique : l’angle mort de la rentrée
Parmi les dossiers qui préoccupent particulièrement les dirigeants figure également la généralisation de la facturation électronique depuis le 1er septembre 2026.
Selon Les Entrepreneurs Sud, deux entreprises régionales sur trois auraient déjà choisi leur plateforme. Mais cette nouvelle obligation est perçue comme une charge supplémentaire, notamment pour les petites structures.
« En moyenne, il faut compter 75 euros par mois par entité. Pour rappel, il faut une plateforme par compte », précise Daniel Salenc, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat des Bouches-du-Rhône, qui prendra officiellement la présidence des Entrepreneurs Bouches-du-Rhône le 10 décembre prochain.
Fos-Berre : le dossier attendu par les organisation patronales
Pour les organisations patronales locales, la ligne à très haute tension entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent s’impose comme l’un des dossiers industriels majeurs de cette rentrée.
Les Entrepreneurs Sud défendent depuis près de quatre ans ce projet qui doit permettre d’accompagner les nouvelles implantations industrielles et la décarbonation des entreprises existantes.
À l’UPE 13, Jean-Christophe Amarantinis en fait également « un dossier prioritaire » des prochains mois. Le président de l’organisation entend porter le sujet « dans le département, à Matignon et à l’Élysée », en s’appuyant notamment sur sa présidence du Synerpa, qu’il conservera jusqu’en 2028, ainsi que sur le Medef Sud et les filières concernées.
Les projets annoncés pourraient générer 10 000 emplois directs et près de 13 000 emplois indirects, mais Les Entrepreneurs Sud posent aussi la question des logements, des transports et des services nécessaires pour accompagner ce développement.
Le projet porté par RTE fait toutefois face à plusieurs réserves. Dans son avis rendu le 27 août, l’Autorité environnementale estime notamment que l’implantation des pylônes, des accès et des plateformes doit encore être précisée. Elle demande également à RTE de consolider la justification des besoins électriques, leur calendrier et le choix de la solution retenue.
Alain Gargani et Daniel Salenc prévoient de porter le dossier jusqu’au préfet, avec l’appui des sept CCI territoriales, « seulement une fois qu’un consensus sera trouvé entre les différentes parties prenantes », précisent-ils.
