Élu en mai 2026 à la tête de l’UPE 13, Jean-Christophe Amarantinis aborde sa première rentrée avec une feuille de route chargée.
Pour « sa première » rentrée à la tête de l’UPE 13, Jean-Christophe Amarantinis n’a pas choisi la facilité. Les municipales à peine passées, le nouveau président du syndicat patronal, élu le 18 mai, s’apprête à renouer avec les élus locaux, alors que l’élection présidentielle se profile dans près de sept mois.
Quelques mois après son élection, il n’avait exprimé qu’une seule promesse lors de sa passation de pouvoir avec Philippe Korcia, le 15 juin au parc Chanot, celle d’être le président « des entreprises », avant de défendre « un secteur ».
Une rentrée tournée vers la jeunesse
« J’appréhende cette rentrée en allant à la rencontre des adhérents et de nos cinq filières fondatrices : le maritime, la métallurgie, l’industrie, l’agroalimentaire et le bâtiment. Ils ont beaucoup d’attentes, et notamment envers nous », plante-t-il.
Et pour commencer cette rentrée, Jean-Christophe Amarantinis a choisi le terrain. Avant de se présenter face à la presse, il s’est rendu à Centrale Méditerranée. Devant les étudiants de deuxième année du cycle ingénieur, il est venu « prêcher la bonne parole », les invitant à rester sur le territoire régional une fois diplômés.
Le message n’est pas anodin dans une région où l’attractivité des compétences reste un enjeu pour les entreprises. Centrale Méditerranée forme chaque année quelque 1 500 ingénieurs, mais seulement un quart d’entre eux choisissent de rester travailler dans la région. Près de 1 100 diplômés partent ainsi chaque année vers d’autres territoires, selon les chiffres communiqués à Made in Marseille par Carole Deumié, directrice de l’établissement fin juillet.
Le Forum des Entrepreneurs, première grande scène du mandat
Pour Jean-Christophe Amarantinis, le premier rendez-vous majeur de son mandat aura lieu le 8 octobre, au CEPAC Vélodrome, à l’occasion du Forum des Entrepreneurs. Sa position est claire : faire remonter les préoccupations des entreprises sans s’associer au débat politique.
Pour sa première édition sous sa présidence, il a choisi de recevoir sur scène, en conclusion de l’événement, Nicolas Isnard, président de la Métropole, avec lequel il compte notamment aborder la nécessité de donner « un cap clair » au territoire.
Des dossiers locaux jusqu’à Matignon
Cette volonté de peser dans le débat se traduit déjà sur plusieurs dossiers. Le plus emblématique pour cette rentrée est celui de la ligne à très haute tension entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent. Jean-Christophe Amarantinis en fait « un dossier prioritaire » des prochains mois.
Le président de l’UPE 13 entend porter le dossier « dans le département, à Matignon et à l’Élysée », en s’appuyant notamment sur sa présidence du Synerpa, qu’il conservera jusqu’en 2028, ainsi que sur le Medef Sud et les filières concernées.
Une offensive qui intervient alors que le projet porté par RTE fait face à plusieurs réserves. Dans son avis rendu le 27 août, l’Autorité environnementale estime notamment que l’implantation des pylônes, des accès et des plateformes reste à préciser et demande à RTE de consolider la justification des besoins électriques, de leur calendrier et du choix de la solution.
Face aux entreprises, le rôle de « défricheur »
Avec 14 000 adhérents directs et indirects, représentant quelque 170 000 salariés, l’UPE 13 s’appuie sur un large réseau dans le département. Environ 1 450 entreprises cotisent directement à l’union patronale, soit un peu plus de 10% des adhérents. L’organisation compte également entre 800 et 900 mandataires, chargés de la représenter dans différentes instances.
Pour accompagner ce réseau, Jean-Christophe Amarantinis entend jouer un rôle de « défricheur », notamment dans les relations avec les administrations. Depuis sa prise de fonction, il échange régulièrement avec plusieurs acteurs économiques et institutionnels, principalement la CCIAMP, la Direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Banque de France.
Le sujet du financement revient notamment dans les échanges. « La Fédération bancaire française rapporte que les dépôts de dossiers de financement des entreprises sont en recul de 25 à 30 % sur les deux dernières années », rapporte-t-il.
Une situation que l’UPE 13 relie à l’incertitude politique. « Il y a un marasme total avant chaque scrutin électoral », temporise Catherine Vales, nouvelle directrice générale du syndicat.
La méthode Amarantinis encore en construction
Sur le plan interne, le nouveau président revendique pour l’heure une méthode tournée vers l’audit. « Pour l’instant, sur l’organisation, depuis trois mois, nous sommes plutôt en train de faire un audit des services et du fonctionnement existant pour voir ce qui doit être conservé ou non », explique-t-il.
Parmi les chantiers déjà engagés figure la reconduction de la convention avec Aix Marseille Université (amU), destinée notamment à aider les jeunes à trouver un emploi dans le département des Bouches-du-Rhône.
Durant son mandat, il se fixe pour objectif de créer un outil interne destiné aux jeunes entrepreneurs et aux salariés en reconversion qui souhaitent reprendre une entreprise. Sur le modèle d’un guichet unique, le dispositif pourrait notamment faciliter leur mise en relation avec les banques.
En parallèle, la nouvelle gouvernance entend élargir le périmètre de l’UPE 13. Parmi les 41 membres et sept présidents de commissions du conseil exécutif, Catherine Vales prend la direction générale du syndicat. La féminisation des instances figure également parmi les axes du mandat. Actuellement, les femmes n’y représentent que 25%.
Autre chantier annoncé, celui de la santé, avec l’objectif de faire davantage adhérer des professionnels et représentants du secteur. Une commission consacrée à cette question avait été réunie en mai 2026.