Pour équilibrer le budget 2026 de la Métropole Aix-Marseille-Provence, la Chambre régionale des comptes propose un plan d’économies de grande ampleur. Objectif ? Combler un déficit de 144 millions d’euros.
Comment trouver 144 millions d’euros sans augmenter les impôts des contribuables provençaux ? C’est la mission qui a été confiée à la Chambre régionale des comptes (CRC) après le refus des élus métropolitains de voter leur budget 2026.
Après un mois d’analyse, les magistrats financiers ont rendu leur copie. Première surprise : le déficit est plus important que celui avancé par la Métropole. Alors que les élus évoquaient un manque de 123 millions d’euros, la CRC estime que le besoin réel de financement atteint 144 millions.
Les transports au cœur des difficultés
Pour la CRC, les difficultés financières de la Métropole sont avant tout structurelles. Le principal point de tension concerne le budget des transports.
Ces dernières années, la collectivité a multiplié les investissements dans les mobilités avec l’arrivée de nouvelles infrastructures comme le tramway T3 à Marseille, le BHNS Aubagne-Gémenos ou encore le Valtram annoncé pour 2027. Mais ces équipements génèrent des coûts de fonctionnement supplémentaires alors que les recettes progressent beaucoup moins vite.
La CRC évoque un « effet ciseau » entre des dépenses en hausse constante et des recettes qui stagnent. Les mesures de gratuité accordées aux jeunes et aux seniors et des tarifs inchangés depuis plusieurs années contribuent également à cet écart.
Pour réduire la facture, les magistrats proposent de renégocier le contrat avec la RTM, de renforcer la lutte contre la fraude dans les transports et de réexaminer certaines gratuités. Au total, près de 25 millions d’euros d’économies pourraient être réalisés.
#Métropole Aix‑Marseille‑Provence :
➡ #Budget non voté par la métropole
➡ 14 budgets présentés à l’équilibre par la CRC
➡ Pas d’augmentation d’#impôts
➡ Règlement du budget à venir par le préfethttps://t.co/eVLnUVs7bJ pic.twitter.com/2sURwEahEK
— Chambre régionale des comptes PACA (@crcpaca) June 11, 2026
Marseille particulièrement touchée ?
L’autre grande mesure concerne la Dotation de solidarité communautaire (DSC), une enveloppe financière versée chaque année par la Métropole à ses 92 communes. Aujourd’hui fixée à 66 millions d’euros, elle devrait être ramenée à 13,3 millions selon les préconisations de la CRC.
Toutes les communes seraient concernées, mais Marseille supporterait l’essentiel de l’effort. La ville pourrait voir sa dotation passer de plus de 45 millions d’euros à moins de 10 millions, soit une perte d’environ 36 millions d’euros.
Pas de hausse d’impôts
Pour parvenir à l’équilibre, la Chambre préconise également des économies sur les dépenses de fonctionnement avec la limitation de certains recrutements, la réduction de subventions ou la baisse de plusieurs dépenses administratives.
En revanche, elle n’a pas retenu l’hypothèse d’une augmentation des impôts. Une décision que son président, Xavier Lefort, considère comme relevant exclusivement du choix des élus.
Martine Vassal défend son bilan
L’ancienne présidente de la Métropole, Martine Vassal, a rapidement réagi aux conclusions de la Chambre régionale des comptes. Selon elle, le rapport confirme que la collectivité ne fait pas face à un simple « trou budgétaire », mais à un besoin de financement structurel lié au développement des transports métropolitains.
« Il ne s’agit pas d’une question de gestion », affirme-t-elle, estimant que les difficultés actuelles sont la conséquence des investissements engagés pour moderniser les mobilités du territoire. Pour l’élue, le véritable enjeu est désormais de trouver un financement durable pour accompagner les infrastructures et les services de transport de demain.
L’avis de la CRC présenté hier n’est toutefois qu’une étape. Le préfet des Bouches-du-Rhône dispose désormais de plusieurs semaines pour arrêter le budget définitif.