Spécialisé dans l’insertion professionnelle, le groupe aubagnais La Varappe rachète Estille, acteur de l’économie circulaire dans le Grand Ouest. Cette acquisition doit lui permettre d’accélérer son développement.
En Paca, comme dans d’autres régions françaises, la main-d’œuvre qualifiée se fait de plus en plus rare dans plusieurs secteurs. « Soudure, chaudronnerie, logistique, numérique, restauration, BTP, métiers du soin ou encore gestion des déchets sont les principaux domaines touchés », observe Laurent Laïk, fondateur de La Varappe.
À Aubagne, La Varappe répond justement aux besoins de main-d’œuvre des entreprises du territoire depuis plus de 30 ans. Le groupe, spécialisé dans l’insertion par l’emploi, s’est développé à travers une vingtaine de filiales implantées dans plusieurs régions françaises, jusqu’en Corse. Plus de 120 000 personnes ont été accompagnées depuis sa création.
Pour poursuivre son développement à l’échelle nationale, La Varappe a racheté début octobre 100% du capital d’Estille, une entreprise spécialisée dans les métiers de l’économie circulaire et fortement implantée dans le Grand Ouest. En 2025, elle dit avoir réalisé un chiffre d’affaires de 32 millions d’euros.
« Estille conservera son nom et sa propre direction dans le Grand Ouest, tout en rejoignant le groupe La Varappe », précisent les deux entités.
40 000 personnes par an d’ici 2030
Avec le rachat d’Estille, La Varappe veut changer d’échelle. Spécialisé dans les métiers de l’économie circulaire et la collecte des déchets, le groupe du Grand Ouest a accompagné près de 2000 personnes en 2025.
Cette acquisition vient compléter les deux grands métiers historiques de La Varappe ; les ressources humaines, le recrutement et la formation d’un côté, et les activités liées à la transition écologique et à l’économie circulaire de l’autre.
En 2025, La Varappe a réalisé 111 millions d’euros de chiffre d’affaires. Avec le rachat d’Estille et la poursuite de son développement, le groupe vise 15 000 parcours accompagnés par an en 2027, puis 40 000 personnes d’ici 2030.
Et après l’insertion ?
Les deux groupes s’adressent à des profils variés, notamment des jeunes sans emploi ni formation, des demandeurs d’emploi de longue durée, des personnes en reconversion ou encore des seniors. En 2025, La Varappe a ainsi employé quelque 11 000 personnes, dont 4 000 en région Paca, dans le cadre de contrats d’insertion pouvant aller jusqu’à 24 mois.
Mais l’objectif est surtout de permettre à ces salariés de poursuivre leur parcours professionnel au-delà de La Varappe. La durée moyenne d’un parcours est d’environ 15 mois, avant une orientation vers un nouvel emploi, souvent dans une autre entreprise.
Selon les chiffres avancés par le groupe aubagnais, sur 1 000 personnes accompagnées, environ 800 retrouvent ainsi un emploi de plus de six mois à l’issue de leur parcours.
Des financements publics minoritaires
Si La Varappe bénéficie de financements publics pour mener ses missions d’insertion, ces derniers ne représentent que 8% de son activité. L’essentiel de ses revenus provient donc des prestations qu’elle réalise pour des entreprises et des acteurs des territoires.
Le groupe est conventionné avec l’État en tant qu’entreprise d’insertion. Concrètement, ce dispositif lui permet de proposer des postes à des personnes éloignées de l’emploi dans le cadre de leur parcours. Mais le nombre de ces postes reste encadré. « Chaque année, nous rencontrons des difficultés pour obtenir davantage de postes », estime Laurent Laïk.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, il compte parmi ses clients historiques l’aéroport Marseille-Provence, la Société des Eaux de Marseille et le Marché d’intérêt national (MIN) des Arnavaux.
