La Ville de Marseille présentera au conseil municipal du 16 octobre un plan d’action pour lutter contre les logements inoccupés. Il prévoit le doublement de la taxe sur les logements vacants depuis plus de deux ans. En parallèle, la chasse aux boîtes à clés des Airbnb se poursuit.

À Marseille, il y aurait près de 40 000 logements inoccupés. Un chiffre qui fait grincer face à la crise du logement que traverse la ville et aux Marseillais qui peinent à trouver un habitat. De nombreux militants et associations prônent d’ailleurs une réquisition des locaux vides.

« On sait qu’il y a une part de vacance qui existe et c’est pour ça qu’on a un plan », avance Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille déléguée au logement. L’élue communiste proposera au conseil municipal du 16 octobre un plan d’action contre la vacance locative, prévoyant notamment le doublement de la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV) depuis plus de deux ans.

En effet, le projet de loi de finances 2026 permet, dès 2027, aux maires de villes en zone tendue d’augmenter cette taxe. L’objectif : « que les logements reviennent dans le parc locatif », résume Audrey Garino.

« On a aussi besoin de préserver des logements abordables pour que les Marseillais puissent se loger », défend l’élue, affirmant que les loyers ont augmenté de 6% en un an à Marseille. La municipalité espère notamment obtenir la mise en place de l’encadrement des loyers dans sa ville.

La lutte continue contre les locations courte durée type Airbnb

L’adjointe a fait cette annonce ce mercredi 7 octobre au détour d’une opération contre les boîtes à clés des meublés de tourisme, type Airbnb, qui pullulent dans les rues. Devenues le symbole de la transformation du parc de logements marseillais en locations touristiques, Audrey Garino, affirme sa volonté de « lever ces boîtes à clés de notre espace public, parce que c’est illégal ».

Un employé municipal s’empare d’une disqueuse et les étincelles jaillissent. Le cadenas brisé tombe. L’adresse de récupération est notée avant que le boîtier ne rejoigne son caisson rempli d’une dizaine d’autres. En moins d’une heure, dans la rue pluvieuse de la Charité (2e), l’équipe a fait sa collecte.

L’intervention se déplace devant une chaîne fixée à une gouttière supportant cinq boîtes à clés. Tout comme la grille d’une fenêtre. Cette installation appartient aux copropriétés et ne peut pas être retirée par les agents municipaux. La Ville veut malgré tout poursuivre ces opérations contre les meublés touristiques.

Airbnb, Marseille veut doubler la taxe sur les logements vacants et poursuit sa chasse aux boîtes à clés, Made in Marseille
Des boîtes à clés fixées sur une chaîne entourant une gouttière vers la rue de la République.

2 000 offres en moins en un an

Après une forte progression de 73% entre 2020 et 2023, le nombre de logements proposés sur les plateformes de location touristique telles que Airbnb, commence à reculer. Selon la Ville, Marseille comptait environ 13 000 offres en 2024, contre 11 000 en 2025, soit une baisse de 16%. « La baisse s’est particulièrement faite remarquer dans le secteur de la Charité-République, où on note une diminution de 35% en 2025 », explique Audrey Garino.

Le phénomène reste toutefois très concentré dans le centre-ville. Dans le Panier, le secteur le plus touché selon la municipalité, 12% du parc locatif aurait disparu ces dernières années, au profit de l’offre touristique. « J’ai un quartier qui meurt », déplore Anthony Krehmeier, maire des 2e et 3e arrondissements, dénonçant l’arrivée d’investisseurs qui considèrent Marseille comme “l’Eldorado du Airbnb”.

Airbnb, Marseille veut doubler la taxe sur les logements vacants et poursuit sa chasse aux boîtes à clés, Made in Marseille
Des boîtes à clés repérées sur une barrière au Panier

90 jours et compensation

Depuis 2025, les résidences principales peuvent être louées à des touristes sur 90 jours maximum par an, contre 120 auparavant. Quant aux logements ne constituant pas une résidence principale, le propriétaire qui veut en faire un meublé de tourisme doit désormais compenser en créant ou remettant sur le marché un logement destiné à l’habitation.

« Le fait d’avoir imposé cette compensation […] restreint considérablement la possibilité d’investir dans la location. Ça devient moins intéressant », souligne Audrey Garino.

La municipalité s’appuie également sur une brigade dédiée au contrôle des locations touristiques. Sur l’année 2025, 60 procédures d’assignation ont été engagées contre les multipropriétaires qui ne respectent pas la réglementation, aboutissant à la condamnation de 28 logements, pour plus de 700 000 euros d’amende. La semaine dernière, un propriétaire présenté en « influenceur » bordelais et devenu millionnaire grâce aux Airbnb marseillais, a été sanctionné de 440 000 euros d’amende.

Bouton retour en haut de la page