La nouvelle équipe féminine du Cercle des Nageurs de Marseille s’apprête à disputer sa première rencontre à domicile. Engagée au plus haut niveau national, elle marque aussi le début d’un projet de structuration d’une filière féminine dans la ville.
Un départ tonitruant. Pour leur premier match, la toute nouvelle équipe féminine de water-polo du Cercle des Nageurs de Marseille (CNM) s’est imposée 29-1 face à Toulon, le 12 septembre. À quelques jours de sa première rencontre à domicile, le 26 septembre, l’effectif veut s’inscrire dans la durée.
Le Cercle des Nageurs de Marseille est aujourd’hui l’un des clubs les plus titrés du water-polo français. Son équipe masculine compte 43 titres de champion de France et vient de décrocher, en juin 2026, sa deuxième Coupe d’Europe, sept ans après son premier sacre continental.
Mais, jusqu’à cette saison, le club marseillais ne comptait aucune équipe féminine au plus haut niveau. En septembre 2025, le directeur général du CNM, Frédéric Audon, annonçait alors la création d’une première équipe féminine pour la saison 2026-2027.
Construire une filière de formation féminine
La Fédération française de natation (FFN) autorise la mixité dans plusieurs catégories de jeunes afin de favoriser le développement de la pratique féminine. Mais cette possibilité reste limitée. Dans certaines catégories, les joueuses peuvent évoluer avec les garçons jusqu’aux U14/U15.
Les filles du CNM étaient donc contraintes de quitter le club pour poursuivre leur progression dans une structure disposant d’une filière féminine, notamment à Aix-en-Provence ou à Toulon. « Derrière ce lancement sportif se construit aussi un projet de structuration pour le club. Nous voulons permettre aux jeunes filles de construire, au Cercle, un véritable parcours de formation féminine tout en disposant des mêmes conditions que l’équipe masculine », défend Frédéric Audon, directeur général du CNM.
Pour constituer ce premier effectif, Yann Vernoux, ancien poloïste, capitaine des seniors du Cercle et responsable de la formation depuis 43 ans, a ciblé 16 athlètes, parmi lesquelles des Françaises et plusieurs internationales en sélection nationale. Quatre joueuses sont issues du CNM, dont ses deux filles, Lily et Emma Vernoux.
Depuis fin août, les joueuses s’entraînent entre sept et neuf fois par semaine. Les premières séances débutent à 6h45 ou 7h, avant l’ouverture des bassins aux adhérents du club, puis l’équipe retrouve les bassins en début d’après-midi, à 14h30, sur des créneaux moins occupés.
Âgées de 15 à 30 ans, les joueuses sont soit rémunérées par le club, soit scolarisées dans des établissements avec lesquels le CNM travaille en convention, notamment le lycée Marseilleveyre et le lycée polyvalent César-Baldaccini (anciennement lycée du Rempart) de la ville.
Une offre de sponsoring à venir
Avant de chercher de nouvelles ressources, le club a d’abord voulu s’assurer qu’il pouvait financer la création de cette équipe sur ses propres fonds. « Une manière de sécuriser le projet sportif avant d’en faire un nouvel actif commercial », confie Frédéric Audon.
Le water-polo, comme plus largement la natation, reste en effet une discipline peu médiatisée, avec une exposition plus difficile à valoriser que celle de sports bénéficiant de compétitions régulières et d’une forte couverture audiovisuelle comme le foot.
« Pour autant, la création de cette équipe féminine ouvre une nouvelle possibilité d’exposition pour les partenaires du CNM. Les maillots des joueuses reprennent les mêmes sponsors que ceux de l’équipe masculine. Le partenaire historique Turbo a notamment fourni des dotations à l’effectif féminin », indique-t-il.
Le coût annuel de fonctionnement de l’équipe féminine est estimé entre 200 000 et 300 000 euros, contre environ 800 000 euros pour l’équipe masculine. Au total, le sport de haut niveau et la formation représentent moins de 2,5 millions d’euros sur un budget global de 8 millions d’euros pour le club.
Le CNM n’a toutefois pas encore annoncé de partenaire spécifiquement associé à la nouvelle équipe. « Nous avons fait un focus sur la marque « CNM », en gros caractères, et sur les partenaires présents sur le bonnet, avec l’arrivée de Jacques Bianchi Marseille comme nouveau partenaire, en complément de Cacatoès », précise Georges-Mathieu Seib, directeur marketing du CNM.
Structurer le water-polo dès la formation
La pérennité du projet passe aussi par la formation de nouvelles générations de joueuses et de joueurs, alors que les garçons restent aujourd’hui plus nombreux dans les écoles de water-polo.
Signé en septembre 2025 dans le cadre de la rénovation de sa piscine, le partenariat avec le lycée Marseilleveyre avait d’abord été envisagé comme une solution pour disposer de créneaux d’entraînement supplémentaires. Il pourrait finalement devenir l’un des piliers de la politique de formation du CNM.
« En réalité, le projet était plus global que d’avoir des créneaux en dehors de nos bassins. Yann Vernoux travaille actuellement dessus avec les professeurs d’EPS. L’objectif est de structurer une association sportive à Marseilleveyre pour commencer à encadrer des cours de natation et de water-polo de la 6e à la 3e », détaille Frédéric Audon. Yann Vernoux et son directeur avaient également envisagé d’autres pistes à Cassis.