Malgré l’opposition de la gauche, le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence Nicolas Isnard (LR) maintient le vote de sa modification du budget 2026 ce jeudi. Le résultat du scrutin reste très incertain.
Après un début de semaine intense en tractations et négociations, le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard (LR), semble rester sur sa position et maintenir le conseil métropolitain ce jeudi 10 septembre. Il soumettra donc sa proposition de modification du budget 2026 au vote des élus.
Mais sa copie budgétaire ne fait pas l’unanimité. Comme nous vous l’annoncions ici, la gauche métropolitaine, emmenée par les élus marseillais, a exprimé depuis lundi son refus de le voter en l’état et son souhaitait de reporter le conseil.
Au cœur du conflit : le choix des coupes à opérer pour rééquilibrer le budget annuel, en déficit de 144 millions d’euros. Marseille estime être la commune la plus lésée par les économies, en perdant 36 millions d’euros de dotation de solidarité communautaire (DSC).
AC ou DSC, chacun défend sa commune
La baisse de cette dotation basée sur la solidarité entre les communes riches et pauvres, était l’une des deux grandes options sur la table pour rééquilibrer les finances métropolitaines.
Nicolas Isnard souhaite ainsi modifier la copie budgétaire du préfet, en vigueur depuis avril lorsque les élus ont refusé de voter le budget. Celle-ci privilégie la baisse des attributions de compensation (AC) reversées aux communes et dont une partie est jugée indue par la chambre régionale des comptes. Leur réduction ampute moins les finances de Marseille, mais plus celles de Martigues, Aix-en-Provence, Istres et Fos-sur-Mer….
C’est pourquoi il est si difficile de mettre d’accord tous les maires et élus métropolitains. Si le budget présenté par le président ne passe pas, la Métropole continuera d’exécuter celui du préfet.
Un vote très incertain…
L’heure est donc aux tractations et calculs arithmétiques. Nicolas Isnard devra réunir deux tiers des 238 voix pour faire passer son budget. Soit 159 élus à convaincre. À l’inverse, 80 votes suffiraient à rejeter sa proposition.
En début de semaine, Marseille avait le soutien de l’ensemble du groupe de gauche (87 sièges) pour reporter le conseil. Mais il s’agissait alors de trouver une alternative (voir encadré) consensuelle au budget de Nicolas Isnard, en maintenant les attributions de compensation et les dotations de solidarité communautaire.
Le maire communiste de Martigues, Gaby Charroux, bien que membre du groupe de la gauche aux côtés de Benoît Payan, fera-t-il le choix de voter contre le budget du président et de perdre ainsi une partie de ses attributions de compensation ? Les affinités politiques métropolitaines pourraient s’effacer derrière l’intérêt supérieur de la commune.
En tentant de reporter le conseil métropolitain, la gauche espérait trouver une troisième voie consensuelle qui ne touche ni aux AC ni aux DSC. Comment ? En votant par exemple un budget en déséquilibre. Cela rouvrirait un dialogue avec la chambre régionale des comptes, que les élus marseillais espéraient voir aboutir à une résorption du déficit 2026 sur les budgets suivants.
L’extrême droite en arbitre ?
Le groupe d’extrême droite « La Provence qu’on aime » devrait également peser dans la balance avec ses 38 sièges. S’il ne laisse filtrer aucune intention de vote, de nombreux Marseillais garnissent ses rangs.
Son président Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) rappelle qu’une augmentation d’impôts « a toujours été notre ligne rouge, tant pour les entreprises que pour les citoyens ». Or, la copie budgétaire de Nicolas Isnard prévoit d’augmenter la cotisation foncière des entreprises (CFE) de 26 millions d’euros.
Si l’extrême droite vote contre ou s’abstient, l’adoption du budget de Nicolas Isnard s’annonce plus difficile. Benoît Payan peut compter a minima sur les 67 conseillers de la gauche marseillaise, et certainement plus dans l’hémicycle. À moins de 24 heures de l’échéance, l’avenir budgétaire de la Métropole est plus qu’incertain.
