Après trois ans de pause, la transformation de l’hypercentre marseillais va être relancée autour du Vieux-Port, du Panier, des Réformés et de Saint-Victor. Une nouvelle phase de travaux dont le calendrier reste à préciser.
En 2023, nous vous dévoilions que la requalification du centre-ville de Marseille, initiée en 2019, allait marquer un coup d’arrêt. Après avoir réaménagé 13 hectares et planté plus de 450 arbres, du Centre Bourse au quartier de l’Opéra, la Métropole Aix-Marseille-Provence annonçait la fin des travaux, sans s’avancer sur la suite.
Les cartes de l’intercommunalité indiquaient pourtant que la transformation d’autres secteurs était à l’étude, comme les abords du Panier et du cours d’Estienne d’Orves.
Après trois années de pause, la phase 2 est désormais bel et bien dans les tuyaux. La Métropole nous confirme que « la poursuite de la requalification du centre-ville » est en projet « en lien avec la Ville de Marseille ». Un marché de maîtrise d’œuvre vient d’être lancé ce 28 août. « Un accord cadre qui se déclinera en plusieurs marchés », nous précise l’institution.
Si l’objectif reste globalement le même, « retrouver des espaces publics de qualité », Yoan Lévy promet « une ambition encore plus forte ». L’adjoint au maire délégué au cadre de vie veut « pousser le curseur de la végétalisation au maximum » pour faire face aux fortes chaleurs. Il loue au passage une « relation fluide » avec la Métropole.
De nombreux secteurs ciblés par le projet
La carte que nous avons pu consulter dans le dossier technique révèle le ciblage de plusieurs secteurs. À commencer par ceux déjà identifiés dans le cadre de la phase 1 mais restés bloqués au stade des études.
Ainsi, la rue Coutellerie et la rue de la Loge, qui longent le nord du Vieux-Port, devraient enfin être reprises. Un peu plus haut, la rue Caisserie, qui borde le Panier, dont la requalification est attendue de longue date, va aussi faire l’objet de grands travaux. En 2024, le projet avait été retenu par l’État pour un accompagnement visant à faire émerger un aménagement innovant.
Sur la rive sud du Lacydon, l’îlot Thiars, où se concentrent bars et restaurants touristiques, va également se transformer, tout comme la rue Sainte, au-dessus du cours d’Estienne d’Orves.
Mais le périmètre de requalification s’étend désormais à d’autres espaces publics connectés au projet de tramway vers les Catalans, dont les travaux doivent bientôt démarrer. C’est le cas des abords de la place Felix Baret, du palais de Justice et du quartier Saint-Victor.
Le réaménagement de l’allée Gambetta refait surface
À l’est de l’hypercentre, la Canebière va aussi poursuivre sa mutation, de Noailles jusqu’aux Réformés, dont le carrefour accidentogène devrait être repensé.
Face à l’église récemment restaurée, l’allée Gambetta pourra enfin entamer sa métamorphose. Le projet, qui devait faire l’objet d’une étude de faisabilité en 2023, ressort des cartons pour être intégré à la phase 2 de la requalification du centre-ville.
Deux autres périmètres, plus modestes, sont ciblés par le projet dans une perspective de piétonnisation : la place Labadié, dans le quartier du Chapitre, et les abords de l’église des Grands-Carmes, en lien avec le réaménagement à venir du boulevard des Dames.
Le montant de l’enveloppe prévisionnelle concernant la totalité des secteurs s’élève à 47,5 millions d’euros hors taxe pour cette phase 2. Si aucun calendrier n’est pour l’instant avancé par la Métropole, les travaux, qui seront précédés de concertations, pourraient démarrer d’ici deux ans, espère Yoan Lévy.
La fin du réaménagement du Vieux-Port ?
Le nouveau plan des travaux élaboré par la Métropole apporte quelques informations intéressantes concernant des opérations annexes.
La carte mise à jour indique que la requalification autour de l’église Saint-Cannat, entre la rue de la République et la Poste Colbert, sera bien réalisée comme prévu initialement dans le cadre de la phase 1 (rues grisées sur la carte). Un maître d’œuvre a été sélectionné pour ce secteur au début de l’année 2025.
Mais c’est du côté du Vieux-Port que les regards vont sans doute se tourner ces prochains mois. 10 ans après la livraison de la deuxième tranche, côté Rive-Neuve, la dernière phase de réaménagement, que beaucoup pensaient abandonnée, revient à l’ordre du jour. Des « travaux connexes » sont en effet annoncés entre la mairie et le fort Saint-Jean.
La Métropole indique, dans le cadre du marché public, que le projet est « en cours d’examen ». S’il aboutissait, ce serait alors la fin d’un chantier lancé il y a déjà plus de 15 ans. Comme Rome, Marseille ne s’est pas faite en un jour.