La tour M99 s’élève dans le quartier d’Arenc et atteindra 99,9 mètres de haut en 2028. La construction s’appuie sur l’assemblage sur site d’éléments préfabriqués en béton bas carbone.

99,9 mètres de haut, 30 étages, nom de code : M99. « La première tour d’habitation en France depuis 50 ans », rappelle à l’envi Jean-Baptiste Piétri, architecte président du Groupe Constructa, depuis qu’il a relancé et redessiné ce projet. Une opération dans les tuyaux depuis « une vingtaine d’années », sous l’impulsion de son père, feu Marc Pietri, bâtisseur incontournable et historique de Marseille.

Cette nouvelle tour vient clore le projet des Quais d’Arenc avec le Balthazar (31 mètres), la Marseillaise (136 m.) et la Porte Bleue (56 m.). La skyline de ce quartier d’affaires compte également la tour CMA CGM de Zaha Hadid (147 m.) et Le Mirabeau de Hala Wardé (85 m.). Le quartier pourrait voir s’élever un énième bâtiment de grande hauteur si la cité judiciaire se confirme.

Mais pour l’heure, M99 se concrétise. Après la pose de la première pierre en 2025, les travaux de M99 battent leur plein et l’édifice atteint déjà presque cinq niveaux. La livraison doit toujours aboutir en 2028.

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Béton bas carbone et boucle à eau de mer

Si Jean-Baptiste Piétri a convié la presse ce jeudi 25 juin, c’est pour assister à la pose d’un des 600 éléments de façade préfabriqués en usine.

Une grue dépose une pièce de 6,82 mètres pour 8,4 tonnes qui s’encastre avec les autres. « Voilà, c’est comme du Lego », note Jean-Baptiste Piétri. « On vient de poser la façade de deux chambres étudiantes en 30 minutes » se réjouit-il. Cette méthode permettrait d’optimiser l’organisation du chantier et de réduire les délais de construction « de 20 à 30% », selon le groupe Constructa.

Ces éléments sont produits par l’usine Rampa en Ardèche avec du « béton bas carbone, qui intègre et recycle du « laitier sidérurgique » des industries métallurgiques, notamment de Fos. « Pour cette classe de béton, l’impact carbone est environ 25% inférieur », selon Simon Soulimant, directeur Méditerranée du groupe Legendre, qui mène le chantier.

Et même si cette méthode induit un surcoût estimé à la louche à 5%, pour Jean-Baptiste Pietri « c’est un gain qualitatif, esthétique, mais aussi de nuisances environnementales du chantier. On construit plus vite, avec moins de camions, moins de bruit… ».

m99, Vidéo | « Comme du Lego », la tour M99 s’élève à Arenc en empilant des pièces préfabiquées, Made in Marseille

Une tour chauffée et refroidie grâce à l’eau de mer

Toutefois, la structure intérieure du bâti, avec notamment les piliers porteurs, sont en béton classique et coulé sur place. Ceci afin de « répondre aux exigence techniques et de solidité pour un immeuble de grande hauteur, soumis à de nombreuses normes très strictes, notamment sismiques ».

Côté environnemental, au-delà de ce processus de pièces préfabriquées en béton bas carbone, la tour doit ensuite bénéficier de la boucle d’eau de mer Thassalia pour sa régulation thermique. Un dispositif censé réduire de 70% l’émission de gaz à effet de serre concernant la production de chaleur et de froid.

Ainsi, le bâtiment doit obtenir la certification BREEAM niveau (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) niveau « very good » concernant le futur hôtel. La résidence étudiante vise le label BEE+.

m99, Vidéo | « Comme du Lego », la tour M99 s’élève à Arenc en empilant des pièces préfabiquées, Made in Marseille
Projection de la future skyline d’Arenc. À droite, la tour M99. © +IMGS

« Entre 8 000 et 11 000 euros le m»

En effet, en termes d’usages, il s’agira d’une tour de 30 étages entièrement dédiés à l’habitation, mêlant logements privés, hôtel et résidence sociale étudiante. Cette dernière occupera les six premiers étages avec 96 studios acquis par Erilia, et gérés par Fac Habitat.

Sur les huit niveaux intermédiaires de l’immeuble, un hôtel quatre étoiles de 130 chambres et son restaurant panoramique prendront place. Acheté par le Groupe Finamas et la CEPAC Immobillier, l’exploitant, MAGORA, compte sur la base clientèle du groupe Hilton pour attirer les touristes américains.

Les 17 derniers niveaux accueilleront des résidences de luxe, avec appartements de standing, terrasses panoramiques et toiture végétalisée. « Le prix varie entre 8 000 et 11 000 euros le m», précise Jean-Baptiste Piétri. « Nous avons déjà commercialisé 40%, c’est très bien engagé pour clôturer la commercialisation d’ici la livraison en 2028 ».

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