Menacée par la crise financière de la Métropole, la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne semble être épargnée par le budget du préfet. Mais cette exception tarifaire peut encore faire l’objet de discussions.
La gratuité des transports en vigueur depuis 2009 dans le pays d’Aubagne était « une ligne rouge infranchissable » pour la gauche aubagnaise et le nouveau maire Jean-Pierre Squillari (DVG). La crise budgétaire de la Métropole Aix-Marseille-Provence menaçait cette particularité tarifaire, unique sur le territoire.
L’institution qui regroupe 92 communes doit en effet faire des économies dans tous les domaines pour trouver 144 millions d’euros et équilibrer son budget 2026. Mais le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, semble avoir épargné cette mesure. En effet, le représentant de l’État a arrêté, ce mardi 16 juin, le budget métropolitain qui pourrait s’appliquer en 2026.
S’il tape sur les attributions de compensation et vise des économies sur les transports, aucune mention ne cible directement la gratuité appliquée à Aubagne.
« Le préfet reconnait que cette gratuité est logique »
Ces derniers jours, habitants et syndicats ont manifesté pour défendre cet acquis. « Première victoire pour la gratuité des transports du Pays d’Aubagne et de l’Étoile ! », se réjouit Jean-Pierre Squillari. Il interprète ainsi la copie budgétaire de Jacques Witkowski : « le préfet reconnait que cette gratuité est logique : et surtout qu’elle ne représente qu’une fraction infime du budget total ».
Le maire d’Aubagne estime en effet que cette mesure représente un coût de « 1,3 million d’euros, dérisoire à l’échelle des attributions métropolitaines ». Le budget de l’institution s’élève à près de 5 milliards d’euros, et celui de la régie des transports (RTM) avoisine les 900 millions.
« Supprimer cette mesure serait une aberration économique et une injustice sociale majeure », plaide Jean-Pierre Squillari. « Nous défendons un choix de société, un investissement politique assumé pour la transition écologique ».
L’exception aubagnaise loin d’être définitivement sauve
Le maire d’Aubagne devrait encore à voir à plaider sa cause à l’avenir. D’abord à court-terme, alors que le budget du préfet pour la Métropole n’est pas encore définitivement entériné. Et à long-terme, puisque les problèmes financiers de l’intercommunalité sont loin d’être réglés. L’exception aubagnaise pourrait être dans le viseur des autres maires du territoire pour faire des économies.
Pour la présidente de la RTM, Samia Ghali, « le bassin d’Aubagne, il y a des discussions à avoir avec eux. Il est clair qu’au regard de la situation, tout le monde devra prendre sa part », prévient-elle. Mais l’élue marseillaise ne semble toutefois pas considérer que les transports aubagnais soient la plus lourde dépense de mobilité du territoire.
« Je reste extrêmement vigilant. Ce budget n’est qu’un sursis. La question de la pérennisation de la gratuité reviendra inévitablement dans les débats métropolitains », estime le maire d’Aubagne. « La bataille est loin d’être terminée. Mais je sais pouvoir compter sur vous pour continuer à défendre ce service public indispensable », lance-t-il à ses administrés.


