Parc de l’Étoile, de la Bonne Mère, Foresta… La nouvelle adjointe aux espaces verts, à la nature en ville et aux cimetières, Perrine Prigent, revient sur les nombreux projets qui l’attendent à Marseille.

Élue depuis 2020 avec le Printemps marseillais, Perrine Prigent est devenue adjointe au maire de Marseille en 2023 après le départ de Mathilde Chaboche. Déléguée aux espaces publics durant l’ancienne mandature, elle a porté divers projets, tels que le réaménagement de la place Sébastopol (4e) ou de la place Cadenat (3e).

Alors que Benoît Payan a rebattu les cartes des délégations de ses adjoints au printemps, suite aux municipales, Perrine Prigent s’est vu confier les espaces verts, la nature en ville et les cimetières. « Ainsi que la place de l’eau dans la ville », précise-t-elle.

Un vaste portefeuille, dont les enjeux sont variés et les projets nombreux. « Marseille compte 66 parcs de plus d’un hectare, et plus de 200 de moins d’un hectare. De nouveaux vont arriver ces prochaines années », nous rappelle l’élue. Elle nous reçoit dans son bureau du Pavillon Daviel ce mardi 9 juin pour évoquer sa feuille de route. L’occasion de faire une revue de projets. Interview.

perrine Prigent, Interview | Parc de la Bonne Mère, de l’Étoile, Foresta… Les nouveaux dossiers de Perrine Prigent, Made in Marseille
Le pavillon Daviel sur la place Bargemon.

Made in Marseille : Comment abordez-vous cette nouvelle délégation ?

Perrine Prigent : Je suis ravie que le maire m’ait confié cette mission. Il y a évidemment des liens avec les sujets que je portais précédemment. La nature en ville est un élément fondamental et transversal. D’autant plus aujourd’hui, face au dérèglement climatique. On sait très bien que la vie humaine – et non humaine – ne sera sauvée que parce que la nature sera présente en ville. Notamment pour apporter de la fraîcheur.

Ce n’est pas du décor, c’est l’habitabilité du territoire qui se joue. Nous allons bientôt présenter une étude inédite de Météo-France sur l’évolution du climat ressenti à Marseille en fonction de l’aménagement et de la végétalisation de la ville. On base notre stratégie sur le concept de « 3, 30, 300 » : depuis chez soi, il faudrait voir 3 arbres, avoir 30 mètres de canopée urbaine à proximité et être à moins de 300 mètres d’un parc.

C’est ce qui va guider votre stratégie ?

Oui. Au-delà des parcs, l’idée c’est de densifier la nature en ville. Aller sur chaque quartier, chaque école, chaque rue, dès que c’est possible, dès qu’il y a un prétexte, une intervention, pour retravailler la place du végétal au maximum, désimperméabiliser les sols. Il faut créer des micro-îlots naturels un peu partout, des trames plantées sur les grands axes.

on s’entend beaucoup mieux avec la MétropolePerrine Prigent

Je pense à Saint-Pierre, je pense au boulevard de Paris, au boulevard des Dames. Il y a énormément de choses qui ont été demandées à la Métropole dans le mandat précédent, qui sont en études et qui devraient pouvoir atterrir sur ce mandat-ci. Car on s’entend beaucoup mieux avec la Métropole, malgré les soucis budgétaires. Je pense aussi aux rues des enfants. On en souhaite beaucoup plus, et on veut les combiner avec des rues-jardins.

J’ai aussi en charge les cimetières. Ce sont des sites du quotidien dans lesquels on vient se balader, se poser sur un banc. Je souhaite les repositionner dans les trames vertes existantes pour venir les densifier en végétal, ajouter des bancs. Je cible notamment la partie récente de Saint-Pierre. Mais aussi au cimetière Saint-Jérôme, qui va être labellisé « cimetière écologique » d’ici la fin de l’année.

Concernant les parcs, faisons une revue de projets. Durant la campagne électorale, le maire a annoncé vouloir retravailler le parc au pied de Notre-Dame de la Garde. De quoi s’agit-il et quand cela va-t-il aboutir ?

Il s’agit principalement de densifier la végétation, avec des essences locales, mais aussi de réaménager les promenades, les accès, les assises avec des bancs. Et retravailler les parcours botaniques qui existaient auparavant. En termes de calendrier, il faut d’abord en passer par des échanges avec le diocèse. Ce n’est pas rien de toucher à la Bonne Mère, et ça peut prendre du temps.

Le maire nous a aussi annoncé la création d’un parc sur le massif de l’Étoile, au Nord. Quand va-t-il voir le jour ?

C’est difficile de vous donner un calendrier à ce stade. Ça devrait aboutir entre la mi-mandat et la fin du mandat. Nous travaillons le projet. Des études et des concertations avec les habitants doivent encore être lancées. Il s’agit d’abord d’aménager une entrée de parc, de véritables accès, un trait d’union entre les quartiers et le massif forestier.

Ce sera un signal pour inviter à la nature dans les quartiers Nord, desquels on a trop longtemps détourné le regard. Ce sera aussi le signal de l’arrêt de l’urbanisation dans ces zones-là.

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Le massif de l’Étoile © Mathieu Grapeloup

Toujours au Nord, la Ville veut racheter le terrain de Foresta pour en faire un véritable parc. Où en est-on et quand le projet doit-il aboutir ?

Là aussi c’est un peu tôt pour en dire beaucoup plus. Les discussions sont évidemment engagées avec le propriétaire. On devrait y voir clair incessamment sous peu. Je ne porte pas seule le projet, je pense que Samia Ghali est évidemment très intéressée à participer à ce portage, on travaille en équipe.

Les projets d’espaces verts dans les quartiers Nord ont beaucoup de sens car il permettent de retisser le territoire. Foresta, par exemple, est sur le tracé du GR 2013. C’est un fil qu’on doit tirer pour avoir des cheminements importants avec un cadre naturel. C’est de la qualité de vie pour ces quartiers.

Vous portez d’autres projets de parcs dans les quartiers Nord ?

Il y a de nombreux parcs qui vont voir le jour les prochaines années dans les quartiers, portés par l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU). Huit nouveaux parcs sont actés, ce n’est pas rien. Comme à Frais-Vallon, on est sur un projet important de 7,7 hectares. Le programme d’aménagement est en phase d’élaboration et le chantier doit débuter en 2028 pour aboutir en 2030.

On est aussi dans les temporalités entre 2028 et 2030 pour les travaux des parcs de Corot (deux hectares), Campagne-Lévêque (1,8 hectare), Petit-Séminaire… À Kallisté, c’est un projet de 2,3 hectares qui devrait aboutir en 2032. C’est un gros morceau, avec des contraintes. Et un sujet patrimonial au milieu, la Villa Valcormes, classée monument historique.

Du côté d’Air Bel, le projet de parc aussi est bien avancé (3 hectares, à découvrir ici, Ndlr).

Concernant le parc de l’Annonciade, dont nous avons beaucoup parlé, les travaux devaient débuter en 2026. C’est toujours le cas ?

Les élections ont évidemment perturbé tous les calendriers. Donc le début de l’aménagement va certainement glisser sur le début 2027. Il y a un jardin partagé qui est déjà livré sur le site. On va avoir une prairie ombragée, un parterre de vivaces, un boisement naturel remis en valeur, la création d’une aire de jeu, des terrasses dans la pente et la création d’un belvédère. Il y en a à peu près pour un an de travail.

Derrière le musée d’art contemporain [mac], le parc de Bonneveine devait être réaménagé et même agrandi. Où en est-on ?

On a détecté des difficultés sur des arbres en mauvais état qui menaçaient de tomber. Mais qu’on n’a pas encore pu retirer pour protéger la nidification de certains oiseaux. Le projet est le même, avec la reprise des cratères, l’aménagement et la végétalisation du chemin de la Sarette jusqu’au parc Bortoli. Le chantier reprendra, je pense, à l’automne.

Le parc du 26e centenaire a déjà entamé sa réhabilitation sous la dernière mandature. Avec un sujet central, la disparition du lac. Il doit être remplacé par plusieurs petites mares. C’est toujours dans les tuyaux ?

Oui, le chantier doit reprendre en septembre et durer dix mois. L’idée concernant l’ancien lac est de retrouver un aspect beaucoup plus naturel avec quatre mares et un ponton qui chemine au milieu. Globalement, avec la restauration de nombreux espaces engagée sous la mandature précédente, on vise le label Jardin Remarquable sur ce parc.

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Perspective du lac du 26e Centenaire réaménagé en 4 pièces d’eau – © Ville de Marseille

Quels autres projets vous tiennent à cœur et doivent être lancés durant le mandat ?

Il y a bien sûr le projet de pinède le long des plages du Prado jusqu’à la Pointe-Rouge. Il s’inscrit dans le plan Littoral que porte le maire, pour tourner la Ville vers la mer. C’est un sujet majeur pour la municipalité et un très gros projet. C’est du long terme. On ne va pas tout faire en même temps. J’aimerais beaucoup travailler sur la pinède avant la fin du mandat.

Il y a un autre sujet très intéressant concernant le canal de Marseille, de Longchamp à Sainte-Marthe, qui est principalement enterré aujourd’hui. On veut retravailler une trame verte, avec de petits îlots naturels, et une trame viaire pour cheminer en profitant de la nature. On devrait en dire plus prochainement.

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