L’association Les Moutons Marseillais a donné le coup d’envoi de sa transhumance ce lundi 8 juin. Pendant plus d’un mois, 28 brebis parcourront près de 300 kilomètres à travers la région pour promouvoir le pastoralisme et sensibiliser le public au métier de berger.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, près de 20% du territoire est concerné par le pastoralisme, selon la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) PACA. Pourtant, cette pratique d’élevage ancestrale reste méconnue du grand public. À Marseille, l’association Les Moutons Marseillais s’attache à la rendre plus visible.
Depuis quatre ans, la structure est à la tête d’un troupeau de brebis urbaines. Soutenue par la municipalité, l’association organise des transhumances ainsi que des activités pédagogiques dans les établissements scolaires et les Ehpad.
Depuis le 8 juin, la structure s’est lancée dans une transhumance régionale avec comme point de départ : le Domaine de la Bétheline basé dans le quartier de Château-Gombert (13e). Cet espace de 22 hectares situé au pied du Massif de l’Etoile est en réalité l’un des principaux lieux d’hivernage des moutons marseillais, où 11 d’entre eux ont grandi.
Reconnecter la ville aux activités agricoles
Cette grande transhumance permettra de traverser des quartiers, villages et villes jusqu’au 12 juillet. Vauvenargues, Meyrargues, Saint-Paul Les Durance-Valensole, Digne-les-Bains… Plus de trente communes constituent le parcours de 300 kilomètres jusqu’à Méolans-Revel, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Accompagné par dix bénévoles, le binôme de bergères est suivi par deux lamas, notamment pour jouer un rôle de protection vis-à-vis des loups.
Durant son voyage, ce drôle de cortège ira à la rencontre du public, notamment pour le sensibiliser à l’importance de cette activité. « Le pastoralisme est un ensemble de pratiques d’élevage et d’organisation du territoire liées à l’utilisation des espaces naturels pour le pâturage des troupeaux », contextualise Maïté Kaczmarek, bergère urbaine et coordinatrice de l’association créée il y a quatre ans.
« En pâturant, les brebis participent à la régénération des sols et à la préservation de la biodiversité », poursuit la bergère. Toute l’année, le troupeau des Moutons Marseillais participent ainsi à l’entretien de plusieurs espaces verts du territoire. Pour cela, le troupeau doit disposer d’une surface minimale de 5 000 mètres carrés, ce qui correspond à environ une semaine de pâturage.

Une cagnotte en ligne pour soutenir la démarche
Le samedi 6 juin, soit 48 heures avant le départ, l’association a invité le grand public pour parler de son projet, aux côtés de la maire des 13e et 14e arrondissements de Marseille, Tina Biard Sansonetti. Depuis le Domaine de la Bétheline, le public a pu participer à un atelier de marquage des brebis à la peinture.
Il permet de les identifier plus facilement durant le parcours. Le logo a été réalisé par Mathieu Vaillant, serrurier-métallier marseillais.
Si la transhumance repose exclusivement sur du bénévolat et sur la trésorerie de l’association, une cagnotte a été lancée sur HelloAsso. Selon l’association, ce projet nécessite un coût de plus de 50 000 euros. À ce jour, seule la ville de Marseille fait partie des partenaires institutionnels. Dans l’attente d’aides financières, l’association s’autorisera à proposer des temps pédagogiques durant le parcours. La distribution des repas est assurée par le traiteur du Pays d’Aix, ChouetteEnsemble.

