La filiale SNCF Voyageurs a remporté l’exploitation de deux lignes entre Marseille et les Alpes dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. Le contrat avec la Région Sud a été signé ce mercredi 6 mai en présence de Jean Castex, président du groupe SNCF.

La Région Sud franchit une nouvelle étape dans la transformation de son réseau ferroviaire. Quelques semaines après un point d’étape sur la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA), elle a signé avec SNCF Voyageurs le contrat « Sud Alpes Méditerranée ». Il s’agit du troisième lot ouvert à la concurrence sur le territoire. Mais il reste entre les mains de l’opérateur français historique, qui exploitera pour dix ans ces deux lignes entre Marseille et les Alpes.

D’un montant total de 2,25 milliards d’euros, le contrat prévoit une hausse de 30 % de l’offre ferroviaire. Deux axes structurants sont concernés : la ligne des trains express des Alpes entre Marseille et Briançon, et la liaison Marseille-Toulon-Les Arcs. La première concerne « 16 gares et un bassin d’environ 1 million d’habitants » entre Aix et les Alpes, rappelle Renaud Muselier, président de la Région Sud. Avec ce lot, « la quasi-totalité du réseau est globalement traitée ».

Plus de trains et de nouveaux équipements d’ici 2029

Dans le détail, 1,8 milliard d’euros seront consacrés à l’exploitation du service, 328 millions à l’acquisition de 25 rames neuves, et 46 millions à la modernisation du site de maintenance de Marseille-Blancarde, ainsi qu’à la création d’un nouveau site à Briançon, où se trouvait le PDG du groupe SNCF Jean Castex ce mardi.

Ce dernier y voit « l’aboutissement d’un long processus » rendu possible « grâce aux Jeux de 2030 ». « Nous avons un réseau un peu vieillot, il faut à tout prix le moderniser ». Au-delà du matériel, l’ancien Premier ministre insiste sur la rénovation des infrastructures ferroviaires, « la modernisation des voies, des aiguillages, de la signalisation », essentiels pour garantir la fiabilité du réseau.

Laisser « un héritage ferroviaire »

Une phase de préparation de quatre ans est prévue, avant une mise en service en décembre 2029. « Un calendrier très serré », reconnaît Renaud Muselier, à l’approche des JO. Cette montée en puissance vise à répondre à une demande déjà en forte croissance. « En dix ans, nous avons multiplié par deux la fréquentation des trains », affirme l’élu, avec une hausse de 26% du trafic, soit 5 millions de voyageurs.

Ces investissements constituent selon Jean Castex « un héritage ferroviaire pour des décennies, bien après les JO 2030. L’actualité montre que, plus que jamais, nous avons besoin de transports décarbonés ».

Des réserves s’expriment toutefois du côté des syndicats, notamment sur le transfert des personnels vers des filiales de la SNCF dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. Un changement de modèle qui, selon le président de la société nationale, « peut légitimement susciter des préoccupations » et qui nécessitera un accompagnement attentif pour garantir les conditions de travail des agents.

sncf, La SNCF remporte l’exploitation de deux lignes entre Marseille et les Alpes à l’approche des JO 2030, Made in Marseille
Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Région aux Transports, Renaud Muselier, Jean Castex, président-directeur général de la SNCF, et Christophe Fanichet, président directeur général de SNCF Voyageurs.

La LNPCA, colonne vertébrale du réseau à venir

Le contrat s’inscrit dans le chantier de la Ligne Nouvelle Provence-Côte d’Azur. Officiellement lancé par le président de la République en décembre dernier, sa première phase, estimée à 1,2 milliard d’euros, doit s’achever en 2030. Les opérations lourdes sur les infrastructures ferroviaires ambitionnent de doubler le nombre de trains et de voyageurs d’ici 2035, tout en facilitant l’accès aux épreuves des Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes.

Le nouveau train à grande vitesse TGV M doit quant à lui être inauguré « en juillet prochain », confirme Christophe Fanichet, président directeur de SNCF Voyageurs. Quatre trains de cette nouvelle rame de la compagnie ferroviaire circuleront sur l’axe Paris-Marseille avant un déploiement progressif sur d’autres lignes.

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