Une ancienne poudrière du fort Saint-Nicolas va se transformer d’ici 2029 en « campus du bâtiment durable ». Le chantier va servir de terrain d’apprentissage.
À Marseille, Bao Formation connaît bien la Citadelle. Créé en 2005, cet organisme de formation marseillais est implanté au sein du fort Saint-Nicolas qui fait actuellement l’objet d’une longue rénovation, à l’entrée du Vieux-Port. Il y accompagne depuis près de vingt ans des publics vers les métiers du bâtiment, de la restauration du bâti ancien et de la transition énergétique.
Le site accueille notamment des chantiers en lien avec l’association Acta Vista qui utilise la restauration du patrimoine historique comme un levier d’insertion professionnelle.
En 2027, cette activité prendra une nouvelle dimension avec la création d’un nouveau campus consacré au bâtiment durable sur environ 2 000 m2, espaces extérieurs compris. Porté par Bao Formation, le projet prévoit notamment de restaurer une « ancienne poudrière militaire du 17e siècle », indiquent les porteurs du projet.
Concilier préservation du patrimoine et nouveaux usages
« Un travail de conception est actuellement mené en lien étroit avec la Drac [Direction régionale des affaires culturelles, Ndlr] Paca afin de concilier la préservation de la valeur patrimoniale du site avec ses nouveaux usages et l’accueil du public », indique Thierry Seccia, directeur délégué de Bao Formation.
Mais ici, rénover ne signifie pas seulement restaurer. Le futur chantier devra aussi montrer comment faire évoluer un bâtiment ancien vers des standards plus durables, sans effacer ce qui fait son caractère.
« Parmi les différentes techniques mises à l’étude figurent les matériaux biosourcés, c’est-à-dire issus de matières renouvelables, et surtout le réemploi, avec l’idée de valoriser autant que possible les ressources déjà présentes sur le site, qu’il s’agisse de briques, de moellons ou encore de certaines boiseries », explique Thierry Seccia.
Former aux métiers du développement durable
Chaque année, Bao Formation forme environ 450 personnes à la maçonnerie du bâtiment ancien, pour un taux d’insertion de 70 %. Ainsi qu’une centaine à la rénovation énergétique, à l’isolation et à la pose de panneaux photovoltaïques, pour un taux de ré-emploi de 80 %.
La seule formation diplômante de l’organisme est un parcours d’un an consacré à la maçonnerie du bâti ancien. Les autres, d’une durée de deux jours à trois mois, sont des formations courtes conçues notamment pour faciliter l’accès à l’emploi, autour de la rénovation énergétique, de l’isolation ou encore du solaire.
Si ces différents parcours sont actuellement répartis dans plusieurs espaces du fort, dont trois plateaux pédagogiques, le chantier devra permettre d’aménager plusieurs ailes du fort pour accueillir les futurs espaces de formation.
Le futur campus doit permettre de délivrer des formations consacrées à la rénovation énergétique et à l’éco-construction, mais aussi des parcours de découverte des métiers et des temps de sensibilisation ouverts aux professionnels comme aux demandeurs d’emploi.
Aucun nouveau diplôme n’est encore arrêté à ce stade car « l’objectif est d’abord d’identifier les besoins de la région pour construire des formations adaptées aux évolutions des métiers. Aujourd’hui, nous sommes encore sur un marché émergent, car acheter du neuf reste souvent moins coûteux que récupérer et remettre en œuvre des matériaux déjà utilisés », partage Thierry Seccia.
Faire du chantier un outil pédagogique
Le projet est accompagné par le cabinet d’architecture Matonti-Politi, en charge de la conception et du suivi des travaux (maîtrise d’œuvre). Le cabinet coordonne les différents bureaux d’études intervenant sur l’opération, parmi lesquels Ostraka, société d’architecture et d’urbanisme basée dans le Vaucluse. Cette dernière accompagne le projet dans sa démarche de labellisation Bâtiments Durables Méditerranéens (BDM), portée par l’association EnvirobatBDM.
Si l'ouverture du campus n'est pas prévue avant septembre 2029, Bao Formation veut intégrer le chantier au programme. « Les travaux doivent permettre aux futurs apprenants d’observer les techniques de restauration d'un bâtiment historique », ajoute-t-il.
La future école, dont le nom sera défini d'ici son ouverture, bénéficie notamment du soutien de la Fondation du groupe Velux, à l’origine de l’AMI remporté au printemps 2025, et d’un cofinancement européen mobilisé dans le cadre du Fonds de transition juste, destiné à accompagner les territoires dans leur transition écologique. Déployé sur cinq ans, le budget global est de 2,5 millions d’euros.
