En 2025, l’ancienne ministre de la Culture Rachida Dati avait relancé le projet d’inscrire ou classer Notre-Dame de la Garde au titre des monuments historiques. L’arrêté préfectoral doit être publié dans les prochaines semaines.
La Bonne Mère veille sur Marseille, mais elle n’est pas protégée. En janvier 2025, la ministre de la Culture de l’époque, Rachida Dati, regrettait le faible nombre de bâtiments patrimoniaux marseillais protégés au titre des monuments historiques. Elle annonçait alors vouloir classer ou inscrire une cinquantaine de sites et monuments de la ville, en pensant « évidemment, à Notre-Dame de la Garde ».
En effet, la basilique, emblème incontesté de Marseille avec la statue monumentale de la Vierge à l’enfant fraichement redorée, ne fait l’objet d’aucune protection. Seule la colline jouit du titre de « site classé » sur 15 hectares. Un statut qui préserve surtout de graves attaques sur le paysage. Il date de 1917, pour protéger à l’époque des menaces de carrières de pierres.
Protéger la Bonne Mère avec le statut de « monument historique » ? Le débat existe depuis longtemps. Mais l’archevêché y a jusqu’à présent été défavorable. Beaucoup d’observateurs estiment que l’institution religieuse craint de perdre la main sur son bijou patrimonial. Toutefois, les annonces de Rachida Dati semblent avoir fait bouger les lignes.
Le préfet s’apprête à signer l’arrêté
Concernant le classement aux monuments historiques « ça va avancer. Les choses vont être réglées dans les prochains mois, avant Noël », nous répond le père Didier Rocca. Ce dernier vient de prendre ses fonctions en tant que nouveau recteur de Notre-Dame de la Garde (notre grand entretien à retrouver mercredi matin à la Une).
« Je viens d’arriver et je ne connais pas tous les détails. Je ne sais pas s’il s’agit d’une inscription ou d’un classement », nous confie-t-il. « Cette question est entre les mains du cardinal [Jean-Marc Aveline, Ndlr] et de la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) ».
Contactée, cette dernière nous confirme que « le projet d’arrêté a été envoyé à la préfecture pour signature la semaine dernière ». La protection officielle de la Bonne Mère au titre des monuments historiques semble donc imminente et pourrait intervenir plus rapidement que ne l’envisage son recteur.
Basilique, escalier, ancien fort, pont-levis… Le site protégé en totalité
La DRAC indique en effet avoir eu « l’accord du diocèse propriétaire sur la délimitation ». On connaît donc précisément la nature et le périmètre de la protection envisagés. Il s’agit d’une « inscription au titre des monuments historiques ». C’est le premier degré de protection, au niveau régional, plus souple concernant les interventions sur le site que le « classement » au niveau national.
Concernant le périmètre de protection, la DRAC nous confirme que l’ensemble du monument est concerné. « Il s’agit d’une inscription au titre des monuments historiques en totalité, de la basilique, de l’ancien fort avec ses bastions formant la grande terrasse supérieure ». Mais aussi « du grand escalier avec le pont-levis et des deux grands candélabres de l’architecte Dupoux sur le parvis bas ».