Atmosud estime que la qualité de l’air représente 10% des décès à Marseille. Chauffage au bois, transport routier et incendies sont au centre du viseur. Et malgré une baisse notable des émissions, la pollution reste élevée : la faute au réchauffement climatique.

La phrase est choc : « La principale cause d’insécurité à Marseille, c’est la qualité de l’air », lance Damien Piga, directeur des relations extérieures et de l’innovation chez Atmosud, l’agence régionale dédiée à la surveillance de la qualité de l’air. Il appuie ses propos avec des chiffres : « la pollution de l’air représente 780 décès prématurés à Marseille l’année dernière. C’est plus de 10% de la mortalité ».

Et quand on parle d’impact de la pollution de l’air sur la santé humaine, les particules fines sont l’ennemi public numéro 1. Leur principale source ? « Le chauffage au bois dans le secteur résidentiel », répond Atmosud.

Suivent les incendies, qui ont atteint des pics alarmants cet été, dans la région et en France. Avec des impacts sur la qualité de l’air. Souvenez-vous en 2025 lorsque les flammes avaient atteint les portes de Marseille. Atmosud avait lancé une alerte de santé publique pour un pic de pollution « jamais vu à cette échelle ».

« À l’échelle mondiale, les incendies représenteraient 100 000 morts par an. Et ils ont été multiplié par trois depuis 2010 », poursuit Damien Piga. « Et les méga feux du Canada impactent la qualité de l’air chez nous ».

qualité de l'air, La qualité de l’air est « la principale cause d’insécurité à Marseille » selon Atmosud, Made in Marseille

Premier coupable des alertes à l’ozone : le transport routier

Et si les particules fines sont les plus dangereuses pour la santé humaine, il ne faut pas oublier la pollution à l’ozone, également toxique car oxydant et irritant pour les tissus humains. Ce gaz représente la grande majorité des alertes pollution émises par Atmosud et la préfecture chaque année.

Principalement l’été, car c’est l’effet de la chaleur et du soleil (photochimie) qui transforme « une soupe de différents polluants en ozone ». L’ingrédient principal étant les oxydes d’azote.

Ici, le coupable numéro 1 sur le territoire : « c’est le transport routier, principal émetteur », précise Damien Piga. Derrière les voitures, camions et motos, viennent les navires. « Le transport maritime est le deuxième émetteur, juste devant l’industrie ».

Malgré une forte baisse de la pollution, la qualité de l’air ne s’améliore pas

Or, à part le maritime, ces secteurs ont connu de grandes baisses d’émissions ces dix dernières années. « La pollution routière a presque été divisée par deux (-48%), comme l’industrie (-44%) ou l’énergie (-43%). C’est principalement dû aux nouvelles technologies utilisées », analyse Damien Piga.

Alors comment expliquer que la qualité de l’air ne s’améliore pas ? « Car le réchauffement climatique, lui, augmente. Et il accentue les effets de la pollution ». Avec le phénomène qui crée les alertes à l’ozone, mais aussi avec les incendies, ou encore en accentuant le sirocco, qui crée des épisodes poussières désertiques venues du Sahara à Marseille, très nocif aussi en termes de particules.

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« Il faut donc continuer de baisser nos émissions de gaz toxiques, mais aussi de gaz à effet de serre. Souvent, ça va ensemble », explique le spécialiste d’Atmosud.

Depuis cinq ans, les Bouches-du-Rhône ont enregistré en moyenne 19 alertes à l’ozone chaque année. Avec ses 16 alertes, « 2026 ne semble pas une année exceptionnelle, mais ça reste bien trop », conclut-il.

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