Barquette, bette, tartane, mourres de pouar… Certains ont tendance à appeler toutes ces embarcations traditionnelles méditerranéennes des « pointus ». Mais comment les désigne-t-on vraiment à Marseille ?
On les croise dans tous les ports de Marseille et de Provence, avec leur proue et leur poupe symétriquement pointues, leur coque en bois typique, leur capian à l’avant et leurs voiles latines, suspendues par une antenne horizontale. Mais comment doit-on appeler toutes ces embarcations traditionnelles du sud-est de la France ?
« À Marseille, on dit ‘barquette’ », tranche définitivement Éric Benente, spécialiste de la question. Son association Batèu d’eici, à l’Estaque, valorise et sauvegarde ce patrimoine maritime. « On dit barquette dans toutes les Bouches-du-Rhône. C’est à partir du Var qu’ils appellent ces bateaux-là ‘les pointus’ ».
Mais pour le Marseillais, ce terme est « trop générique. C’est comme si on disait : ‘bagnole’. On n’arrive pas à identifier quelle bagnole c’est. Il y a plusieurs types de bateaux. Ils sont tous pointus, mais ils ont leurs différences ».
Barquette, bette, tartanes, mourres de pouar…
Ainsi, derrière ce que certains appellent « les pointus », on retrouve de nombreuses embarcations traditionnelles méditerranéennes différentes malgré leurs traits similaires. « Il y a les barquettes marseillaises, les bettes marseillaises, les tartanes, les mourres de pouar, les gourses niçoises… », énumère Érice Benente.
La particularité de la barquette ? « C’est un bateau en forme », décrit-il, en référence à la coque qui n’est pas à fond plat. « Généralement, on la reconnaît à l’avant, au capian », ce nez typique. Mais « sa caractéristique c’est aussi la voile latine ». Il s’agit d’un gréement suspendu à « une antenne », longue perche en bois hissée en haut du mât. « C’est important car elle laisse libre le bord, il n’y a pas de baume. Ça permet de travailler sur le bateau », alors que le système de voilure se déporte sur le côté.
En effet, tous ces bateaux traditionnels sont avant tout des outils de travail « et chaque bateau avait sa fonction. Les barquettes, le plus souvent pour la pêche. Les tartanes, plus grandes, étaient plus dédiées au transport. De tuiles, par exemple, comme ici avec les fabriques de l’Estaque, pour les amener au Vieux-Port. Les bettes, plus petites et rudimentaires, servaient plus aux petits pêcheurs ».
À l’Estaque, des associations font vivre ce patrimoine maritime
Sur le port de plaisance de l’Estaque, face aux baraques à chichis, on retrouve de nombreuses barquettes marseillaises. On retrouve des propriétaires dans au moins deux associations dédiées à la préservation et la valorisation de ces embarcations patrimoniales. Comme celle de Éric, Batèu d’eici, ou encore Lei Pescadou de l’Estaco.
Leurs barquettes seront représentées au milieu de dizaines de pointus dans le Var ce week-end, sur l’île de Port-Cros au large de Hyères. En effet, 10 marins ont pris la mer à bord de quatre bateaux marseillais ce jeudi pour participer au grand rassemblement annuel : « Pointus à Port-Cros ».