À quelques semaines des élections sénatoriales, le président de la Région Sud fait sa rentrée dans deux lycées aixois et un lycée d’Istres. L’occasion pour l’élu de faire le bilan de dix années de mandat, et de mettre en avant ses mesures en faveur du pouvoir d’achat et de la sécurité.
Cette année, 200 000 lycéens de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont rejoint les bancs des établissements publics et privés. Pour cette pré-rentrée des classes de seconde, des premières STMG et des classes préparatoires, le 1er septembre, le président de Région, Renaud Muselier (Renaissance), s’est d’abord rendu dans deux lycées aixois qui ont fait l’objet d’une récente rénovation : Paul-Cézanne (1 850 élèves) et Vauvenargues (1 700 élèves).
Pour l’élu, cette tournée des lycées intervient dans un contexte politique particulier. Encore président de la Région Sud pour quelques semaines, le candidat mène en parallèle sa campagne pour les élections sénatoriales du 27 septembre 2026 dans les Bouches-du-Rhône.
Il figure en deuxième position sur la liste menée par la sénatrice sortante Brigitte Devésa, devant Véronique Miquelly, maire d’Auriol, et Michel Pécout, maire de Graveson. Le scrutin, qui concerne huit sièges dans le département, se déroulera à la représentation proportionnelle.
Une éventuelle élection au Sénat ne signifierait toutefois pas, selon lui, un retrait complet de la vie régionale. « Je resterai au conseil régional. Je garderai notamment les Jeux olympiques d’hiver 2030 », a-t-il déclaré. Cette rentrée scolaire reste donc aussi, pour le président sortant, l’occasion de dresser le bilan de dix années de mandat.
Pouvoir d’achat et sécurité en ligne de mire
Cette année encore, le prix du repas reste fixé à 4,30 euros dans les cantines des lycées et sera maintenu à ce niveau jusqu’en 2028, pour un coût réel estimé à 13 euros pour la Région. 10 millions de repas seront servis cette année.
Même logique pour les transports. Le Pass ZOU! Études, qui permet aux jeunes scolarisés de 3 à 25 ans de voyager sur les réseaux concernés toute l’année, coûte 90 euros par an pour la rentrée 2026-2027. 50 000 passagers l’empruntent quotidiennement. Les familles répondant aux critères de revenus, ainsi que les familles nombreuses à partir du troisième enfant titulaire du Pass, peuvent bénéficier d’un tarif à 45 euros.
Pour la deuxième année consécutive, la Région estime l’ensemble de ces dispositifs à environ 2 200 euros d’économies annuelles pour une famille. « C’est conséquent, mais nécessaire », lance Renaud Muselier.
Durant sa présidence, l’élu a fait également de la sécurité des lycées un axe majeur de son action. « Cette année, 100 % des lycées publics sont couverts par 2 100 caméras de vidéosurveillance et la garde régionale est composée de 178 médiateurs », expose-t-il. Des portails anti-intrusion viennent compléter ce dispositif.
La lutte contre le harcèlement scolaire constitue un autre volet de sa politique. Depuis 2021, la Région en a fait une « grande cause régionale », avec un budget annoncé d’un million d’euros par an.
Une première rentrée scolaire sans téléphone portable ?
70 000 tablettes sont distribuées aux élèves de seconde, avec clavier et stylet, pour un investissement annoncé de 30 millions d’euros par an.
Et à Aix, la visite du président de Région intervient dans des établissements où la question de l’usage du téléphone a déjà été posée. Pour la rentrée 2026, l’État a décidé de généraliser une scolarité sans téléphone portable, de la maternelle au lycée.
Bien que le principe de l’interdiction ait été fixé au niveau national, chaque établissement doit en assurer la mise en œuvre concrète, notamment à travers son règlement intérieur. « Je suis contre », plante Renaud Muselier.
Du côté du rectorat d’Aix-Marseille, Benoît Delaunay, recteur de la région académique Provence-Alpes-Côte d’Azur et de l’académie d’Aix-Marseille, se montre confiant quant à l’application de la mesure dans les lycées. Il estime que celle-ci devrait pouvoir être intégrée aux règlements intérieurs des établissements.
La tournée de Renaud Muselier s’est clôturée au lycée Arthur-Rimbaud d’Istres. Avant l’échéance sénatoriale, il doit encore conduire plusieurs dossiers à la tête de la collectivité.
La rentrée régionale sera notamment marquée par la préparation du prochain budget régional. « Je travaillerai également à l’organisation de la majorité » et à la répartition des responsabilités au sein de l’exécutif régional, conclut Renaud Muselier.
