Renaud Muselier, président (Renaissance) de la Région Sud, a été investi ce matin par les LR en deuxième position sur la liste de la droite et du centre aux sénatoriales de septembre 2026, derrière la sortante Brigitte Devésa (UDI).
Renaud Muselier ne sera pas tête de liste. Le président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur a officiellement été investi ce matin par Les Républicains à la deuxième place de la liste de la droite et du centre pour les élections sénatoriales de septembre 2026, dans les Bouches-du-Rhône. Derrière la sénatrice sortante UDI Brigitte Devésa, qui conduira finalement le rassemblement.
Un recul contraint par l’alternance femme-homme
Le scénario n’était pourtant pas écrit d’avance. Le 8 avril dernier, Renaud Muselier avait annoncé qu’il mènerait lui-même la liste, prenant de court l’ensemble de la classe politique locale. Il avait sous-estimé la détermination des deux sénatrices sortantes.
Car les listes sénatoriales, comme les municipales, sont soumises à la règle de l’alternance femme-homme. En se positionnant en tête, le président de Région condamnait automatiquement la deuxième candidate féminine, Valérie Boyer (LR) à se retrouver en quatrième position, au risque de figurer hors des places éligibles.
« Il a fait preuve d’intelligence politique », a salué Brigitte Devésa dans le média Destimed. C’est aussi, et pour la première fois, une femme qui conduit une liste de la droite et du centre dans les Bouches-du-Rhône qui s’établit désormais ainsi : Brigitte Devésa en tête, Renaud Muselier en deuxième position, Valérie Boyer en troisième.
Le quatrième nom est encore en discussion, « on n’est pas pressé » répond Renaud Muselier. Même si vraisemblablement, ce devrait être un élu LR.
Des projections favorables pour sa liste
Si Renaud Muselier a accepté ce compromis, c’est aussi parce que ses calculs lui sont favorables. Les projections réalisées par son équipe sur un collège électoral estimé à 3 695 grands électeurs (conseillers municipaux, conseillers départementaux, métropolitains et régionaux) donnent à la droite et au centre un total de 1 670 voix environ, largement de quoi viser trois sièges, voire quatre.
Concrètement, en se basant sur les étiquettes des grands électeurs des Bouches-du-Rhône, la liste de la droite compterait 3,9 sièges, celle de la gauche 2,67 sièges, celle de l’extrême droite 1,31 siège, celle du centre 0,83 siège, et l’extrême gauche 0,08 siège. Restent les maires et conseillers sans étiquette qui représentent 0,28 siège en nombre de voix.
Pour décrocher un poste de sénateur, il faut atteindre à minima 462 voix. La deuxième place sur la liste de la droite et du centre constitue une position confortable pour Renaud Muselier. À titre de comparaison, lors des sénatoriales de 2020, la droite avait obtenu 1 243 voix pour trois sièges. La configuration actuelle lui est encore plus favorable.
Un pied à Paris, un pied à Marseille
Quoi qu’il en soit, Renaud Muselier quittera la présidence de la Région en septembre, qu’il soit élu ou non. « Mais je pars avec une certitude, celle d’avoir transmis », souligne l’intéressé, ajoutant que « le combat national face à l’extrême droite qui arrive est la mère des batailles, et je ne peux pas y participer en tant que président de Région ».
Il entend toutefois rester présent dans la vie politique locale, notamment comme conseiller régional spécial en charge des Jeux 2030 et des affaires européennes, et comme « garant moral » pour les prochaines élections régionales de 2028. La présidence du Sénat ? « Elle ne m’intéresse pas », balaye-t-il.
En attendant, sa succession à la tête de la Région est déjà fléchée. Son vice-président délégué au tourisme, François de Canson, est le candidat officieux désigné par Renaud Muselier. Interrogé sur le sujet, le maire de la Londe-les-Maures renvoie sans se dérober au « choix de [ses] collègues » conseillers régionaux.
