Alors que la commissaire enquêtrice vient d’émettre un avis favorable pour l’extension du tramway vers la place du 4-septembre, la Ville de Marseille se positionne aussi pour la réalisation du projet, en posant quelques conditions.
C’est un projet qui a connu de nombreux remous, mobilisant défenseurs et opposants, mais il devrait finalement se concrétiser. L’extension du tramway vers la place du 4-septembre, pilotée par la Métropole Aix-Marseille-Provence, a désormais le soutien de la municipalité.
La Ville de Marseille a fait connaître sa position à la Métropole le 16 juillet, quelques jours après la publication des conclusions de la commissaire enquêtrice, Clairette Gatineau, qui a émis un « avis favorable » suite à l’enquête publique.
« Des financements importants ont été mobilisés »
Dans une lettre adressée au président de l’intercommunalité, Nicolas Isnard (LR), le maire de Marseille Benoît Payan (DVG) rappelle en préambule que le projet « ne figurait pas parmi les priorités de la Ville » mais que, pour autant, « les études ont été réalisés, les procédures ont avancé, la concertation a eu lieu et des financements importants ont été mobilisés ».
L’édile note que 7,5 millions d’euros ont déjà été investis par la Métropole et que le projet bénéficie d’un « accompagnement financier majeur de l’Etat », à hauteur de 19 millions d’euros dans le cadre du plan Marseille en grand. Des « fonds sanctuarisés qui ne sont pas transférables sur un autre projet d’infrastructure ».
Dans son courrier, long de trois pages, Benoît Payan ajoute que l’enquête publique a permis de confirmer « les très fortes attentes en matière de mobilité ». Il considère que le projet « peut contribuer à améliorer les déplacements du quotidien dans un secteur particulièrement fréquenté ».
53,5% d’avis favorables du côté des citoyens
Dans les cartons depuis de nombreuses années, le projet de prolongement du tramway vers le quartier des Catalans est donc désormais sur de bons rails et devrait voir le jour d’ici 2030. Il concerne un tracé de 2,1 kilomètres et la création de quatre nouvelles stations le long du cours Puget, du boulevard de la Corderie et de l’avenue de la Corse.
Evaluée à 75 millions d’euros, cette extension doit permettre de desservir un bassin de 42 000 habitants. Cette perspective n’est cependant pas du goût de tous les habitants, lesquels se sont livrés bataille pendant un mois dans le cadre de l’enquête publique, organisée du 4 mai au 10 juin dernier.
Au total, 3 258 contributions numériques et papier ont été recensés par la commissaire enquêtrice qui a compté dans son rapport final 53,5% d’avis favorables, 43,9% d’avis défavorables et 2,6% d’avis neutres. Parmi les thématiques les plus abordées, elle liste l’intermodalité, la circulation, l’environnement, le stationnement, ainsi que les modes actifs, le coût et l’accès au littoral.
Des extensions au nord en contrepartie
Ce rapport de force, en faveur des partisans du projet, a peut-être pesé dans la prise de position de la Ville de Marseille qui a longtemps émis des réserves sur la pertinence de tracé, avant qu’un accord soit trouvé avec la Métropole au printemps 2025.
En contrepartie, l’intercommunalité s’était engagée à avancer également sur les extensions de tramway au nord, priorisées par la mairie, en direction de La Castellane et de la Belle de Mai. Mais l’évocation par la présidente de la Métropole, Martine Vassal (divers droite), d’un possible prolongement du tramway des Catalans vers la Corniche Kennedy avait remis le feu au poudre.
Et la maire réélue des 1-7, Sophie Camard, membre de la majorité municipale, avait finalement fait campagne ces derniers mois pour un projet alternatif de bus en site propre.
Des points d’attention sur la circulation et le stationnement
Aujourd’hui, « au regard des efforts engagés », le maire de Marseille clôt le débat et invite la Métropole à poursuivre le projet. Mais il pose néanmoins quelques conditions.
Il demande « que les boucles circulatoires soient revues afin de garantir la facilité d’accès à la rampe Saint-Maurice et aux différents tunnels et d’éviter l’engorgement des quartiers environnants ». Il souhaite également que « les solutions de stationnement soient dimensionnées à la hauteur des besoins des habitants et que les continuités cyclables soient assurées ».
Il estime pour finir que sa position est fondée « sur les besoins de mobilité des habitants, sur l’intérêt général et sur la bonne utilisation des investissements publics. Il serait irresponsable, pour un décideur public, quelle que soit sa sensibilité, de faire perdre aux Marseillaises et aux Marseillais les millions d’euros déjà engagés ».