Depuis 1873, l’entreprise familiale marseillaise Huiles Coulomb s’est imposée comme un acteur historique de la distribution d’huiles alimentaires, au service des particuliers et des professionnels de la région.
Au bout du boulevard Rey à Marseille (9e), Huiles Coulomb perpétue depuis plus d’un siècle et demi, une activité essentielle à la restauration provençale. Fondée en 1873, cette maison marseillaise spécialisée dans le conditionnement et la distribution d’huiles alimentaires, figure parmi les Centaures, le cercle des sociétés centenaires de la région.
Dans la cour de l’atelier, les trois fourgons couleur vert bouteille de l’entreprise attendent leur prochain départ. Sur les côtés des camionnettes, une inscription en lettres dorées rappelle l’ancienneté de la maison : « Fondée en 1873 ».
Chaque semaine, plusieurs milliers de litres d’huile d’olive, de pépins de raisin, de tournesol, de friture et de colza transitent par les douze cuves de l’entreprise avant d’être livrés aux restaurateurs, particuliers et épiceries de la région.
L’attachement à l’histoire familiale
Après une matinée de livraisons, Matthias Grimaldi nous reçoit. À 30 ans, il codirige l’entreprise avec ses parents, Monique et Daniel Grimaldi. Sixième génération aux commandes, il a rejoint les Huiles Coulomb en 2021 alors que la question de la transmission se posait. « La vente de la maison n’était pas une hypothèse envisageable », tient à souligner le trentenaire qui baignait déjà au sein de l’entreprise durant les vacances d’été.
Dans le bureau de l’atelier, une photographie de famille ravive la mémoire de la maison. « On y voit mon grand-père qui s’apprêtait à vendre l’huile à la louche pendant la guerre », se remémore Monique Grimaldi. À cette époque, les particuliers apportaient leurs propres contenants pour acheter l’huile au détail.
L’huile d’olive et l’huile d’arachide constituaient le cœur de l’activité qui a démarré au boulevard de la Corderie, à Marseille (7e). Jusqu’en 1976, c’était 80% de particuliers et 20% de restaurateurs. En 1994, le père de Monique Grimaldi fonde la société mère « Veuve Coulomb et fils », en hommage au décès de son père.
Faire face au contexte économique
Dès son arrivée, Matthias endosse le rôle de responsable commercial avant d’être nommé co-dirigeant aux côtés de ses parents. Administratif, livraison, remplissage… « Il me fallait de la légitimité pour pouvoir parler de la société auprès des salariés mais aussi des clients », justifie-t-il. Diplômé d’une école des sciences et techniques commerciales, il n’a pas de mal à négocier avec les producteurs.
En juillet et août, la production dépasse les 20 000 litres d’huile de tournesol et atteint près de 9 000 litres d’huile d’olive. L’huile de tournesol reste le produit phare auprès des restaurateurs, tandis que l’huile d’olive séduit davantage les particuliers. L’atelier adapte son rythme de production à la demande, avec une activité possible sept jours sur sept.
Comme ses concurrents, Matthias et ses parents ont dû faire face à un contexte économique tendu pour la filière de l’huile d’olive. Leurs deux producteurs sont basés en Andalousie, en Espagne et en Ligurie, en Italie. En 2023, les mauvaises récoltes observées dans plusieurs pays producteurs du bassin méditerranéen ont réduit les volumes disponibles. Résultat : les prix ont flambé. « Le litre d’huile d’olive pouvait atteindre 10 à 11 euros pour les professionnels, contre 5 à 6 euros hors période de crise », précise Matthias.
L’entreprise reçoit deux fois par semaine les huiles dans des cuves de 1 000 litres. Dès leur réception, les magasiniers se mettent au travail à partir de 6h30. Les cuves sont reliées aux cuves de stockage de l’atelier. Réglées pour remplir des bidons de 5 ou 10 litres, elles tournent une bonne partie de la journée. À la fin du service, entre 200 et 300 bidons d’huile d’olive et de tournesol ont été préparés.
Moderniser sans dénaturer l’image de l’entreprise
Au quotidien, Matthias reconnaît pouvoir compter sur ses parents pour s’imprégner de l’identité de la maison. De son côté, il contribue à son développement en y apportant un regard neuf, notamment sur le plan commercial.
Huit bouteilles sur dix sont déjà utilisées par des restaurateurs de Marseille, Toulon, Salon-de-Provence et des Saintes-Maries-de-la-Mer. Parmi les clients figurent notamment des chefs cuisiniers réputés, dont Gérald Passedat et Guillaume Sourrieu, qui a dirigé les cuisines étoilées de L’Épuisette durant vingt-trois ans. Matthias recommande de faire grossir le portefeuille clients de particuliers et d’épiceries fines de 20 à 60%.
En hommage à son grand-père, le jeune dirigeant a également développé une gamme 100% italienne d’huile d’olive sous la marque Nipote (« petit-fils » en italien). Les produits, vendus en épiceries marseillaises et sur Internet contribuent à diversifier l’activité de la maison. Les ventes en ligne représentent entre 5 et 10% du chiffre d’affaires. Matthias a visiblement visé juste.