Fraîchement arrivés à la tête de la Soleam, Paul Colombani et Michel Roux se montrent confiants pour sortir des blocages et relancer les opérations sur tout le territoire.
Lionel Royer-Perreaut, Yves Moraine, Gérard Gazay… La Soleam aura vu les présidents défiler ces dernières années, presque au même rythme que les entraineurs de l’OM. Le symbole que la société publique locale d’aménagement, qui gère des petites et grandes opérations sur le territoire métropolitain, n’était pas un cadeau.
Autant sur le plan de la gestion de ses 60 collaborateurs, avec une « crise de confiance au sein des équipes » décrite par Yves Moraine, que sur la gestion financière et opérationnelle, avec un tarissement des projets, quand d’autres s’enlisaient. La chambre régionale des comptes n’avait pas manqué de pointer les défaillances de cet outil stratégique.
Un état des lieux que reconnaît d’ailleurs le nouveau duo à la tête de la Soleam. D’abord le directeur général, Paul Colombani, arrivé en septembre dernier après avoir dirigé l’opération nationale Euroméditerranée. Puis le président élu cette semaine, Michel Roux : « je connais bien la maison. Je suis vice-président depuis deux ans et dans la commission d’appel d’offres depuis six ans ».
La Soleam : aménageur au service des collectivités publiques actionnaires
La société publique locale est un outil qui mène des opérations pour les collectivités qui en sont actionnaires. La plus importante étant la Métropole Aix-Marseille-Provence (66%), suivie de la Ville de Marseille (17%), du Conseil départemental (15%). Puis d’Allauch, Aubagne, La Ciotat, Marignane, Roquefort-la-Bédoule et Salon-de-Provence, qui se partagent 1% des parts.
La Soleam doit retrouver l’équilibre financier « en 2026 »
Michel Roux insiste toutefois sur le virage opéré dernièrement. « La Soleam est en redressement financier important ». Il évoque par exemple la « recapitalisation de la Métropole il y a deux ans », juste après l’entrée du Département au capital en tant que « puissance financière », avec l’espoir d’un appel d’air.
« Le budget annuel de la Soleam se situe autour de 32 à 35 millions d’euros aujourd’hui. C’est encore insuffisant », pointe Paul Colombani. Le directeur général rappelle que « nous sommes toujours déficitaires en 2025. Nous devrions trouver l’équilibre en 2026, et reconstituer nos fonds propres en 2027 et 2028 », projette-t-il.
Le duo de tête de la Soleam mise sur une nouvelle dynamique de la société grâce à de « nouvelles opérations » que lui confieront ses actionnaires, alors qu’elle en gère une trentaine aujourd’hui. Paul Colombani rappelle d’ailleurs que la Soleam peut répondre « à toutes les demandes. Nous avons cinq métiers : l’aménagement, la construction, le renouvellement urbain, les infrastructures et le foncier ».
« Les chicayas politiques marseillais ont bloqué cet outil »
Alors comment justifier la perte de vitesse de la société publique locale ces dernières années ? Le nouveau président, Michel Roux, estime que la Soleam a été politisée. « Elle était le bras armé de certaines collectivités […] Les chicayas politiques marseillais ont bloqué cet outil », analyse-t-il.
Elle a, selon lui, suivi les mêmes déboires que la Métropole, son principal actionnaire. Depuis 2020, la droite marseillaise était aux commandes de l’intercommunalité et de la Soleam, alors que la gauche dirigeait la Ville. Une situation bloquant de nombreux projets.
Ce problème « le sera beaucoup moins sous ma présidence », promet Michel Roux. « La politique n’a rien à faire dans cet outil technique qui doit rester au service des collectivités. C’est une vraie volonté que nous avons ». La même promesse, en somme, que Nicolas Isnard, son maire à Salon, devenu président de la Métropole qu’il souhaite « transpartisane », « œcuménique » et « au service des communes ».
Anse du Pharo, Capelette, Vallon Régny… La relance des projets marseillais ?
Une promesse qui s’est un peu heurtée à la réalité politique ces derniers temps. Avec quelques couacs, justement, dans l’élection des présidents de certains outils de la Métropole. Comme l’Epage Huca, qui gère des cours d’eau, que l’élu marseillais Anthony Krehmeier (PS) a perdu face au maire (LR) de Plan-de-Cuques. Ou l’agence d’attractivité et de tourisme One Provence Promotion, remportée par Bernard Deflesselles (LR) battant par surprise Arnaud Drouot, proche de Benoît Payan.
Même schéma à la Soleam, que briguait l’adjointe marseillaise à l’urbanisme Audrey Gatian (devenue depuis présidente de la SPLA-IN) raconte Michel Roux. « C’est la démocratie », commente-t-il. En rappelant que Sophie Camard, maire de secteur divers gauche à Marseille, a été élue vice-présidente de la société publique d’aménagement, et pourra suivre de près les dossiers marseillais.
Comme le réaménagement de l’anse du Pharo en village nautique, enlisé depuis des années. Ou encore les grandes opérations à la Capelette, ou la ZAC Vallon Régny, dossier le plus important porté par la Soleam à Marseille. Michel Roux comme Paul Colombani assurent que tous ces chantiers vont se relancer prochainement.
