L’adjointe marseillaise à l’urbanisme, Audrey Gatian (PS), a été élue présidente de la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national (SPLA-IN) Aix-Marseille-Provence. La gauche marseillaise continue d’investir des outils de la Métropole, malgré quelques sérieux couacs politiques.
16 voix sur 17. Audrey Gatian (PS), adjointe à l’urbanisme de la Ville de Marseille, a pris la tête de la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national (SPLA-IN) Aix-Marseille-Provence, ce lundi 1er juin. Elle succède à David Ytier (LR). L’élu de Salon-de-Provence, présidait jusqu’alors cet établissement créé en 2020, suite aux effondrements de la rue d’Aubagne, afin de traiter les poches d’habitat indigne et dégradé à Marseille.
« Je sais a quel point les outils de la Spla-in sont très solides, de grande qualité et de grande compétence », a déclaré la nouvelle présidente. « On continue le travail […] on a encore beaucoup de choses à faire ».
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De son côté, David Yitier nous avait confié il y a quelques semaines son désir de poursuivre le travail à la tête de l’opérateur. Mais il restait « ouvert » à un changement de présidence, dans « l’esprit de concorde qui a régné jusqu’à présent » au sein de la société publique.
Le « monsieur finances » de la Métropole nous indiquait qu’il continuerait, quoiqu’il en soit, à mettre ses compétences au service des « gros sujets financiers » au cœur des opérations de la SPLA-IN, où il siège encore au conseil d’administration.
Un exemple de la nouvelle métropole « transpartisane » ?
Ce changement de présidence rentre en effet dans la logique de gouvernance « transpartisane et œcuménique » prônée par le nouveau président de la Métropole, le maire de Salon, Nicolas Isnard (LR). Sa prédecesseure Martine Vassal avait écarté la majorité marseillaise de gauche de la gouvernance et des outils satellites, tels que la SPLA-IN, dont la Métropole est actionnaire majoritaire.
Au contraire, lors de sa prise de fonctions, Nicolas Isnard a ouvert des postes clés aux élus de la majorité municipale de Marseille. Ces derniers ont récupéré un quart des vice-présidences de l’intercommunalité.
Ils ont également hérité de nombreux sièges dans les conseils d’administrations des organismes, sociétés publiques, opérateurs et régies de la Métropole qui concernent Marseille. Comme la RTM, dont Samia Ghali (divers gauche) est devenue présidente, ou la SPLA-IN qui revient à Audrey Gatian.
Epage, Soleam, One Provence… Les limites de l’entente politique
Mais cet esprit de concorde entre la gauche et la droite métropolitaines a ses limites. De premiers couacs sont intervenus pour un siège au conseil de surveillance du Grand port maritime que le proche de Benoît Payan, Arnaud Drouot, revendiquait au détriment de Martial Alvarez (divers centre, Port-Saint-Louis-du-Rhône).
Un peu plus tard, un mélodrame politique a eu lieu autour de la présidence de l’Epage Huca, le syndicat mixte en charge des bassins côtiers de l’Huveaune et des Aygalades. Le maire (PS) des 2e et 3e arrondissements de Marseille, Anthony Krehmeier, briguait sa présidence. Mais les membres du bureau ont préféré le maire (LR) de Plan-de-Cuques, Laurent Simon, créant de vives tensions comme le rapporte La Provence.
Le quotidien local a également raconté l’imbroglio politique autour de l’élection du nouveau président de One Provence Promotion, agence d’attractivité et de tourisme métropolitaine. Bernard Deflesselles (LR) a battu par surprise Arnaud Drouot. Ce dernier, vice-président au tourisme et à l’attractivité de la Métropole, en revendiquait naturellement la présidence et expliquait avoir un accord avec Nicolas Isnard.
Enfin, la Société publique locale d’aménagement (Soleam), outil majeur de l’aménagement du territoire, a également échappé à un élu marseillais. Michel Roux, adjoint au maire LR de Salon-de-Provence, a été élu président. Toutefois, la maire des 1er et 7e arrondissements de Marseille, Sophie Camard, est devenue vice-présidente pour suivre les dossiers de la ville-centre.

