Le Miaraka, un porte-conteneurs à voiles de 91 mètres, reliera Marseille et Madagascar à partir de 2027. Le baptême de ce navire innovant pensé pour décarboner le transport maritime aura lieu dans la cité phocéenne l’été prochain.

Le projet est né en Bretagne, prendra attache au port de Marseille, puis assurera la liaison maritime avec Madagascar à partir de 2027. Mais en attendant, c’est en Turquie que la construction de ce trois-mâts géant, un porte-conteneurs à voiles de 91 mètres, se déroule au chantier naval RMK Marine pour un coût de 28,5 millions d’euros.

« La coque prend forme et la quille du navire vient d’être assemblée. On espère faire le baptême du Miaraka en grande pompe à Marseille, idéalement sur le quai du J4 au pied du Mucem, l’été 2027 », se réjouit Alice de Cointet, directrice opérationnelle de Windcoop.

La coopérative d’intérêt collectif a débuté en 2022 sous l’impulsion de dirigeants de trois sociétés réunies par la volonté de décarboner le transport maritime : Zéphyr & Borée, société pionnière dans les cargos à voiles, la marque d’épices Arcadie et Enercoop, spécialiste de l’énergie renouvelable.

Leur projet ? Créer une ligne régulière entre Marseille et Madagascar via un cargo pouvant charger jusqu’à 210 conteneurs de 20 pieds (EVP), soit environ 2 500 tonnes de marchandises. Avec ses 1050 m² de voiles rigides qui atteindront 62 mètres de haut, le trois-mâts réduira « de 60% environ les émissions de CO2 comparé au transport classique », estime Alice de Cointet.

miaraka, Miaraka, le porte-conteneurs à voiles du futur inauguré à Marseille l’année prochaine, Made in Marseille
Crédit : Windcoop

Deux fois plus cher, mais il séduit déjà les clients

Windcoop prévoit déjà de remplir les cales du Miaraka d’épices, cacao, vanille, café et textiles produits à Madagascar. Mais aussi, dans l’autre sens, « ramener des produits agroalimentaires européens à Madagascar », précise la directrice opérationnelle de la coopérative. « Ou encore, des matériaux pour Bouygues qui mène des opérations là-bas ». 

Alice de Cointet explique que les clients répondent déjà présents et la commercialisation de cette future ligne semble déjà engagée. « On table sur un remplissage de 70% et un chiffre d’affaires prévisionnel de dix millions d’euros ».

Pourtant, « notre prix est plus élevé que dans le transport classique. De l’ordre du double ». Alors pourquoi les clients choisissent le Miaraka ? « Certains sont attirés par la démarche environnementale et RSE (Windcoop mise sur des conditions de travail éthiques pour le personnel navigant, Ndlr). Mais c’est surtout le ‘transit time’ qui les motive : on est concurrentiel sur la durée de navigation », décrypte-t-elle.

Là encore, il faut comprendre un autre paradoxe : propulsé principalement à la voile, le Miaraka sera plus lent. « Il naviguera à 9 nœuds en moyenne, contre 15 environ pour un cargo moteur. Mais c’est une ligne directe et sans transbordement (changement de navire pour les marchandises). Au final, on assure un transport fiable en 30 à 40 jours, contre 40 à 100 jours pour les autres ».

« Un honneur que Marseille devienne le port d’attache du Miaraka »

Windcoop a organisé une rencontre publique pour présenter le projet à un an de son lancement. La soirée s’est déroulé ce jeudi 28 mai au Tiers-lieu Marseille Capitale de la Mer sur le Vieux-Port. Capucine Edou, nouvelle adjointe au maire en charge du littoral et de la transition écologique et énergétique, était présente. « Ce très beau projet est au croisement exact de mes délégations », se réjouit l’élue.

« Le projet de Windcoop est au cœur de toutes nos ambitions et de l’ADN de Marseille : la durabilité des activités maritimes, la décarbonation du port. Mais aussi la dimension coopérative et sociale, alors que la ville est un haut lieu de l’économie sociale et solidaire (ESS). Pour toutes ces raisons, c’est une joie et un honneur que Marseille devienne le port d’attache du Miaraka » conclut l’adjointe.

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Alice de Cointet (tout en noir), Capucine Edou (derrière le drapeau) et les équipes et partenaires du projet ce jeudi 28 mai à Marseille. © Adrien Cordier
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