Une pinède sur le littoral Sud, une trame verte sur le viaduc de Plombières, un parc sur l’hippodrome Borély… Quels sont les projets de végétalisation des candidats aux municipales 2026 à Marseille ?

C’est le sprint final pour les municipales 2026 à Marseille. Alors que les électeurs voteront pour leur futur maire ce dimanche 15 mars, les candidats tentent de convaincre, notamment avec leurs programmes. Mais qui propose quoi ? Made in Marseille vous a proposé les interviews exclusives de chacun des prétendants, ainsi qu’une série d’articles comparatifs sur des thématiques.

Dernier sujet de cette série : les parcs et espaces verts. Comme nous vous l’avons rapporté lors d’un débat sur l’écologie, tous les candidats sont sur la même ligne concernant la végétalisation de la ville. Face au réchauffement climatique et au risque d’inondation, chacun d’eux souhaite planter autant d’arbres et plantes que possible dans les rues, espaces publics et écoles pour répondre à un triple enjeu : créer des îlots de chaleur, désartificialiser les sols et favoriser la biodiversité.

Mais hormis ce verdissement général de la ville, quels sont leur projets phares de créations d’espaces verts. Grands parcs, trames aériennes ou coulées vertes… Découvrez les ambitions des prétendants à la mairie de Marseille.

Parc de l’Étoile, Pinède jusqu’à la Pointe Rouge… La vision de Benoît Payan

Il y a quelques mois, alors qu’il n’était pas encore officiellement candidat, lors du dernier conseil municipal de sa mandature, le maire sortant Benoît Payan (divers gauche) a fait voter plusieurs projets de parcs. Celui de l’Annonciade sur deux hectares, d’Air Bel sur trois hectares. Ou encore le principe de rachat de 13,7 hectares du parc Foresta, à la Viste (15e), pour « en faire un espace ludique destiné aux habitants ».

Mais dans sa campagne officielle, la tête de liste du Printemps marseillais a fait sa première annonce lors de sa grande interview sur Made in Marseille. Il souhaite créer « un très grand parc de plusieurs milliers d’hectares dans le massif du Pic de l’Étoile » au Nord de Marseille. Il s’agit déjà d’un espace naturel apprécié des promeneurs, mais « on veut vraiment faire un écoparc, un relais-nature » avec « une maison du parc à l’entrée. On va aussi proposer des aires de repos, des espaces où les gens peuvent manger avec des food trucks de qualité ». Un projet qu’il chiffre à 3 millions d’euros.

Au détour de son « plan pour le littoral », prévu sur « 20 à 30 ans », il imagine trois trames vertes et bleues pour relier les collines et la mer, en suivant notamment des cours d’eau. Avec notamment « la création d’une voie verte le long du canal de Marseille aux Chutes-Lavie jusqu’à Sainte Marthe ». Le candidat du Printemps marseillais souhaite aussi réaliser une grande pinède côtière qui irait des plages du Prado jusqu’à la Pointe Rouge.

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La pinède envisagée sur le littoral sud. Crédit : Pierre-Louis Leclercq

L’élu a également annoncé vouloir réaménager un parc existant, celui qui s’étend sur la colline au pied de Notre-Dame de la Garde. Il s’agirait surtout d’une amélioration de cet espace vert déjà prisé.

Enfin, le programme du candidat vise « la démolition du viaduc de Plombières qui reste un des points noirs de rupture urbaine entre les quartiers ». À la place, la tête de liste pour le secteur des 2e-3e, Anthony Krehmeier, imagine « une coulée verte ».

LFI et Vaï : trame verte sur Plombières, forêt en haut de la Canebière

La passerelle de Plombières intéresse aussi Sébastien Barles, actuel adjoint à la transition écologique qui a rejoint la liste de Sébastien Delogu (LFI). Mais l’écologiste n’entend pas détruire le viaduc : « un réflexe du passé, couteux et impactant ». Il souhaite garder l’ouvrage pour le transformer en « trame verte aérienne. Comme à Paris avec l’ancienne voie ferrée ou la High Line de New York. La mutation d’une infrastructure écocidaire en corridor écologique et social est un geste politique et poétique porteur de sens ».

Autre sujet sur lequel les visions se rapprochent mais divergent avec le Printemps marseillais : la coulée verte côtière de Borély à la Pointe Rouge. « Nous sommes contre une pinède, qui n’a aucun intérêt écologique et est très inflammable. Nous souhaitons la créer, mais avec des essences locales. », explique Victoire Diethelm, sur la liste LFI-Vaï.

Sur la question de la végétalisation, la liste menée par les insoumis mise sur la végétalisation tous azimuts portée par la dynamique citoyenne. Des parcs dans toutes « les friches urbaines à caractère naturel », le verdissement des places, des rues, la renaturalisation des cours d’eau urbains… Avec une « priorité pour les quartiers populaires, les plus artificialisés ».

Corniche Kennedy, les quais du Vieux-Port, le toit du centre Bourse sont pour eux autant de sites qui doivent voir pousser une jungle urbaine. En insistant sur le principe de « micro-forêts », notamment en haut de la Canebière, dans le triangle avec les allées Gambetta et les Réformés.

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Le projet de trame verte sur le viaduc de Plombières de Sébastien Barles. © Dimitri Szuter

Pour Martine Vassal, un parc sur l’hippodrome Borély et au centre Bourse

La liste de Martine Vassal (droite et centre), mise aussi sur la végétalisation générale des espaces publics et des ruisseaux urbains. Comme la trame verte sur environ 14 km le long de l’Huveaune, déjà engagée par la Métropole. Elle devait aboutir en 2026, ce qui ne semble plus réaliste, mais la liste divers droite, qui dirige l’intercommunalité, l’a remise en avant lors d’une récente conférence de presse de campagne.

Martine Vassal a également lancé de grandes annonces d’espaces verts dernièrement. La première concerne le littoral sud, autour de l’Escale Borély. Elle souhaite rénover ce secteur autour de l’idée de « station balnéaire », et de plages privées sécurisées. Mais juste derrière, elle veut récupérer les 8 hectares de l’hippodrome, dont le bail prend fin en 2029, pour créer le « Parc du XXIIe siècle » avec des « parcours sportifs et de santé, des activités de plein air et d’aventures, des ateliers, des plans d’eau », en extension du parc Borély.

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L’immense terrain de l’hippodrome Borély en bord de mer.

La tête de liste de la droite et du centre porte également un projet de nouveau parc dans l’hyper-centre de Marseille, au centre Bourse. En effet, depuis le départ des Galeries Lafayette, tous les candidats y vont de leur idée pour transformer le centre commercial historique. Pour sa part, la candidate a réalisé une consultation en ligne. « Ce qui est ressorti c’est l’idée de faire une formation pour les métiers de bouche et un parc ».

Pour réaliser ce nouveau parc public, en extension du jardin des vestiges, elle envisage de détruire une partie du bâti. « Il faut tout ré-imaginer », lance-t-elle, se projetant sur un temps long pour « travailler sur le projet », et sur le privé pour le financer.

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Visuel du projet de parc au centre Bourse réalisé par IA présenté par Martine Vassal.

Espaces verts et jardins à la place de projets immobiliers pour Franck Allisio

Le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio, n’a pas souhaité faire de grandes annonces concernant de nouveaux espaces verts à Marseille. Il compte d’abord « réhabiliter les parcs, jardins et plages pour en faire des espaces conviviaux », décrit son programme. Pour viser cette « convivialité », il mise notamment sur son « Pass famille-minots-seniors » afin d’exclure les jeunes et leurs nuisances, ce que la loi ne semble pas autoriser.

Sur le fond, le candidat d’extrême droite insiste pour faire une « pause sur la bétonisation et la surdensification opérées par la Métropole et la Ville dans les noyaux villageois dont les équipements publics ne sont pas adaptés : fin de la logique ‘toujours plus de constructions’ ».

À la place, il veut créer des « espaces verts et jardins pour enfants sécurisés, en remplacement de projets immobiliers sur des dents creuses dans les noyaux villageois ». Ils seront bien sûr « réservés aux familles et aux seniors grâce au ‘Pass famille-minots-séniors’ ».

À l’échelle de Marseille, Franck Allisio porte un plan « nature et fraicheur en ville » pour « donner aux Marseillais plaisir et envie de déambuler dans Marseille notamment en période estivale ».

Erwan Davoux veut « des espaces verts adaptés au climat méditerranéen et des toitures végétalisées »

De son côté, le candidat sans étiquette Erwan Davoux (divers centre) ne porte pas non plus de grand projet « vitrine » de parc. Mais plutôt une ambition de « revégétaliser la ville » pour la rafraichir face aux enjeux climatiques, rappelant « le scénario plus que probable de +4°C pour 2100 ».

Il entend ainsi « implanter des espaces verts adaptés au climat méditerranéen et des toitures végétalisées pour lutter contre la chaleur urbaine et favoriser la biodiversité ».

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