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À Marseille, cinq nouveaux agriculteurs urbains bio s’installent du côté de Sainte-Marthe et Saint-Menet. Ils remettront en culture 11,5 hectares de terres en friche dans la ville. Cet appel à projets, porté par la Métropole Aix-Marseille-Provence en collaboration avec la municipalité, devrait se renouveler dès l’année prochaine.

Cinq nouveaux agriculteurs bio s’installent à Marseille. Dans le cadre de son plan d’action en faveur de l’agriculture urbaine lancé en 2019, la Métropole Aix-Marseille-Provence a lancé un appel à projets pour remettre en culture des terres maraîchères historiques après des années d’inactivité : trois lots à Sainte-Marthe (14e) pour 9 hectares, et un lot de 2,5 hectares à Saint-Menet (11e), au lieu-dit de la Maussane.

C’est sur ce dernier que la collectivité présentait les lauréats retenus par un jury composé d’élus de la Métropole, de la Ville de Marseille, des mairies de secteur concernées, ou encore de représentants de la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône.

« Cinq agriculteurs qui s’installent dans une grande ville en France, c’est rare, vous pouvez chercher », se vante Christian Burle, vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence délégué à l’Agriculture, la viticulture, l’alimentation et les circuits-courts.

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Les agriculteurs lauréats de l’appel à projets.

100 % reconversion

Puis, se tournant vers quatre lauréats présents pour l’occasion : « À vous de réussir ! Le retour à la terre des jeunes fait vraiment plaisir ». Pourtant, les cinq agriculteurs urbains, « deux femmes et trois hommes, à l’image de la moyenne nationale », ont entre 30 et 42 ans. S’ils sont jeunes, c’est surtout dans l’agriculture, et dans la ville, puisque tous se sont récemment reconvertis et ont posé leurs valises à Marseille.

Comme Jean Walter, 36 ans, qui prend possession du terrain de Saint-Menet pour le cultiver en maraîchage bio. Ingénieur en électromécanique, « je ne me voyais pas continuer 30 ans de plus ». À Marseille depuis quelques années, son inscription dans un réseau de distributions de paniers de légumes bio a été le déclic. « J’ai passé mon Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA) en 2019 ».

Florence Schlottke arrive d’Aubagne. Elle a travaillé dans le domaine social avant de devenir conductrice de travaux dans de grands groupes de BTP. « Je passe de zone à urbaniser à zone à cultiver ! Je suis ravie de m’installer à Marseille », se réjouit-elle. Pour sa part, elle a séduit le jury avec son projet proposant des légumes bio à prix accessibles pour tous.

« C’est très bien les vocations. Et on espère qu’ils vont en susciter pour d’autres, rebondit Claude Rossignol, vice-président de la Chambre d’agriculture. Ça montre que ce n’est plus une obligation d’être issu d’une famille de paysans pour cultiver. Vous avez le devoir de réussir pour les autres agriculteurs, leur lance-t-il. Car vous êtes en contact avec la population, sur les marchés, avec le circuit-court. Vous êtes la vitrine de l’agriculture ». 

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Visite de la parcelle de 2,5 hectares de Saint-Menet.

« Coup de pousse » aux nouveaux agriculteurs urbains

Rémy Van Den Bussche, 34 ans, arrivé de Venelles, a remporté un lot de 1,6 hectare à Sainte-Marthe. Il cultivera des maraîchages divers « en agroforesterie et en « sol vivant ». Avec du fumier par exemple. Mais aussi du broyat de déchets verts, car il y en beaucoup à revaloriser en contexte urbain, ça a du sens ». En effet, la fermeture des déchetteries lors du premier confinement avait révélé la pollution importante issue de l’incinération des végétaux.

« C’est une incroyable opportunité pour nous, se réjouit-il, car c’est très dur d’acquérir du foncier agricole quand on se lance ». Comme les autres lauréats, il jouira d’un bail de 9 ans à des prix « très intéressants » encadrés par la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer). Pour les aider à démarrer, « les loyers débuteront en 2022 », précise Christian Burle. « Et depuis le 1er janvier 2021, le tarif de l’eau pour les agriculteurs a été réduit de 80 % dans toute la métropole », ajoute Marie-France Barbier, directrice générale de la Société des Eaux de Marseille.

« C’est vraiment un coup de pouce important pour nous, insiste Rémy. J’espère que ça donnera envie à nos élus de sanctuariser plus de terres ici ».

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Objectif 60 hectares : l’agriculture met d’accord la Ville et la Métropole

« On va continuer, lui répond Christian Burle, promettant une nouvelle attribution de terres à des agriculteurs urbains, l’année prochaine ». Laure-Agnès Caradec, vice-présidente du Conseil de territoire Marseille Provence déléguée à l’urbanisme pense notamment « aux candidats qui n’ont pas pu être retenus cette année mais qui avaient de beaux projets. Comme des plantes médicinales, ou l’élevage de poules bio ».

« On gagne chaque année des zones agricoles à Marseille », précise-t-elle. Et le vice-président de la Métropole de reprendre : « La Cité de l’agriculture estime qu’il y a 60 à 100 hectares qu’on peut remettre en culture dans la ville ».

Pour l’adjointe municipale Aïcha Sif, « ça demande du temps. L’agriculture, c’est du long terme ». Toutefois, elle note que, contrairement à d’autres dossiers (les pistes cyclables, le boulevard Urbain Sud), la Ville et la Métropole semblent avancer dans le même sens. « Dès que j’ai pris mes fonctions en juillet, monsieur Burle m’a tout de suite bien intégrée à l’équipe sur la question de l’agriculture urbaine. Sur ce sujet, on travaille très bien avec toutes les collectivités. Dans ce contexte, Marseille peut vraiment devenir une ville agricole pilote ».

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