Depuis le début de la crise sanitaire, les réseaux sociaux sont devenus les principaux canaux d’information. Déclin de la presse papier, essor de la presse en ligne… La tendance des podcasts a, quant à elle, su tirer son épingle du jeu et séduit chaque jour de plus en plus de Provençaux.

Le podcast a le vent en poupe et sort petit à petit de sa niche confidentielle. Les audiences ne cessent d’augmenter en France et de plus en plus de médias traditionnels se lancent dans l’aventure. Les radios, bien sûr, qui proposent de réécouter leurs émissions, mais aussi des indépendants ou amateurs qui imaginent des formats originaux, des conversations au style informel et intimiste. Et plus récemment, la presse écrite, avec des journaux comme Le Monde ou Les Echos, entre autres.

Une ascension fulgurante dans les médias

Comment le podcast vit-il la crise ? A l’instar de toutes les branches de métiers, il semble que son activité pâtisse aussi de la situation sanitaire. Néanmoins, son évolution au cours des deux dernières années reste remarquable pour les professionnels de secteur, une tendance notamment intéressante en termes de communication pour les entreprises.

C’est ce que constate Antoine Laurent, en charge du développement du label Popkast, un dispositif marseillais d’aide à la production de podcasts. « Il y a deux ans, notre label avait une dynamique assez novatrice, nous étions des pionniers car il n’y avait pas beaucoup de podcasts au niveau local. Puis, les entreprises et les institutions ont trouvé un réel intérêt pour ce moyen de communication, même hors confinement, dévoile-t-il. Nous avons beaucoup plus de demandes et les projets sont nombreux à émerger pour répondre aux besoins de chacun. Il est évident que les communicants souhaitent créer une vraie relation avec les auditeurs, suivant la tendance ».

Caroline Bindel, journaliste marseillaise et créatrice du podcast Cité Radieuse, revenait avec nous sur la période de confinement, pendant laquelle elle a dû ralentir la fréquence de publication de ses pistes audio. Un temps permettant aussi de réinventer le podcast traditionnel et ses canaux de diffusion. « Il ne m’en restait qu’un, sur Ora Ito. Je ne souhaitais pas faire des interviews à distance pour parler de la façon dont les gens vivaient leur confinement. J’ai opté pour Instagram ; avec ce réseau social, j’ai pu contacter mes anciens invités à travers des vidéos postées en direct et prendre de leurs nouvelles depuis l’émission que l’on avait enregistrée ensemble ».

Se lancer dans le podcast

Et comme la chroniqueuse le dit, pour un média de niche, l’important est de savoir communiquer sur son produit. Si de nombreux hébergeurs et dispositifs d’aide à la création contribuent à accélérer cette tendance, créer une chaîne de podcasts demande du temps, de l’investissement et de la rigueur. Les institutions ou groupes privés s’intéressent en effet de plus en plus à ce média, comme le confiait Antoine, mais avant d’être démarché, l’important est de se faire connaître grâce à un contenu de qualité.

Caroline était l’une des pionnières dans ce domaine, ayant lancé sa chaîne en 2018. « A l’époque, j’écoutais déjà beaucoup de podcasts, mais tous ceux qui étaient mis en avant étaient parisiens, se souvient la chroniqueuse. Sur Marseille, il n’en existait qu’un, qui a d’ailleurs perduré sur l’OM. Je voulais parler de Marseille, de ses habitants, faire rayonner ma ville en donnant la parole à des personnes plus ou moins connues. J’en poste un tous les quinze jours en essayant de varier les profils. Et les auditeurs sont toujours au rendez-vous, j’ai souvent des messages d’expatriés qui me disent que leur ville leur manque et qui me remercient, c’est très gratifiant ».

, Le podcast, une tendance en plein essor dans la région, Made in Marseille
En interview avec Jean-Pierre Foucault © Caroline Bindel

Et elle nous a d’ailleurs livré quelques conseils : « Le podcasteur doit avant tout choisir un sujet qui sera en quelque sorte sa ligne éditoriale et sa signature. Il peut demander autour de lui si c’est intéressant, faire des sondages etc. Il est tout à fait possible de le faire seul, le matériel est peu onéreux et, au départ, un simple smartphone peut suffire. Si l’on veut davantage se développer, investir dans deux micros et un enregistreur se compte en quelques centaines d’euros. Ensuite, il faut savoir faire des montages audio, mais certains choisissent de garder la matière brute. C’est comme on le souhaite ».

Alors, prêt à vous lancer ? En attendant, nous vous proposons quelques inspirations locales.

Cité radieuse

Cité radieuse est un podcast présenté par Caroline Bindel. Cette Marseillaise ne s’attarde pourtant pas sur la bien célèbre maison du Fada que chacun connaît, mais part à la rencontre de personnes aux quatre coins de la ville dans le but de montrer tout son dynamisme et sa richesse. Chef cuisinier, philosophe, journalistes ou commerçants, tous les profils y sont à l’honneur. 42 épisodes sont déjà prêts sur cette plateforme.

Yesss le podcast

Confinement ou pas, les femmes sont confrontées à de nombreux obstacles tout au long de leur vie. Le podcast Yesss leur est dédié et met en lumière des témoignages de femmes qui luttent et trouvent des solutions contre le sexisme quotidien. Ça se passe par ici.

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Margaïd Quioc, Anaïs Bourdet et Elsa Miské, réalisatrices et animatrices du podcast Yesss

La Courte échelle

Dédié aux entrepreneurs, ce podcast co-produit par Aix-Marseille French Tech et Popkast dévoile toutes les semaines l’actualité entrepreneuriale de la région. Pendant le confinement, les auditeurs pourront notamment s’intéresser aux nouveaux systèmes de télétravail mis en place, aux start-ups locales et à l’évolution du phénomène post-confinement. Un projet qui vient de voir le jour et qui sera décliné sur le long-terme. Avis aux entreprises. 

Wild

« Un voyage audio pédagogique ». Voilà ce que promet le nouveau podcast Wild, produit pendant le confinement, dans lequel Ambre Gaudet et ses enfants découvrent un animal et son environnement naturel, afin d’éveiller les plus petits à la magie de la nature. Ce programme interactif encourage la réflexion, le jeu et l’apprentissage. Les activités proposées peuvent être faites avec ou sans les parents, il suffit pour cela d’être muni d’un cahier, d’un crayon, d’un dictionnaire et d’un planisphère !  Une balade bien à propos qui saura en ravir certains pendant le confinement… Et bien après !

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Programme B

Comment mieux comprendre le monde ? C’est un projet de taille que soumet le podcast Programme B à ses auditeurs. Qu’il soit question de l’isolement, de la nourriture, du cinéma, de la publicité… Les sujets sont variés, répondent et décryptent l’actualité. En ce moment, les internautes peuvent découvrir une série audio dédiée à la crise sanitaire. Un podcast de Binge Audio à écouter de toute urgence.

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Boxing is life

Proposé par Popkast, ce programme s’intéresse à la vie autour d’un ring de boxe. Pour se faire, des professionnels se joignent aux épisodes afin d’expliquer ce sport et faire part de leurs anecdotes et techniques. L’émission est d’ailleurs enregistrée dans la salle de boxe Marseille Boxing Club, histoire de se sentir immergé dans le feu de l’action. A découvrir par ici.

On a branché le micro

Bien que l’actualité hip hop marseillaise ait été un peu ralentie ces derniers temps, en terme de musique urbaine, les passionnés pourront se délecter des podcasts présentés par l’équipe de Double Neuf dans On a branché le micro. Artistes et activistes de la scène hip hop s’y rejoignent pour nous faire découvrir leur univers.

Par iStrada

Un curé calibré, un boucher économiste, un whisky nustrale, un inventeur d’extra-terrestres, un ex-FLNC façonneur de champions d’échecs, un éleveur de cochons philosophe… Par iStrada est un road trip audio en Corse pour redécouvrir les facettes méconnues de l’île de beauté et son identité si complexe. Un voyage étonnant mené par Philippe Pujol, le journaliste marseillais lauréat du prix Albert Londres et auteur de La Fabrique du monstre, et co-réalisé avec Anne-Sophie Lebon.

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