Le monde économique veut faire entendre sa voix et être force de propositions en vue de la prochaine échéance électorale. Convaincue que c’est par l’économie que se concrétisera durablement la mutation de ce territoire, la CCI Marseille Provence a lancé la démarche « Tous Acteurs Municipales 2020 ».

Ici, pas question de désigner une tête de liste, encore moins de parler de leadership ou d’alliances. Seul le projet est au centre de cette démarche lancée par la Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence (CCIMP), avec comme fil rouge : quel(s) territoire(s) pour 2050 ?

Les acteurs du monde économique et social, chefs d’entreprises et salariés d’aujourd’hui, patrons de demain, « citoyens de l’entreprise »… En bref, les 105 000 entreprises du territoire dans leur composante la plus large sont invitées à participer à cette action « Tous Acteurs Municipales 2020 ».

Une manière de (dé)montrer qu’ils peuvent peser dans le débat, « car on est à un tournant », assure Jean-Luc Chauvin, président de la CCIMP. « Notre territoire a franchi un grand pas mais reste dans une compétition permanente avec les autres grandes métropoles. Les prochaines échéances municipales ont une importance majeure, et toutes les communes sont concernées », dit-il, tout en tordant le cou à cette idée : « oui, l’économie est une compétence métropolitaine et régionale, mais les gens qui iront à la Métropole seront issus des élections municipales et tous les maires siégeront dans la composition de la Métropole. A ce titre, ils auront un rôle à jouer ».

En attendant, le monde économique entend bien jouer le sien, sans attendre, en « accélérant » même, pour gagner des places d’attractivité à l’échelle nationale et internationale.

Cinq thèmes prioritaires et une ambition : oser rêver grand

Avec l’ambition « d’oser rêver grand et pousser loin », 5 thèmes prioritaires ont été déterminés : « un territoire business et connecté » (le foncier, le logement, la mobilité, les nouveaux services, nouvelles façons de consommer…) ; « un territoire qui attire les talents et qui sait les garder » (formation, anticipation des métiers de demain, valeurs entrepreneuriales mais aussi du mieux-vivre ensemble) ; « un territoire ouvert au monde accueillant et conquérant » ; « un territoire innovant précurseur de la transition écologique » (économie verte, bleue, circulaire… ) et enfin « un territoire d’expérimentation » : « Mettons les entreprises au cœur de la gouvernance (nouveaux modes de partenariat, de financement, de mutualisation et de gestion des projets). Nous devons être un territoire d’expérimentations, on doit être à la pointe de l’innovation mondiale », poursuit Jean-Luc Chauvin.

« Les propositions vont au-delà d’un mandat électif de six ans »

Le point de départ de cette démarche, « totalement apolitique », insiste les participants, a été donné le 13 juillet, dans une tribune rédigée par les membres de la Chambre de commerce et d’industrie. Elle mettait déjà au cœur, la construction d’un « projet », au-delà des personnalités « candidates », avec la vocation de rassembler tou(tes) celles et ceux qui souhaitaient travailler dans ce mouvement collectif.

Aujourd’hui, c’est près d’une trentaine de structures qui sont rassemblées : fédérations professionnelles ou de commerçants, zones d’activités, associations d’utilisateurs, communautés d’entrepreneurs, réseaux de femmes cheffes d’entreprise, syndicats de salariés…

Quelle transition écologique pour le territoire ?

Justement, Alain Comba, de l’Union départementale Force ouvrière 13 s’est engagé dans cette démarche pour faire entendre la voix des salariés, « trop souvent oubliée », tout en précisant : « Nous ne sommes pas les supporters de tel ou tel candidat, nous gardons notre esprit critique et notre indépendance ».

Même discours pour Robert Abela, de l’association des commerçants de la zone de Plan-de-Campagne (7000 salariés). « Mieux vaut être acteur que spectateur », note-t-il, tout en mettant l’accent sur la problématique des transports. « Des emplois ne sont pas pourvus sur la zone, car il n’y a pas de transports ». Constat partagé par Richard Pagnon, président de la commission sociale de l’UIMM Alpes-Méditerranée.

, Les acteurs du monde économique veulent peser dans le débat des municipales 2020, Made in Marseille

Au-delà de cette thématique, lui insiste sur le fait que territoire reste aussi industriel, « c’est dans son histoire, c’est dans sa réalité. Ce n’est pas simple à gérer notamment avec les attentes environnementales légitimes, mais ça doit se gérer car un territoire sans industrie, on sait aussi à quoi ça ressemble… Les grands groupes ou les PME ont besoin du soutien des politiques. Et c’est intéressant de voir la position des élus sur ce sujet ». 

L’un des axes de travail repose d’ailleurs sur l’entreprise verte : « La préoccupation environnementale est une nouvelle manière de faire de l’économie », ajoute Jean-Luc Chauvin. Et pour dessiner ce monde de demain, à l’horizon 2050, la démarche englobe la jeunesse des quartiers sud jusqu’au nord.

Une évaluation annuelle de la politique des élus

A la tête d’une entreprise qui emploie 80% de femmes, Sylvie Plunian, vice-présidente du réseau Femmes chefs d’entreprises (FCE) et « engagées », précise-t-elle, avec le sourire, pointe du doigt la nécessité d’apporter « plus de sécurité », notamment dans les transports.

Les petites entreprises représentées par la CPME13 ont rejoint la démarche « avec joie », tout comme l’U2P. Pour André Bendano, « il est évident qu’on doit être là ! » Et d’annoncer : « Il est peut-être temps que dans ce pays, et ce n’est pas un gros mot, nos politiques soient évalués ». C’est une idée inscrite dans le projet. Plus de promesses en l’air pour gagner des voix. Les candidats et leurs élus seront évalués, annuellement, par un cabinet externe, sur la base des engagements qu’ils auront pris… notamment durant la campagne.

Une démarche collaborative ouverte à tous

Pour nourrir le débat et enrichir ses propositions, le monde économique auditionne depuis plusieurs semaines un vivier d’experts local, national et international à l’instar de professeurs au MIT, d’anciens conseillers ministériels, de spécialistes de la smart-city, d’architectes, et naturellement des chefs d’entreprise…  En plus de ce “pôle”, la démarche « Tous Acteurs Municipales 2020 » est ouverte et contributive. Une plateforme collaborative a été mise en place dans ce sens permettant à tous de faire des propositions ou réagir aux autres déjà enregistrées.

La synthèse des propositions est programmée pour la fin du mois de novembre avec une restitution des travaux à la mi-décembre, à la presse et… à l’ensemble des candidats. « Ceux qui voudront n’auront qu’à s’en emparer », conclut Jean-Luc Chauvin.

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