Les premiers réfugiés ukrainiens arrivent à Marseille, où des dispositifs d’accueil et d’hébergement sont mis en place. La solidarité s’organise et les collectes de dons se multiplient pour envoyer une aide humanitaire dans le pays frappé par la guerre.

Plus d’un million d’Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début de l’invasion militaire russe la semaine dernière. Les experts prévoient que ce chiffre atteigne 4 millions dans les prochaines semaines. Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce jeudi 3 mars que déjà « 800 Ukrainiens sont arrivés sur le sol français » pour y trouver refuge ou « transiter vers l’Angleterre ou l’Espagne ».

À Marseille, les premières familles sont arrivées dès le début de semaine. La plupart venues par leurs propres moyens. Jeudi, un premier bus était attendu à la gare routière de Saint-Charles, en provenance de la ville polonaise Przemyśl, frontalière de l’Ukraine.

Les services de l’État, de la Ville, des associations et des citoyens avaient prévus un comité d’accueil, alors que des informations éparses laissaient entendre l’arrivée de plus d’une centaine de réfugiés. La mairie avait anticipé en préparant le gymnase de Ruffi (13003) pour ceux qui n’auraient pas de proches pour les héberger sur le territoire.

Le premier bus de réfugiés ukrainien accueilli à Marseille

« Elle vient ici mais son cœur reste là-bas »

Au final, ce sont « neuf personnes ukrainiennes » qui sont descendues aux alentours de 16h30 selon Anne Laybourne, secrétaire générale adjointe de la Préfecture des Bouches-du-Rhône. Parmi elles, Yulia, 28 ans, et son fils de 18 mois. Sa cousine Anna, expatriée depuis plus de deux ans à Marseille, était là pour l’accueillir avec des membres de la communauté Emmaüs de Marseille, dont elle fait partie, et qui la recevront avec son enfant.

Elle traduit, en pleurs, les propos de l’arrivante devant les caméras. « Elle vient ici mais son cœur reste là-bas, parce que toute sa famille est là-bas. Elle pense que la guerre sera bientôt finie et qu’après on va retourner là-bas et rester ensemble avec toute la famille ». Une note d’espoir qu’un sanglot tempère.

Je sais les mots qu’on a besoin d’entendre dans ces momentsHamid, réfugié afghan

Hamid, jeune réfugié afghan ayant lui-même fui la guerre et les bombardements, lui offre un bouquet de roses jaunes agrémenté de feuilles bleues. « Les couleurs de l’Ukraine. Je sais ce qu’elle vit, et je suis là pour ça. Je pense connaître les mots qu’on a besoin d’entendre dans ces moments », lance celui qui est également un membre de la communauté Emmaüs. Il n’a toutefois pu contenir quelques larmes en recevant la jeune femme.

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Hamid et son bouquet aux couleurs de l’Ukraine

Face à la vague incertaine de réfugiés, « le dispositif d’accueil est prêt »

Le Département des Bouches-du-Rhône prévoyait d’accueillir des dizaines de ressortissants ukrainiens ce vendredi 4 mars et de les héberger dans deux bâtiments d’un ancien institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP). Cette arrivée n’est plus d’actualité pour l’instant.

D’autres ressortissants ukrainiens sont attendus dans les prochains jours. Mais les informations arrivent au compte goutte, souvent de proches ou d’associations, et sont difficiles à recouper pour les pouvoirs publics ayant préparé les dispositifs d’accueil. « Ce sont souvent des départs spontanés non encadrés, il est difficile de suivre cela précisément », constate la secrétaire générale adjointe de la Préfecture.

Quant au nombre de réfugiés arrivés sur le territoire, « nous n’avons pas encore de chiffres certains. Plusieurs dizaines de personnes, plusieurs familles », indique seulement Anne Laybourne qui travaille avec les services préfectoraux pour tenter de les recenser. « Mais tout le dispositif d’accueil est prêt », assure-t-elle.

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Environ un millier de personnes étaient présentes pour le rassemblement pour la paix en Ukraine jeudi soir

Citoyens et collectivités mobilisés pour envoyer de l’aide en Ukraine

Face à cette crise humanitaire d’ampleur et fulgurante provoquée par la guerre menée par la Russie en Ukraine, les territoires d’Europe se mobilisent. Marseille et sa région ne font pas exception. Dès lundi 28 février, la mairie lançait une grande collecte de dons à l’Hôtel de Ville, devant lequel un grand rassemblement pour la paix s’est tenu ce jeudi 3 mars à à 18h30.

Pratiquement toutes les mairies de secteur emboitent le pas et reçoivent les produits de première nécessité et médicaux. Des associations locales, dont certaines de la diaspora ukrainienne, se mobilisent également. Ou encore des groupes de solidarité spontanés de citoyens qui prennent de l’ampleur, comme Solidarité Ukraine, Marseille, France. En ligne, la plateforme WeUkraine liste les initiatives citoyennes et humanitaires existantes pour aider les Ukrainiens.

Dans le même temps, le Département des Bouches-du-Rhône a débloqué 100 000 euros pour la Croix-Rouge, destinés à son action humanitaire en soutien aux Ukrainiens réfugiés comme ceux restés sur place.

Alors que le Sommet européen des Régions et des Villes se tient à Marseille, les 242 régions d’Europe lancent « l’Appel du Sud pour l’Ukraine », pour l’engagement de toutes les collectivités du continent. Il vise à récolter plus de 20 millions d’euros pour 3 projets essentiels portés par l’ONG ACTED : un « hub humanitaire à Varsovie », couvrant la zone frontalière entre Ukraine et Pologne et pour lequel la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur débloque 250 000 euros. Mais aussi des actions humanitaires aux frontières moldaves et roumaines, et un programme d’aide sur le terrain à Kyiv (Kiev).

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