Manu, l’homme qui nageait pour sauver la Méditerranée des déchets, se raconte…

Manu du Grand Saphir © Neal Badache

Il y a quelques jours, « Manu » un jeune dijonnais, est revenu d’un périple écolo à la nage entre Marseille et Toulon. Pendant 15 jours et 120 km, il s’était donné l’objectif de nettoyer les fonds marins en ramassant tous les déchets qu’il trouverait sur son passage. Il revient dans une tribune libre sur Made in Marseille pour raconter son expérience. 

Retrouvez sa première interview sur Made in Marseille, plusieurs mois avant son départ ici

Manu entouré de Neal Badache (photoreporter) et Edmund Platt (fondateur d’1 déchet par jour)

Il y a un peu plus de deux semaines, le 8 juin dernier, nous fêtions la journée mondiale des océans. Je profitais de ce jour particulier pour clôturer un périple de 15 jours en mer nommé Le Grand Saphir.

Le concept ? Parcourir les 120 km de côtes entre Marseille et Toulon à la nage en ramassant les macro déchets (c’est-à-dire les déchets visibles à l’œil nu) que je trouvais sur mon passage. En tant que nageur amateur en eau libre, je connais bien la problématique de la pollution marine en Méditerranée. Je la constate lors de chacune de mes sorties en mer.

Alors il y a deux ans, à l’aube de mes 30 ans, je me suis demandé comment montrer au grand public ce qui se cachait véritablement au fond de l’eau. Ces deux années de préparation m’ont permis de m’entrainer, de m’entourer et de me renseigner sur ce fléau. C’est ainsi que j’ai découvert qu’une multitude d’acteurs travaillait déjà sur cette problématique, notamment en région PACA.

Une des raisons expliquant cette prise de conscience ? La Méditerranée serait à ce jour la mer la plus polluée au monde. Le plastique, fléau du 21e siècle. Lors de mon périple, j’ai ramassé, avec l’aide de mes kayakistes, environ 100 kg de déchets dont 90% étaient composés de plastique. J’ai noté que les déchets encore complets (bouteilles, emballages) étaient très présents aux abords des grandes villes. De plus, un mystérieux « tri naturel » regroupait ces déchets entre eux et c’est ainsi que nous pouvions tomber sur des « cimetières » de bouteilles, de pneus ou encore de polystyrène à certains endroits.

Dans les zones plus sauvages telles que les calanques ou certaines criques, ce sont des petits déchets flottants usés et déchiquetés que nous pouvions croiser sur notre chemin. Telles des marées « noires », nous avons pris l’habitude de les nommer « les zones à déchets flottants ». Cette abondance de plastique n’est pas une surprise. Nous nous attendions à en trouver énormément, mais pas dans des proportions aussi élevées.

Les raisons sont simples et liées à notre consommation. Le plastique est partout autour de nous. Peu couteux et pratique, son utilisation est très souvent à usage unique. Malheureusement et contrairement à ce que l’on pense, il ne se dégrade jamais vraiment dans la nature. On en retrouve d’ailleurs jusqu’à 4500 m de profondeur ainsi que dans la banquise arctique… Les fautifs ne sont pas toujours ceux que l’on imagine. Pécheurs ? Touristes ? Habitants des villes côtières ? Certes, il existe une partie de la population qui jette ses déchets en dehors des poubelles consciemment. Mais sachez surtout que 80% des déchets que l’on retrouve en mer viennent de la terre. En d’autres termes, 4 déchets sur 5 que nous avons ramassé durant Le Grand Saphir pourraient venir de Marseille, Montpellier, Nice mais aussi de Paris, Lyon ou encore Dijon d’où je suis originaire.

Ces déchets sont véhiculés en grande partie via les fleuves et cours d’eau et finissent naturellement en mer. Inutile donc de perdre son temps à chercher un responsable, nous sommes TOUS responsables de l’état dans lequel se trouve la méditerranée (et son eco-système) aujourd’hui.

Mais vous savez quoi ? Bonne nouvelle, il n’est pas trop tard pour inverser la tendance. Et voici quelques astuces parmi tant d’autres pour vous permettre d’agir au quotidien : n’utilisez plus de gants en plastique dans les stations essence, privilégiez les sacs en papier ou réutilisables lors de vos courses, évitez la vaisselle plastique (gobelets et paille inclus !) au maximum et enfin petit bonus de la part d’un ancien fumeur : ne jetez plus vos mégots par terre ou dans les bouches d’égouts (un seul d’entre eux peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau).

Nous pouvons chacun à notre échelle préserver ce bijou qu’est la Méditerranée pour nous-mêmes et les générations suivantes. Alors ? Prêts à faire votre part du colibri pour notre Grand Saphir ?

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