L’Hôpital Privé de Provence d’Aix-en-Provence renforce sa prise en charge de l’endométriose complexe grâce aux robots chirurgicaux. Une pathologie qui touche près d’une femme sur dix en France.

Depuis quinze ans, l’Hôpital Privé de Provence (HPP) pratique la chirurgie robot-assistée. D’abord utilisée pour le traitement du cancer de la prostate, cette technologie s’est développée dans d’autres spécialités, notamment en gynécologie.

Depuis l’acquisition du premier robot, plus de 4 000 interventions ont été réalisées au sein de l’établissement. L’arrivée d’un deuxième robot da Vinci, le 2 juin dernier, doit permettre d’augmenter les capacités opératoires. Mais aussi de faciliter l’organisation d’interventions mobilisant plusieurs spécialités chirurgicales.

La robotisation au service de l’endométriose complexe

En France, l’endométriose touche environ une femme sur 10, soit entre 1,5 et 2,5 millions selon les autorités sanitaires. Les conséquences sont nombreuses pour cette affection du tissu de l’utérus : douleurs immenses, fatigue, difficultés dans la vie intime… Mais aussi l’infertilité, qui concerne 30 à 40 % des femmes atteintes d’après l’Assurance maladie.

« En gynécologie, l’endométriose a longtemps était identifiée comme la pathologie difficilement opérable, car elle peut atteindre d’autres organes », souligne le docteur Jean-Philippe Estrade, chirurgien gynécologue. La robotisation change ainsi la donne. En 2025, 520 interventions ont été assistées par robot. « 15% pour de la chirurgie gynécologique », précise Sophie Laussel, directrice générale de l’HPP.

Une partie de ces opérations concernait des cas complexes d’endométriose. Pour ces patientes, la chirurgie robot-assistée offre un intérêt particulier. En effet, l’établissement programme chaque année plusieurs interventions dites « à six mains », réunissant jusqu’à trois chirurgiens de spécialités différentes autour d’une même opération. Une nécessité lorsque l’endométriose touche simultanément plusieurs organes.

Le temps d’opération divisé par deux

Le robot divise la durée de ce type d’opération par deux. Une fois la cœlioscopie installée pour accéder à l’intérieur de l’abdomen, trois minutes sont requises pour installer le robot. Mais l’outil n’opère pas seul. Da Vinci reproduit en temps réel les mouvements du chirurgien pilotés à distance depuis une console.

Ses quatre bras robotiques équipés d’instruments miniatures viennent remplacer les instruments classiques d’une table d’opération. Ils permettent d’accéder à des zones difficiles d’accès manuellement. « Le robot associe des systèmes de visualisation en 2D et en 3D, ce qui me permet d’avoir une vue plus agrandie de la zone opérée », précise le docteur Jean-Philippe Estrade.

Former davantage de chirurgiens à la robotique

Aujourd’hui, vingt chirurgiens de l’Hôpital Privé de Provence, toutes spécialités confondues, sont en mesure de pratiquer la chirurgie robot-assistée. Lorsque l’endométriose est limitée aux organes gynécologiques, le gynécologue peut intervenir seul. En revanche, si la maladie touche simultanément plusieurs organes, l’intervention nécessite souvent la participation de plusieurs spécialistes.

Endométriose, Les robots chirurgicaux, alliés contre l’endométriose à l’Hôpital Privé de Provence d’Aix, Made in Marseille
Le 4 juin, quatre chirurgiens de l’Hôpital Privé de Provence (HPP) d’Aix-en-Provence, ont réalisé une opération de l’endométriose complexe. © La rédaction

Pour les équipes médicales, le robot reste avant tout un outil d’assistance. Au-delà de l’acte opératoire, l’HPP affirme avoir renforcé sa prise en charge globale de l’endométriose, du diagnostic jusqu’au suivi des patientes. « Le délai moyen de diagnostic est entre 6 et 7 ans en France, car les symptômes de règles sont encore très banalisés par le corps médical », rappelle le Dr Jean-Philippe Estrade. Au sein de l’HPP, 60% des patientes opérées sont originaires du département.

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