Une nouvelle épicerie sociale vient d’ouvrir sur le campus Schuman d’Aix-en-Provence. Ici, les étudiants peuvent s’acheter des produits alimentaires et d’hygiène en moyenne 80% moins chers que dans les magasins traditionnels.
Selon une étude menée par Aix Marseille Université (amU), en 2023, sur 12 000 étudiants, 32% se déclaraient en situation de précarité. Pour Nicolas Mascret, vice-président de la vie étudiante d’amU, « ce chiffre ne cesse d’augmenter avec la dégradation de la situation économique ».
Certaines associations locales, comme ici Solid’AM, tentent de pallier ce problème directement au sein des établissements. L’association propose désormais pour la première fois aux étudiants aixois de faire leurs courses de première nécessité à prix réduit au sein d’une épicerie solidaire.
Inaugurée ce mercredi 28 janvier 2026 sur le campus Schuman d’Aix Marseille Université, l’épicerie accueille tous les étudiants. Ceux extérieurs à amU sont également les bienvenus, il leur suffit simplement de présenter leur carte étudiante.
Une première pour les étudiants d’Aix
Il s’agit de la cinquième épicerie solidaire d’amU, et la première sur son site d’Aix-en-Provence. Elle propose des denrées alimentaires, des produits d’hygiène et quelques fournitures scolaires. Les prix affichent une réduction de 80% par rapport au marché. Par exemple, des packs de protections périodiques se vendent 50 centimes.
L’épicerie propose aussi la formule suivante : 10 produits pour 2 euros. Les étudiants choisissent parmi une sélection nommée « produit FSE » (boîtes de thon, semoule, confiture…) et ne règlent que 2 euros à la caisse.
Jules, étudiant en éco-gestion, fait la queue pour découvrir cette nouveauté. « Aix manque d’enseignes discount pour faire ses courses », l’ouverture de l’épicerie est pour lui « la seule opportunité pour faire des courses vraiment à bas prix ».
Un fonctionnement hybride, entre l’université et l’association
L’université et l’association Solid’AM gèrent l’épicerie conjointement. amU fournit les locaux, le mobilier et un soutien logistique, tandis que Solid’AM apporte les denrées et mobilise les bénévoles. Une quarantaine de volontaires y participent, avec un système de rotation pour assurer les permanences. L’association s’approvisionne notamment auprès de la Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône.
Cependant, les stocks se révèlent déjà insuffisants face à l’affluence d’étudiants dès le premier jour. Solid’AM recherche activement mécénats et subventions pour pérenniser les achats et le fonctionnement de l’épicerie. Les capacités de stockage, limitées, compliquent aussi la gestion.
« Un étudiant qui ne mange pas réussira moins »
Si pour Nicolas Mascret, lutter contre la précarité étudiante ne relève pas directement de la mission de l’université, elle y intègre néanmoins sa politique. Il souligne : « Il est important que ce soient des associations étudiantes qui se chargent de cette mission, pour nourrir un lien de proximité ».
L’enjeu dépasse l’assistance alimentaire, il touche à la réussite académique et au lien social sur le campus.