C’est une première en France. L’hôpital Saint-Joseph à Marseille a mis en place une technique innovante qui permet d’éviter l’hyper stimulation hormonale dans le cadre d’un processus de PMA.

À l’hôpital Saint‑Joseph, une avancée médicale majeure vient d’être franchie dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA). Les équipes du centre Sainte-Colette ont réalisé pour la première fois en France une technique innovante destinée aux patientes souffrant du Syndrome des ovaires polykystiques, plus connu sous le nom de SOPK. Une innovation qui pourrait transformer la prise en charge de nombreuses femmes confrontées à l’infertilité.

Une alternative à la stimulation hormonale classique

Dans les parcours traditionnels de PMA, les patientes doivent généralement suivre une stimulation ovarienne intensive. Pendant une dizaine de jours, des injections hormonales quotidiennes sont administrées afin de provoquer la maturation des ovocytes avant leur prélèvement.

Cette étape est souvent lourde physiquement et psychologiquement, en particulier pour les femmes atteintes du SOPK. Cette pathologie hormonale fréquente entraîne une production excessive de follicules immatures et augmente le risque d’hyperstimulation ovarienne, une complication parfois grave des traitements de fertilité.

Avec cette nouvelle technique développée à Marseille, les médecins prélèvent directement des ovocytes immatures dans les ovaires des patientes, sans stimulation hormonale importante préalable. Ces gamètes sont ensuite placés en culture au laboratoire afin d’y poursuivre leur maturation.

Au centre Sainte-Colette, les prélèvements arrivent depuis le bloc opératoire dans des mallettes thermostatées. Les biologistes de la reproduction, dont la docteure Cendrine Siraudin, isolent les ovocytes contenus dans le liquide folliculaire avant de lancer leur maturation en laboratoire.

La vitrification, une congélation ultra-rapide

Une fois arrivés à maturité, les ovocytes sont congelés grâce à une technique appelée vitrification ovocytaire. Cette méthode de congélation ultra-rapide évite la formation de cristaux de glace susceptibles d’endommager les cellules. Les ovules peuvent ainsi être conservés dans des conditions optimales avant une utilisation ultérieure dans le cadre d’une fécondation in vitro.

L’association de la maturation in vitro biphasique et de la vitrification constitue une première nationale et représente un changement important dans la stratégie de prise en charge des patientes atteintes du SOPK.

Cette avancée s’inscrit dans le cadre du programme de recherche “OPKAPAMIV”, mené pendant trois ans auprès de 30 patientes atteintes du SOPK et en échec de PMA classique. L’objectif des chercheurs est d’évaluer l’efficacité de cette approche moins invasive, tout en réduisant les risques médicaux associés aux traitements hormonaux intensifs. Selon les équipes médicales, les premiers résultats sont encourageants et comparables à ceux obtenus avec les protocoles conventionnels de PMA.

Les spécialistes envisagent déjà d’étendre l’utilisation de cette technique à d’autres situations médicales, notamment pour préserver la fertilité de patientes atteintes d’un cancer. Avant certains traitements comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, il est parfois nécessaire d’agir rapidement pour sauvegarder les chances de grossesse futures. Une méthode permettant de prélever et conserver des ovocytes sans stimulation hormonale lourde pourrait alors représenter une solution précieuse.

Bouton retour en haut de la page