Lors de ses vœux pour 2026, le président d’Aix Marseille Université, Éric Berton, a livré un discours engagé pour réaffirmer les valeurs sociales de son institution. Il souhaite améliorer la vie étudiante dans le sillage des élections municipales.

Le président d’Aix Marseille Université (amU), Éric Berton, est le premier à ouvrir le bal des vœux annuels devant un parterre d’élus et de collègues au Pharo. Mais 2026 a une saveur toute particulière pour l’universitaire : celle des élections municipales.

Ce dernier souhaite profiter de cette échéance pour faire bouger les lignes. L’université va en effet dévoiler, un mois avant les élections de mars prochain, une étude menée par l’IFOP et l’Institut Jean Jaurès afin de montrer « comment les jeunes vivent dans leur ville ». À savoir comment ils se déplacent, se logent, mangent ou se cultivent.

À travers cette enquête, l’université souhaite ainsi accélérer la lutte contre « l’état catastrophique de la jeunesse », martèle Éric Berton. Les résultats seront ainsi placardés dans tous les campus de l’université avec un QR code pour informer les candidats à la mairie d’Aix et Marseille qui seront ensuite invités à débattre. « Je leur demanderai de s’engager sur trois chantiers concrets devant notre jeunesse », affirme le président.

Un jeune sur trois n’a que 50 euros pour vivre

Un chiffre de l’Union étudiante, publié ce 6 janvier, corrobore cette détresse étudiante évoquée. Un jeune sur trois en France n’a que 50 euros par mois pour vivre après avoir payé ses factures, ses courses et son loyer. Ce constat est similaire au niveau sanitaire : « Un jeune sur deux ne se soigne pas », rappelle Éric Berton.

C’est pourquoi, la direction a choisi, depuis 2020, « d’aller au-delà de sa mission principale d’enseignement » en développant l’aspect social de l’institution de 82 000 étudiants.

Chaque campus compte désormais une épicerie solidaire, dont la dernière en date a été financée avec la fondation CMA CGM sur le campus de Saint-Charles, où les étudiants bénéficient de denrées alimentaires 90% moins chères que dans les commerces.

L’université a également ouvert plusieurs maisons de santé, en recrutant des médecins, afin de soigner gratuitement ses étudiants. Depuis deux ans, des protections hygiéniques y sont accessibles afin de résorber la précarité menstruelle.

Éric Berton, Pour 2026, Éric Berton réaffirme l’engagement social d’Aix Marseille Université, Made in Marseille
La cérémonie des vœux de AMU © Elea Ropiot

L’université entame un projet foncier

Éric Berton rappelle également la difficulté des étudiants et des personnels pour se loger dans une région où le logement locatif est sous tension. Il annonce donc mener un projet « qui ne s’est jamais fait » en valorisant « une partie des terrains pour faire des logements ».

En effet, avec ses 850 000 m2 de foncier dans 10 villes, amU dispose d’un terrain de jeu disponible important. Le projet serait de nouer un contrat avec un promoteur afin de construire des programmes immobiliers sur les parcelles d’amU, dont une partie des logements serait réservée aux étudiants et personnels de l’université.

La priorité serait de commencer par Marseille, notamment sur le campus de Saint-Jérôme (13e). Des logements pourraient aussi être réservés aux personnels femmes victimes de violences ou en situation de monoparentalité.

Un discours engagé au-delà des frontières

Le président de l’université déroule aussi un discours engagé au-delà des frontières. Il rappelle le dispositif Safe place for Science pour accueillir 31 chercheurs américains après les prises de positions de Donald Trump contre la science.

Malgré ces engagements, Éric Berton dessine une nouvelle « année de tremblement » en ciblant la baisse des crédits versés aux universités par l’État dans le budget de 2026. Et ce, alors que le point d’indice a augmenté (rémunération des fonctionnaires) comme le coût de l’énergie.

« Mais je maintiendrai les primes », affirme le président devant ses personnels, évoquant notamment les avantages de fin d’année. Pour celui dont le mandat court jusqu’en 2028, la priorité restera qu’amU reste « un sanctuaire » loin du racisme et des « extrêmes » où l’on « forme des esprits sains, curieux et rigoureux ».

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