Marseille Events fait le bilan de sa première année de gestion du parc Chanot et annonce les projets structurants à venir en 2026. Entretien avec Pierre Arvis, son directeur général.
Le géant de l’événementiel lyonnais, GL Events, a remporté la gestion du parc Chanot en janvier dernier en délégation de service public (DSP) de la Ville de Marseille après 40 ans d’exploitation par la Safim.
Pour gérer ce site de 17 hectares, le groupe a créé Marseille Events, une société commune entre GL Events (75%) et la Chambre de commerce et d’industrie d’Aix-Marseille-Provence (25%). Pierre Arvis, cadre depuis 18 ans du groupe, a été nommé directeur général de cette entité marseillaise en janvier 2025.
Ce dernier nous consacre un entretien pour faire le bilan du rendez-vous majeur des 100 ans de la Foire de Marseille. Il annonce aussi les temps forts qui rythmeront le premier semestre de 2026 avec la première édition du Sirha Méditerranée et dévoile les aménagements en cours pour « ouvrir » le parc aux habitants.
Made in Marseille : Quel bilan tirez-vous de la 100e édition de la Foire de Marseille que vous avez organisée pour la première fois ?
Pierre Arvis : Il est plutôt très positif, puisque dans un contexte très difficile pour le modèle foire, il faut le dire, sur l’ensemble de la France, nous avons augmenté la fréquentation de 15 % pour atteindre 260 000 visiteurs. Ce qui est assez considérable.
Comment expliquez-vous cet engouement ?
P.A : Alors là-dedans, il y a plusieurs effets : la communication qu’on a faite en amont, notre programme, les 100 ans… et je pense que les Marseillais ont senti aussi un renouveau dans la foire qu’on a proposée. Et c’est à nous de prolonger ce modèle. On avait aussi très fortement axé l’édition sur la fierté d’être Marseillais. C’était notre slogan, avec un beau visuel, je crois, « Marseillais, le jour de foire est arrivé ».
La Ville, qui est d’ailleurs propriétaire de la Foire, s’y est associée avec son pavillon « Fabriqué à Marseille » que nous avions mis à l’entrée et qui a rencontré un grand succès. Nous avons aussi lancé un concours de start-up Innova Marseille pour faire participer les visiteurs. Donc, je pense que tout ça, a fourni l’impact que l’on espérait.
Vous avez repris des événements qui marchaient comme le salon des vins et de la gastronomie, le SAVIM…
P.A : Oui, ce sont des événements que l’on appelle « accueillis », puisque la foire, on en est l’organisateur. La plupart du temps, dans beaucoup d’événements, on est accueillant. On essaie d’accueillir au mieux possible et de faciliter, évidemment, le succès des salons que l’on accueille. Donc le SAVIM a eu encore un très beau succès. Le HeroFestival, qui s’est tenu en novembre dernier, a eu un très gros succès également. Alors évidemment, on profite de la situation du parc en centre-ville, avec l’accès au transport en commun, idéal pour ce type de salon.
Vous gérez habituellement des parcs plutôt installés en périphérie urbaine. Quels sont les avantages de l’emplacement du parc Chanot ?
P.A : Les avantages sont les transports en commun et l’accessibilité. On va aussi avoir le tramway qui arrive en janvier et qui va permettre de diversifier l’accès. Parce qu’aujourd’hui, l’accès transport en commun se fait principalement par la porte A (côté rond-point du Prado, Ndlr). Demain, ça permettra aussi un flux un peu plus important par la porte C.
L’un des grands autres atouts de notre parc, c’est le Palais des Congrès. On a à la fois un Parc-Expo et un Palais des Congrès sur un même site. Si je compare par rapport à Lyon et à d’autres grandes villes, il n’y a pas toujours cette unicité.

Lors de votre prise de fonction, vous souhaitiez développer le tourisme d’affaires. Avez-vous travaillé la question ?
P.A : Nous avons commencé à travailler. Mais cela ne va pas vraiment se traduire la première année, parce que les congrès se prévoient deux, trois, quelquefois quatre ans à l’avance. On a quelques pistes mais je peux vous annoncer que le congrès du syndicat de la CFTC aura lieu chez nous en 2027. On aura aussi un congrès des directeurs informatiques et des collectivités locales. Mais surtout, on intègre le réseau international de G11 qui permet d’aller chasser les congrès internationaux.
Quels seront les projets phares de 2026 ?
P.A : Nous allons accueillir le Sirha Méditerranée pour la première édition. C’est une déclinaison du salon leader mondial dans la restauration et l’hôtellerie que nous possédons et que nous organisons à Lyon tous les deux ans. Et donc en alternance, on aura le Sirha Méditerranée du 15 au 17 mars.
Ce qui est exceptionnel, c’est que nous accueillerons pour la première fois en France la compétition du Bocuse d’or Europe. Donc 20 équipes des meilleurs chefs européens s’affronteront le 16 mars à Chanot pour une compétition dans le hall 8. Ce sera spectaculaire ! La tête de pont dans le jury sera Gérald Passedat. Le Bocuse d’or Monde aura lieu en janvier de l’année d’après à Lyon.
Nous aurons aussi bien entendu en février, comme tous les ans, notre salon Piscine et Jardin et on lance un nouveau salon 10 au 12 avril, que l’on décline déjà ailleurs en France, qui s’appelle VIVING. Le VIVING Marseille s’articulera autour du thème de l’immobilier et de l’habitat pour les particuliers. Et bien sûr la Foire !
En termes d’aménagement, vous aviez promis que Chanot deviendrait un « lieu de vie »
P.A : On commence déjà à avoir de plus en plus de monde. On va s’approprier un peu les aménagements qui sont en cours, dont certains ont été finalisés : la piste cyclable traversante entre le rond-point du Prado d’un côté et la rue Teisseire de l’autre. Mais la grosse partie arrivera au premier semestre 2026 avec l’Esplanade 3, juste derrière le Palais des événements, donc juste derrière le hall 1, avec des équipements sportifs comme du basket 3-3.
Ensuite, l’Esplanade 4 sera réaménagée après la foire. Là aussi, elle sera désimperméabilisée avec un nouveau revêtement. On va aussi végétaliser, à l’image de ce qu’on a fait d’ores et déjà devant le Palais des arts, le Jardin des arts, et devant nos bureaux. On a enlevé le béton et on a planté. Il nous reste maintenant à accueillir le mobilier au cours du premier trimestre. On va l’aménager avec une partie food truck et des toilettes, notamment des toilettes handicapées.
Le potentiel changement de municipalité en mars 2026 peut-il impacter votre activité ?
P.A : Écoutez, nous on part du principe qu’on est là pour faire notre travail. Ce qui nous est demandé, c’est d’accroître l’attractivité de Marseille, de faire venir un maximum de monde pour développer l’économie locale.
À partir de ce moment-là, on ne fait vraiment pas de politique. La future municipalité, on l’espère, reconnaîtra notre professionnalisme. De toute façon, on remettra en jeu la DSP. On y répondra avec notre bilan et nos propositions futures.

