Corsica linea inaugure son second navire neuf propulsé en partie au gaz naturel liquéfié. L’entreprise corse poursuit sa stratégie de transition environnementale dans un contexte règlementaire plus strict.

C’est un beau cadeau que la compagnie maritime Corsica Linea s’offre pour célébrer ses dix ans d’existence. Trois ans après le A Galeotta, c’est au tour du Capu Rossu de rejoindre la flotte de l’armateur corse. Second navire construit par l’entreprise, il s’agit du neuvième de la compagnie.

Mais cette fois-ci, ce n’est pas du chantier italien de Visentini que sort le navire mais de ceux de Weihai en Chine. Lieu choisi « autant pour la qualité du travail que la rapidité d’exécution », justifie le directeur général de la Corsica linea Pierre-Antoine Villanova. En effet, ce bateau à 150 millions d’euros a été construit en 27 mois. Une performance selon le dirigeant pour qui le bateau devait être opérationnel pour la saison 2026.

Pari réussi donc pour le navire qui effectuera sa première traversée commerciale ce lundi 15 juin et desservira les ports de Bastia et d’Ajaccio. Il pourra accueillir 1 000 passagers ainsi que du fret, conformément à la délégation de service public obtenue par la société en 2022, avec une capacité d’accueil de 135 remorques.

GNL, Corsica Linea inaugure un second navire au gaz naturel entre Marseille et la Corse, Made in Marseille
Ana Maria Mei, marraine du Capu Rossu, Lionel Penna, commandant du Capu Rossu et Pierre-Antoine Villanova, directeur général de Corsica linea 

Une transition énergétique amorcée

Comme son aîné, le Capu Rossu est doté d’un moteur dual-fuel. Soit un moteur qui fonctionne en partie au gaz naturel liquéfié (GNL) et au diesel, nécessaire notamment à l’allumage du gaz. Particulièrement utilisé dans le transport maritime, ce carburant permet de réduire significativement les émissions de soufre, d’oxyde d’azote et de CO2 rejeté par le bateau, grâce au processus de liquéfaction du gaz.

Premier pas vers des traversées moins polluantes pour l’atmosphère, « le GNL est un carburant de transition pour la Corsica linea » précise Pierre-Antoine Villanova. Le souhait de la compagnie est en effet d’utiliser à terme du GNL bio certifié (produit à partir de biomasse) et du e-GNL (produit à partir d’électricité renouvelable et de CO₂ capturé).

L’objectif fixé par l’armateur est d’ailleurs de « réduire de 40% ses émissions de CO2 à horizon 2030 par rapport à 2022 ». En ce sens, Pierre-Antoine Villanova annonce que cet été, pour la première fois, « 100% des traversées du A Galeotta seront réalisées avec du GNL certifié bio. Ce qui permettra d’atteindre un niveau de décarbonation autour de 90% sur la route Marseille-Bastia ».

GNL, Corsica Linea inaugure un second navire au gaz naturel entre Marseille et la Corse, Made in Marseille
La passerelle du Capu Rossu et un officier

Une adaptation aux nouvelles normes internationales

Au-delà de l’enjeu environnemental, cet usage du GNL fossile répond également à une contrainte règlementaire pour l’armateur. Depuis 2025, la Méditerranée est devenue une zone SECA (zone de contrôle des émissions d’oxydes de soufre et de particules), comme la mer Baltique ou la mer du Nord avant elle.

Cette nouvelle norme oblige les navires naviguant dans ses eaux à utiliser des carburants contenant moins de 0,1% de soufre, contre 0,5% ailleurs. Une règle visant à améliorer la qualité de l’air des abords méditerranéens, qui pourrait un jour évoluer en zone ECA (zone de contrôle d’émission) qui limiterait également l’émission d’oxydes d’azote en mer Méditerranée.

Qu’importe la motivation derrière cette transition, la Corsica linea, qui ambitionne de devenir la compagnie « la plus moderne de la Méditerranée en 2030 », enclenche son rêve de création d’un « corridor vert ». Elle espère emporter avec elle l’ensemble des parties prenantes : ports, fournisseurs d’énergie et armateurs, pour construire une route maritime Corse-continent à faible émission.

Bouton retour en haut de la page